Leda ( Lembulus ) percalva nov. sp. PI. V, fig
1873. Leda nitida Benoist. Cat. Saucats, p. 61, no 164 ( non Brocchi).
Taille assez petite; forme scaphoïde, convexe, ovoïdo-rostrée, très inéquilatérale ; côté antérieur ovale-atténué, presque deux fois plus court que le côté postérieur qui est acuminé, obtusément caréné; bord palléal arqué à l’aplomb du crochet, presque rectiligne vers le rostre qui se relève un peu plus haut que la moitié de la valve ; crochets petits, peu gonflés, faiblement opisthogyres, situés vers les trois septièmes de la longueur à partir du contour antérieur; bord supérieur presque également déclive de part et d’autre du crochet, tout à
fait rectiligne vers le rostre anal. Lunule étroitement lancéolée, limitée par un faillie gradin; corselet un peu plus large, limité par une petite arête, au milieu de la dépression anale; surface dorsale un peu bombée, marquée en avant de deux plis rayonnants et très obsolètes, séparée en arrière — par un angle arrondi et un peu incurvé — de la dépression anale qui s’étend du crochet jusqu’à l’extrémité du rostre; toute la surface est lisse et terne, sans aucune trace de sillons ni de lamelles même effacés.
Charnière médiocrement épaisse : quinze ou seize dents antérieures, très petites et serrées vers le crochet, s’épaississant et s’écartant rapidement à une certaine distance; environ dix-huit dents sériales, alignées sur le bord postérocardinal, croissant et s’espaçant graduellement à partir du crochet, plus arquées en chevrons que celles de la série antérieure; fossette trigone, isocèle. Impressions musculaires assez profondes; sinus ovale, peu large; impression palléale voisine du bord qui est lisse.
R. D. — Il n’est pas possible de confondre cette coquille avec L. sublævis Bell., de i'Helvétien d’Italie, non seulement parce que cette dernière n’est pas absolument lisse et qu’elle porte souvent des sillons, jamais effacés complètement vers les bords (1), et parce que sa surface est néanmoins brillante, tandis que celle de L. percalva est terne; toutefois, s’il n’y avait que ces différences d’aspect extérieur, nous aurions pu les imputer à l’usure; mais il y en a d’autres, non moins importantes : son côté antérieur est plus court; elle est moins étroitement rostrée du côté postérieur ; sa dépression anale est plus carénée, sa lunule est simplement limitée par une strie, ses dents sériales sont plus nombreuses, sa fossette centrale est moins petite, etc. Nous ne citons pas en synonymie le fossile du Bassin de Vienne qui nous parait — d’après la figure de l’Atlas de Hœrnes (pi. XXXVIII, fig. 9) — se rapporter complètement à l’espèce de Brocchi, connue sous le nom Yolclia nitida; c’est ce qui a dû induire Benoist en erreur quand il a déterminé L. percalva — qui est un Lembutus par sa forme et son sinus — sous le nom Leda nitida.
(1) La figura de la Monographie de Bellardi les indique très exactement (pl. !, (ig. 10).
Nous ne connaissons aucune forme ancestrale à laquelle on puisse comparer L. percalva, car L. lævigata Watelel, du Suessonien, a un galbe très et diffèrent, plus équilatéral.
Loc. — Léognan, assez commune; cotypes (PI. V, fig. 69-71) coll. Cossmann; Saucats (Min de l’Eglise), même coll. Saucats (Min de Lagus), St-Paul-de-Dax, Martillac, Moras, Léognan (Thibaudeau), coll. Degrange- Touzin. — DSbb s*aSiajîBli«“ïi.
Dax (Maïnot), rare, coll. Cossmann. — Aqiiitani^u.
St-Martin-de-Hinx, St-Jean-de-Marsacq, rare, coll. Degrange-Touzin. — Ilrhrlirn et Xortosti^n.
YOLDIA Môller, 1842
Coquille déprimée, transversalement ovale, plus ou moins roslrée en arrière; surface lisse ou sillonnée, couverte d’un épiderme luisant; charnière peu épaisse, eu égard à la taille parfois assez grande des valves ; les deux séries de dents, orthogonalement repliées en chevrons, font entre elles un angle très ouvert sur lequel le contour de la fossette très large fait une petite saillie au-dessus de la cavité umbonale; impressions musculaires ovales, symétriques; sinus palléal grand, ovale, horizontal, traversant l’impression de l’adducteur postérieur et formant un prolongement au-delà de cette dernière; impression palléale un peu plus écartée du bord, du côté antérieur (G. -T. : L. hyperborea Loven sec. Dali 1898, Viv.).
La simple comparaison des diagnoses suffit pour faire ressortir la nécessité de séparer le Genre Yolclia de Lcda : ni la charnière par sa fossette, ni le sinus par sa direction et son ampleur, ne ressemblent à ceux d’aucune des Sections de Lcda. Le choix du génotype a donné lieu à quelques contestations ; la plupart des auteurs citent Y. arctica Gray, mais M. Dali (Tert. Flor., IV, p. 594) se fondant sur ce que cette espèce n’a pas été figurée et est indéterminable d'après une diagnose insuffisante, a proposé d’y substituer le nom hyperborea qui est probablement synonyme; il a d’ailleurs pris comme génotype d une nouvelle Sect. Cnesterium un Leda arctica Brod. et Sow., bien antérieur à la dénomination de Gray qui tomberait — de toute façon — en synonymie.
Ce Genre apparaît seulement dans le Miocène d’Europe; cependant M. Dali (/. c., p. 596) a rapporté à la Section Orthoyoldia Verrill
(G. -T. : Y. scapina Dali) un Y. psammotæa n. sp., de l’Eocène de Claiborne, dont on ne connaît pas la charnière, de sorte que ce classement parait très douteux d’après la forme exlérieure seulement.
Nous signalons pour mémoire la Section Yoldiella Verrill (G. -T. : Y. lucida Loven), et le Sous-Genre Portlandia Môrch, 1857 (G. -T. : Y. glacialis Wood) = Megayoldia Verrill, qui ne sont — ni l’un ni l'autre — représentés dans les terrains de l’Aquitaine où l’on ne rencontre que des formes dont le contour seul varie, de sorte que — d'après nos critériums — elles ne se distinguent pas génériquement de Yoldia s. str.