‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 51 sur 273 · pl. V, fig · texte numérisé non relu

pl. V, fig

1854. — Noulet. Mém. coq. foss. eau douce (éd. 1), p. 120.

1868. — Noulet. Ibid. (éd. 2), p. 190.

1891. Unio Lacazei Degr.-Touz. Faune tenu lac. et fiuv. (A. S. L. B.

XLV), p. 196.

Forme oblongue, très inéquilatérale; côté antérieur ovale, côté postérieur largement dilaté, très obliquement tronqué, quatre fois plus allongé que l’autre; bord palléal rectiligne; crochets peu saillants, obtus, situés aux quatre cinquièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface lisse, irrégulièrement plissée par les accroissements. Charnière de la valve droite comportant une grosse dent bilobée, une longue lamelle PI très écartée du crochet; nymphe très longue et aplatie.

R. D. — On ne trouve généralement que des impressions externes

(1) Nous passons sous silence les Schizodontes, les Trigonies n’élant pas représentées dans le Tertiaire d’Europe (V. Cossinann, 1912. Sur l’évolution des Trigonies, Ann. Paléont.).

plus ou moins intactes de cette espèce commune, dont le test a été invariablement détruit. Toutefois, Benoist a eu le talent de préparer un contre-moulage d’individus avec leur charnière, ce qui nous a permis de décrire et de figurer tout au moins la valve droite qui parait s’écarter de tout ce que l’on connait dans le Tertiaire, jusqu’à présent : la dénomination choisie par Dupuy à titre de variété de l’espèce actuelle, et conservée par Noulet qui a figuré la coquille, peut donc être maintenue à titre d'espèce bien distincte, différant de la coquille actuelle par sa forme.

Loc. — La Brède (Fl. V, fig. 5-6), coll. Benoist. Aillas, Birac, coll. Degrange-Touzin. — Aquitaine».

11e Ordre. — TAXODONTA Neumayr, 1883.

Coquille de forme très variable, dimyaire, à test nacré ou porcellané-, souvent orné et rayonné; charnière composée de deux séries de dents, alternant avec des fossettes; ces deux séries sont généralement séparées à l’aplomb des crochets; ligament tantôt interne et logé dans une fossette comprise entre les deux séries de dents, tantôt externe et inséré entre le crochet et le plateau cardinal; impression palléale rarement sinueuse; bords fréquemment crénelés.

L’homogénéité de ce groupe, beaucoup plus limité que les Eulamellibranchiata, est telle que — depuis qu’il a été établi par Neumayr — il a subi peu de démembrements; l'aspect de la charnière polyodonte supprime, en effet, toute hésitation. Récemment (1895), Félix Bernard a démontré que certains Monomyaires avaient une prodissoconque taxodonte; mais cet état népionique ne persiste pas, et d'ailleurs la structure du test, la disparition presque complète de l’adducteur antérieur et des dents cardinales, sont des critériums distinctifs très suffisants pour justifier l’adoption d’un Ordre différent.

Félix Bernard a proposé de subdiviser cet Ordre en deux S. -Ordres composés chacun de deux Cénacles : Foliobranchiata ( Nuciilacea , Ledacea), Filibranchiata ( Arcacea , Pectunculacea). Nous simplifierons un peu cette subdivision excessive qui réduit chaque Cénacle presque à une seule Famille, et pour tenir compte des Genres intermédiaires, nous admettons seulement les deux Cénacles Nuculacea, Arcacea, ainsi que l'a fait d’ailleurs M. Dali (Tert. Flor., part. III, 1895).

Cénacle : NUGULACEA Dali, 1893.

Coquille équivalve, épidermée, nacrée ou porcellanée; ligament interne ou externe; crochets opisthogyres ; impressions musculaires presque égales; impression palléale entière ou sinueuse.

Outre la Famille silurique des Ctenodonticlæ, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, ce Cénacle comprend les Familles Nucididæ, Ledidæ, Malletidæ, toutes sont représentées dans l’Aquitaine, et enfin la Famille Sareptidæ (A. Adams, Sareptinæ ), caractérisée par son ligament externe, outre le résilium logé dans une fossette cardinale ; sauf cette différence, la coquille ressemble à une Nucule par son impression non sinueuse, à une Yoldia par sa forme et ses bords lisses. Nous ne connaissons pas de Sarepta dans nos terrains du Sud-Ouest.

Famille NUCULIDÆ d’Orb. 1844.

Coquille épidermée, à fossette ou résilium interne, séparant sous le crochet deux séries de dents arquées et serrées; surface interne nacrée ; pas de sinus palléal.

Durant la période tertiaire, cette Famille n’est plus représentée que par le G. Nucula qui parait avoir vécu dès l’époque jurassique, sans interruption jusque dans les mers actuelles. Nous laissons de côté, bien entendu, les nombreuses formes paléozoïques, principalement du Silurien, remarquables par leurs étranges charnières, qui paraissent éteintes même avant le Système mésozoïque; la transition se fait dans le Trias (Y. Bittner, Lamellibr. St-Cassian).

NUCULA Lamk. 1799.

Forme close, triangulaire, très inéquilatérale, à côté postérieur beaucoup plus court que l’autre et tronqué, avec un corselet bien marqué; crochets peu saillants, opisthogyres ; surface lisse ou ornée; fossette triangulaire, oblique en avant sous le crochet; dents sériales tranchantes,

Fig. 7. — Charnière de Nucula nucléus Lin. Viv.

arquées en chevrons, beaucoup

plus nombreuses en avant qu’en arrière. Impressions des adducteurs subégales; ligne palléale entière et bien imprimée; bords des valves presque toujours crénelés (G. -T. : Area nucléus Lin. Viv.).

Quoique la charnière des Nucules se présente — en apparence — avec des caractères uniformes, il s’en faut de beaucoup qu’elle soit identique chez les nombreuses espèces tertiaires que nous avons étudiées : le nombre des dents sériales, constant chez la même espèce, est très variable d’une espèce à l’autre, de sorte qu’on dispose là d’un précieux critérium spécifique; leur inclinaison aux abords du crochet, leur épaisseur — voire même leur saillie — sont aussi à prendre en considération; mais l’un des éléments les plus importants est la fossette chondrophore qui varie beaucoup, non seulement dans sa dimension, dans son inclinaison et da'ns la saillie que fait son contour inférieur sur la cavité umbonale, mais encore dans sa constitution même, c’est-à-dire dans la manière dont elle est encadrée par des arêtes dentiformes, non emboîtées ni engrenées cependant, et qui buttent l’une contre l’autre quand on rapproche les deux valves; il y a des espèces où l’arête postérieure se dédouble, de sorte nue 1 on pourrait croire que la fossette est bifide, cula placentina Lk. Plioc. comme chez N. placentina par exemple. Enfin, quelques rares espèces n’ont pas de crénelures sur le bord palléal.

De toutes ces variations, il ne semble pas qu’il y ait à déduire la nécessité de subdiviser Nucula en Sections; H. et A. Adams (1858) ont — il est vrai — distingué la Section Acila à cause de la divergence des côtes qui ornent la surface dorsale (N. Cobboldiæ Sow., du Crag d’Angleterre), mais la charnière ne parait présenter aucune particularité. Il en est de même de N. Hæsencloncki Nyst espèce remarquable par sa forme gibbeuse, son corselet très profondément excavé et ses plis d’accroissement en gradins; sa charnière est un peu déformée par l’incurvation du contour anal; cependant on ne paraît pas en avoir conclu que cette coquille devrait être classée à part.

Peut-être y a-t-il lieu de faire cependant une exception en faveur de Pronucula Hedley (1902), dont le génotype est une espèce vivant sur les côtes d’Australie (/’. decorosa Hedley), et caractérisée par son cliondrophore séparé des deux séries de dents par des espaces libres, ainsi que par sa forme ovale, dépourvue de corselet.

En tous cas, nous n’avons, dans l’Aquitaine, que des Nucula- s. str.

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