Pectunculus (Axinæa) cor Lamarck
PL VI, fi g. 13-10.
1805. Pectunculus cor Lamar -k. Ann. Mus., VI, p. 217 (note).
1819. — Lamarck. An. s. vert., VI, p. 55.
1825. — Bast. Mém. env. Bord., p. 76.
1845. — Desh. Traité élém. Conclu, III, p. 330.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 62, n° 166.
1909. — Doll. Et. crit. qq. coq. Bord., p. 13, pl. III, fig, 7-14,
pl. IV, fig. 1-9.
Test épais. Taille parfois grande; forme bombée, variable, subrhofhboïdale ou transverse, presque toujours atténuée en
avant et subanguleuse en arrière, par conséquent inéquilatérale, quoique les crochets gonflés et opposés soient situés à peu près au milieu des valves. Surface dorsale très convexe au milieu, déprimée ou même excavée sur la région buccale; sous l’épiderme on distingue de larges côtes aplaties, séparées par des sillons rayonnants et couvertes en outre d’un fin réseau quadrillé.
Charnière épaisse, anguleusement arquée sur son contour inférieur, séparée du crochet par une large et haute aréa ligamentaire sur laquelle s’inscrivent trois chevrons très ouverts, dont les sommets s’alignent perpendiculairement sous le crochet, en formant une faible saillie ou arête; environ douze dents sériales, de chaque côté de cette arête, repliées à 90 ou 100°, la branche verticale deux fois plus courte que la branche oblique qui occupe même toute la longueur chez quelques individus; les deux séries ne se rejoignent pas complètement à l’aplomb du crochet.
Impressions musculaires puissantes, en saillie, la postérieure généralement supportée par une lame rayonnante qui se détache de la surface interne des valves; impression palléale assez voisine du bord fortement festonné, mais les cfénelures s’atténuent beaucoup sur la région anale.
Dim. Diam. a.-p. : 55 mill.; diam. u.-p. : 52 mill.; épaisseur d’une valve : 20 mill.
R. D. — L’espèce du Bordelais, si commune et si bien connue des collectionneurs, n'avait jamais été figurée quand M. Dollfus — reprenant son histoire — en a donné une monographie très complète e.t dix- sent figures dans une étude publiée ici-même ( Act . S. linn., t. LXII). Notre confrère a compris dans la synonymie du fossile du Sud-Ouest, non seulement la forme actuelle de la Méditerrannée (P. violacescens Lk.), mais aussi le fossile du Pliocène (P. insubricus Br.), que la plupart des auteurs ont jusqu’ici considéré comme distincts, et dans lesquels de nombreuses variétés ont — d'autre part — été distinguées, soit par M. Sacco, soit par M. Oerulli-Irelli ; cette réunion — qui aboutit à la conclusion qu'il n'y a, en réalité, qu’une seule forme très variable, de l'Aquitanien jusqu'à l'Epoque actuelle — est basée sur la comparaison d’un très grar d nombre de de P. insubricus d’Asti, et de P. violacescens de la Méditerrannée, avec une
multitude de coquilles du Sud-Ouest et lusitanniennes. Puis, après avoir tout réuni, M. Dollt'us admet un certain nombre de variétés, sans indiquer avec précision si ce sont des mutations définies, de sorte que la question se retrouve exactement posée dans les mêmes termes qu'au début et que l'incertitude reste aussi grande.
Nous nous sommes ici bornés à suivre M. Dollt'us dans tout ce qui concerne P. cor (s. stricto ) et par suite, nous n'avons admis en synonymie que les références visant le fossile du Sud-Ouest que Lamarck avait bien effectivement en vue quand il a proposé la dénomination cor. Nous sommes d’ailleurs convaincus que cette espèce n'a pas (en Aquitaine) vécu au-dessus de l’Aquitanien, du Burdigalien et de l’Helvétien, attendu que
— dans le Sud-Ouest — on ne trouve plus, au niveau de l’Helvétien, que des formes authentiquement différentes, et quelques rares individus de P. cor, probablement remaniés.
D'ailleurs, en comparant, nous aussi, le fossile du Bordelais à P. violacescens Lk., nous avons été frappés de cette constatation que jamais l’espèce actuelle et pliocénique n'atteint un bombement comparable à celui du véritable P. cor, et qu'en outre Faire ligamentaire de ce dernier est invariablement plus élevée, plus puissamment chevronnée que chez l’autre espèce; les autres caractères sont trop variables pour qu’on puisse en faire état avec quelque certitude et avec constance (contour des valves, forme des dents, impressions musculaires, crénelures, etc.).
En ce qui concerne P. insubricus Br., d’Asti, la largeur de Faire ligamentaire est généralement aussi grande que chez P. cor — et c’est ce qui
le distingue de P. violacescens ; toutefois les dents sériales sont alors très
différentes, tantôt les deux séries s’interrompent à grande distance, tantôt elles se rejoignent sous le crochet, de sorte que leur nombre est beaucoup plus variable que chez P. cor; enfin — détail caractéristique
— le contour inférieur de la charnière est bien moins arqué que chez notre fossile.
Sans doute, ce sont là des différences qu’il n’est pas toujours facile d'apprécier; cependant nous pensons qu’il faut les examiner de près et en tenir compte, si l’on ne veut pas réunir tous les Pétoncles en une seule espèce; remarquons du reste que c’est toujours dans les Genres dont les coquilles sont peu distinctes qu’on est enclin — faute d’y regarder d’assez près — à opérer des réunions qui déconcertent toutes les notions stratigraphiques. 11 est bien évident que P. cor est beaucoup plus voisin encore de P. pulvinatus, du Lulétien des environs de Paris, que de P. violacescens, et cependant personne n’a encore proposé de réunir l’espèce éocénique à celle du Bordelais; en fait, il y a des différences dans la charnière et dans le bombement des valves, de même qu’il y en a entre P. cor et les deux espèces pliocéniques En résumé, il n’y a pas de motif pour être plus exi-
géant envers les formes descendantes qu’envers les ancestrales, et c’est pourquoi — nous fondant sur ce que P. cor n‘a jamais donné lieu à la moindre hésitation de la part des collectionneurs de l’Aquitaine — nous lui laissons son individualité stratigraphique.
Loc. — Léognan (Coquillat), plésiotypes (PI. VI, fig. 13-16), coll. Bial de Bellerade. Très commune dans tous les gisements. Cestas, monstruosité, coll. de Sacy. — Aquitaiiieii et ISiirdicgaliieBi.
Salles (Largileyre), rare. Pevrehorade (Peyrère), jeunes spécimens, coll. Raulin. — Helvétien.