Crassatella Emiliæ (1) nov. sp. PL I, fig
Test très épais. Taille grande, forme transverse, subquadrangulaire, équivalve, inéquilatérale, close; côté antérieur bien arrondi, beaucoup plus court que le côté postérieur qui est fortement anguleux et obliquement tronqué; bord cardinal curviligne en avant où il se raccorde insensiblement avec le bord buccal, presque rectiligne en arrière où il se raccorde avec la troncature anale par un angle arrondi; bord supérieur fortement déclive des deux côtés du crochet, mais surtout en avant où il est plus court et un peu excavé; crochets rapprochés, prosogyres, petits mais saillants, situés au quart antérieur de la longueur de la coquille. Surface extérieure convexe, un peu gibbeuse; une carène obtuse et rayonnante part du crochet, elle aboutit à la troncature anale, limitant ainsi la région anale plane ou même un peu excavée et divisée ellemême par deux plis rayonnants bien marqués; le côté buccal est orné de cordons arrondis, saillants, irrégulièrement anastomosés au milieu, ils continuent sur la partie postérieure de la région dorsale, moins nombreux toutefois et plus distants par suite de l’anastomose de quelques-uns d’entre eux, et ils se transforment sur la région anale en lamelles saillantes et rugueuses, parallèles à la troncature en formant quelques crénelures plus saillantes sur les côtes rayonnantes. Lunule assez étroite, lancéolée, creuse, à peu près lisse; corselet à peine plus étroit, allongé, profond, bien séparé du côté anal par un gradin, et du plateau cardinal par un bourrelet arrondi.
Plateau cardinal large, triangulaire, à bord inférieur bisinueux, recouvrant une profonde cavité umbonale. Charnière : 3a mince, presque entièrement soudée au bord lunulaire; 1 forte, saillante, triédrique, peu oblique, crénelée sur sa face
(1) Dédiée à Mm* Emilie Degrange-Touzin.
antérieure, 3;, beaucoup moins saillante et plus étroite, en partie soudée à 1; puis divergeant sous un angle aigu; fossette ovalaire, très creuse, entamant le bord cardinal sous le crochet, n’occupant qu'une partie du plateau cardinal en arrière de 3;, ; A I obsolète; 2„ oblique, saillante, relativement peu épaisse, fortement crénelée sur ses deux faces; 4j, presque aussi forte, inclinée à angle aigu sur 2a, crénelée sur sa face interne; P II allongée et saillante.
Impressions musculaires très fortement gravées, placées aux extrémités du plateau cardinal; impression palléale écartée du bord palléal crénelé, les erénelures très fines ne persistant pas aux extrémités.
Dim. Diam. a.-p. : 47 mill.; diam. u.-p. : 34 mill.; épaisseur d’une valve : 13 mill.
R.-D. — Paulin n‘a pas cité cette remarquable coquille dans la liste des fossiles recueillis à Peyrehorade. Il l'a peut-être confondue, ainsi que C. Raulini, avec C. Hardeggeri Elle se distingue cependant à première vue de l’espèce de Vienne, ainsi que de C. Raulini, par sa forme plus quadrangulaire, plus haute et plus inéquilatérale, par l’ornementation lamelleuse de son côté anal, par la présence sur ce dernier de deux arêtes saillantes. Ce que nous avons dit à propos des affinités ancestrales de C. Raulini nous dispense d’y revenir pour C. Emiliæ qui appartient au même groupe; nous ajouterons seulement que son galbe moins gibbeux, son ornementation lamelleuse. et enfin la présence d'une côte rayonnante sur le côté anal, la rapprochent — plus que C. Raulini — de certaines grandes Crassatelles éocéniques, notamment de C. parisiensis, gibbosula, distincta; mais on trouve encore dans les charnières des différences de même ordre que précédemment; 1 plus longue, moins élargie a la base, 3t> plus distincte, 2a et 4 b moins divergentes.
Loc. — Peyrehorade (Peyrère), cotypes (PI. I, fig.) 5-8, col!. Raulin; coll. Degrange-Touzin. — lEelvétien ? (1).
(1) D’après M. Douvillé, la plupart des coquilles récoltées par Raulin à Peyrère appartiendraient à un niveau bien inférieur, peut-être l’Aquitanien; en tous cas, la présence de ce fossile à faciès complètement éocéniqne, confirmant celle d'un Nemocanlium précédemment signalé, indiquerait que ce n’est probablement pas de l’Helvélien, ou tout au moins qu’il y a plusieurs niveaux sur ce terroir.