Tirtdaria inopinata nov. sp. PL V, fig. 85-8G
Taille moyenne; forme ovoïde, convexe, inéquilatérale; côté antérieur assez court, semi-circulaire; côté postérieur presque deux fois plus long, ovale, vaguement tronqué sur son contour anal; bord palléal régulièrement arqué; crochet petit, un peu gonllé, opisthogyre, situé à peu près au tiers de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu convexe en avant du crochet, plus déclive — quoique faiblement arqué — en arrière. Lunule peu distincte, étroitement cordiforme, limitée par une strie Irès obsolète ; corselet presque linéaire, obtusément limité; surface dorsale bombée, à peine déprimée sur la région anale, partout ornée de sillons concentriques, régulièrement serrés.
Charnière médiocrement épaisse, composée de deux sériés très inégales, arquées sous un angle apical de 120° : du côté buccal, sept grosses dents obliques et épaisses, puis quatre ou
cinq dents très fines, rejoignant sous le crochet celles de la série anale qui sont au nombre de vingt-six, croissant assez graduellement; ces dents n’occupent pas toute la hauteur du plateau cardinal, et elles s’alignent en bordure du contour inférieur de la charnière. Impressions musculaires subquadrangulaires, inégales; l’antérieure est la plus grande; sinus étroit, formant une pointe trigone, très détachée de l'adducteur postérieur, et s’avançant presque jusqu’à l’aplomb du crochet; impression palléale très écartée du bord lisse.
Dm. Diam. a.-p. : 7,5 mill.; diam. u.-p. : 6 mill.; épaisseur d’une valve : 2,75 mill.
R. D. — Notre coquille est beaucoup moins trigone et moins élevée que T. arata Bell., du Piémont; elle est plus inéquilatérale, et son côté postérieur est moins atténué, de sorte que l’ensemble a un aspect plus ovale.
En ce qui concerne T. solida Seg., qui est figurée comme plus convexe que T. inopinata , il semble — si la figure est exacte — que ses deux séries de dents sont moins inégales, et qu’elles forment un angle plus ouvert au sommet, avec un contour plus sinueux sur la branche antérieure de la charnière.
Nous avons aussi comparé T. inopinata avec T. callistif ormis Verr. et Bush, de la baie de Chesapeake, qui a une forme plus courte et plus haute, un crochet plus saillant et plus gonflé au-dessus d’un bord supérieur plus rectiligne.
11 y a lieu de remarquer que — dans leur Synopsis des Tindarinæ (Deep water Moll., p. 885) Verrill et Bush attribuent à Tindaria une impression palléale non sinueuse et à Tindariopsis un sinus distinct avec un rostre court, ce qui ne correspond nullement à notre interprétation du Genre de Bellardi.
Loc. — St-Jean-de-Marsacq, une valve droite (PI. Y, fig. 85-86), coll. Dêgrange-Touzin. — Tortonicii.
NUCUL1NA d’Orb. 1845.
(= Pleurodon Wood 1840, non Pleurodonte Fischer 1808;
= Nuçine.lla Wood 1850).
S. stricto. — Test mince. Taille petite; forme de Nucule, très inéquilatérale, obliquement ovale, convexe et lisse; ligament externe; charnière courte, composée de quelques dents séria-
les sur un plateau cardinal incurvé, et d’une forte lamelle A II, à laquelle correspond une fossette sur la. valve droite; ligne palléale entière (G. -T. : Nucula miliaris Desh. Eoc.).
Wood a corrigé lui même la dénomination qu’il jugeait faire un double emploi de nomenclature, tandis que dans l’intervalle, d’Orbigny avait déjà donné un autre nom à la coquille, nom cité par Gray et mis à tort en synonymie de Nucinella par Wood (Crag Moll., II, p. 72). Néanmoins M. Dali a préiéré reprendre PleUrodon — qui est cependant la latinisation de Pleurodonte — alléguant d’autre part que la date précise de Nuculina n'est pas certaine, les livraisons de la Paléontologie française des terrains crétacés ayant paru à intervalles écartés. Quoiqu’il en soit, puisque Wood lui attribue 1845, la dénomination Nuculina est certainement antérieure à celle d’Agassiz (1847) qui l’a adoptée comme nom familial; d’ailleurs Herrinannsen cite — à la date de 1844 — la livraison de la Pal. fr. dans laquelle d’Orb. a créé la Fam. Nuculidæ à laquelle il reportait le Genre Nuculina : il n’y a donc pas de doute possible sur la priorité de ce dernier terme.
M. Dali a rétabli, avec raison, le nom ovalis pour Nucinella miliaris du Crag, qui n’est pasla même espèce que celle de l’Eocène ; mais il a figuré une autre espèce pliocénique de la Floride {Pleurodon M'oodi Dali) comme portant une fossette ligamentaire interne, vis-à-vis d’une petite saillie du bord cardinal; or, ni cette fossette, ni cette saillie n 'existent sur la figure de Wood (/. c., pl. X, fig. 4), ni sur les échantillons du Bassin de Paris, ni sur celui de l’Aquitaine que nous décrivons ci-après; Wood a expressément imprimé « ligament external ». Quant au test, il est si mince, qu'on peut hésiter sur la présence ou l'absence d’une couche de nacre à l'intérieur de la coquille.
La conclusion à tirer de ces observations est la suivante : Nuculina est une forme intermédiaire entre Nucula et Malletia , de même que Sarepta est balloté entre Nucula et Leda. Le classement de Nuculina dans la Fam. Malletiidæ n’est donc proposé ici qu’à titre provisoire, quoique cependant ses affinités soient plutôt avec Malletia.
11 en est de même du S. -G. Cyrilla A. Adams, Juin 18G0 (= Ruxleyia A. Ad., Avril 1860, tion Boberwank) qui ne parait différer de Nuculina que par sa fossette plus élargie, si tant est qu’il existe une fossette; mais nous pensons que, chez Cyrilla comme chez Nuculina , cette fossette n’est qu'un élargissement sans excavation — exagéré par le dessinateur — du plateau cardinal sous les dents sériales, et que le ligament est bien effectivement externe, car il y a une sorte de nymphe, bien nettement représentée, même sur les figures 9 et 10 de la planche XXIV de l’ouvrage de M. Dali.