PectuncisSus (. Axinæa ) inflatus [Brocchi
PL VI, fig. 26-28.
1814. Area in/lata Br. Conclu subapp., II, p. 494, pi. XI, fig. 7.
1814. Area nummaria Br. Ibid., p. 453, fig. 8 ( juv ,).
1852. Pectunculm inflatus d’Orb. Prod., III, p. 184, n° 369, 27e ét.
1868. Pectunculus ylycymèris Mayer. Catal. Zurich, III, p. 58, ( non L.).
1898. Axinæa inflata Sacco. I Moll. terz. Piem , XXVI, p. 32, pi. VIII,
fig. 1-10
1907. Pcct. ( Axinæa ) inflatus Cor.- 1 • el 1 i Founa mal Mariana. I, p. 55,
pi. VII, fig. 7; pi. VIH, fig. 1-9.
Observ. — Nous rapportons à cette espèce pliocénique des valves recueillies dans le gisement de Saubrigues et qui nous paraissent identiques aux jeunes individus de Col I i Torinési (coll. Cossmann); bien que ces valves soient loin d'atteindre la taille des spécimens d’Italie, elles sont caractérisées — comme eux — par l'inégal bombement de la surtace
dorsale qui montre invariablement chez cette espèce une gibbosité obtuse et très arrondie, rayonnant du ciocliet obliquement vers le côté anal et aboutissant à un angle obsolète du contour palléal. M. Cerulli-Irelli a très justement signalé ce critérium absolument constant de P. inflatus , et et qu’on remarque sur toutes les figures publiées par M. Sacco, bien que ce dernier auteur n’en ait pas fait mention. Quant à l'aire ligamentaire, elle est assez restreinte sur les individus népioniques de Saubrigues, et on ne peut l’identifier qu’à celle des individus de même âge du Piémont ; il est bien certain qu’elle ne ressemble pas à l’aire des grands spécimens de Monte-Mario (coll. Cossmann) qui est assez haute, trigone et peu large, ornée de chevrons peu nombreux et obsolètes.
R. D. — Indépendamment du critérium différentiel que nous avons indiqué ci-dessus, P. inflatus se distingue facilement de P. bimaculatus par son bombement encore plus considérable, qui atteint 40 0/0 du diamètre antéro-postérieur, pour l’épaisseur d’une seule valve, dès le jeune âge de la coquille. Quand la surface dorsale est fraîchement conservée — et c’est le cas des spécimens de Saubrigues — on constate qu elle est décussée par des accroissements assez serrés et subponctués à l’intersection des rayons sous-cutanés qui sont beaucoup plus rapprochés que chez P. bimaculatus ; nous avons constaté le même système d’ornementation sur les individus du Piémont authentiquement déterminés par M. Sacco.
En résumé, P. inflatus (dont P. nummarius Br. n’est que le jeune âge) semble n'avoir vécu qu’à dater d’un niveau plus élevé que P. bimaculatus, et surtout que P. pilosus L.
Loc. — Saubrigues, peu rare; plésiotype népionique (PI. VI,Hg. 26-28), coll. Dumas. St-Jean-de-Marsacq, coll. Bial-Neuville. — Tortonieii.
ARCA Linné, 1758.
Coquille globuleuse, généralement oblongue, ayant invariablement les crochets écartés par une large aréa sur laquelle s’attache le ligament externe, et dont le plan fait — avec
Fig. 10. — Area umbonala Lamk. Viv.
celui de la commissure des valves — un angle d’environ 90° dont le sommet est sur l’alignement rectiligne du bord car-
dinal; sur cette aire ligamentaire, on distingue des rainures disposées en chevrons, plus ou moins nombreuses, servant à l’insertion d’un résilium multivinculaire.
Au lieu de nous guider d'après l’existence ou l'absence d’un byssus et d’après la forme ou l’ornementation des valves, nous avons admis comme critérium générique l’inclinaison du plan de la surface ligamentaire — et par suite, l’écartement des crochets — qui nous paraissent jouer, dans les fonctions essentielles d'ouverture et de fermeture des valves, un rôte dynamique et statique beaucoup plus important que le byssus et l’aspect de la surface externe, qui sont plutôt des critériums d'habitat sous-génériques. C’est ce qui explique qu’on trouvera ci-après rapprochés Area, Anadara, Scapharca, tandis que Barbatia et Parallelipipedum sont placés dans un Genre distinct d 'Area.
D'ailleurs, on observe la même coupure chez les Parallelodontidæ (= Macrodontidæ ) qui sont les ancêtres mésozoïques des Arcidæ et qui s’en distinguent par leurs dents complètement horizontales aux extrémités : d’une part, en effet, on y trouve Cucullæa, Parallelodon, Nemodon, à crochets écartés ; d'autre part, Beushausenia (= Macrodon préemployé) avec une aire ligamentaire chevronnée et très inclinée, de sorte que les crochets sont presque en contact.
Ces explications fournies, nous divisons le G. Area ainsi qu’il suit :
Area f. str. (= Byssoarca Swainson, 1820). — Forme transverse, inéquilatérale, irrégulière pour le passage du byssus, carénée en arrière, ornée de côtes rayonnantes et subgranuleuses, mieux visibles quand l’épiderme a disparu; aire chevronnée; bord cardinal étroit et rectiligne, aussi long que les valves , muni de dents sériales fines et nombreuses, ininterrompues au
milieu, presque
. „ , Fig. 11. — Area Noæ L. Viv.
uniformément verticales; impressions musculaires inégales, la postérieure subrectangulaire et allongée; bord palléal rarement crénelé (G. -T. : Area Noæ L. Viv.).
Ce Genre apparaît déjà à la base de l’Eocène ; on y distingue actuellement deux groupes qui différent par la disposition des chevrons ligamentaires : dans le groupe d’A. Noæ, les chevrons plus ou moins nombreux n’occupent pas tout l'espace compris entre le bord cardinal et les angles carénés qui limitent la surface dorsale; ils sont parfois « contrariés », c’est-à-dire que les branches postérieures sont traversées par de courtes rainures parallèles aux branches antérieures ; chez l’autre groupe (A. umbonata Lamk ) le ligament s’étend sur toute l'aréa compr se entre les crochets, mais il n'y a qu’un petit nombre de chevrons très aigus sous la saillie des crochets; en outre, on distingue des séries de stries obsolètes, perpendiculaires à la ligne cardinale et qui représentent les traces — sous l'épiderme — de l’accroissement progressif des dents sériales de la charnière. Ces deux groupes se retrouvent à l'état fossile, et cependant nous ne croyons pas qu'on ait, jusqu'à présent, fait état de ce critérium très sûr, pour distinguer les espèces qui s'y rapportent respectivement.
S. -G. Anadara Gray, 1847 (= mriomalo cardia Klein, 1753; in Adams 1858, non Schum. 1817). — Forme globuleuse, régulière, close, plus ou moins transverse, ornée de larges côtes séparées par de fortes rainures; quand la surface n’est pas usée, les accroissements concentriques découpent des granules sur les côtes et forment des cloisons au fond des rainures; aire ligamentaire haute, presque entièrement chevronnée, aussi longue que le plateau cardinal qui est arqué sur son contour inférieur et qui est partiellement rempli par les dents sériales ininterrompues au milieu, disposées en éventail aux extrémités; impressions musculaires très inégales, la postérieure subquadrangulaire; bord palléal très grossièrement crénelé (G. -T. : A. diluvii Lamk. Viv.).
Fig. 12. — Anadara diluvii Lamk. Plioc.
La forme régulière de cette coquille non fixée par un byssus, ainsi que son ornementation à larges côtes, la différencient nettement d 'Area s. str.; cependant elle a — comme cette dernière — les crochets écartés par une large aréa garnie de chevrons réguliers. C'est un Sous-Genre dont l'apparition est plus récente que celle d’Arca, car les coquilles de l’Eocène qui y ont été rapportées (A. scapulina Lamk.) s'en distinguent par leur aréa
non chevronnée, ressemblant à celle de Fossularca laetca; on trouvera ce groupe un peu plus loin.
Au S. -G. Anculara se rattachent les deux Sections : Noetia Gray, 1842 (A. reversa Gray), qui a les dents en éventail et la forme carrée; Senilia Gray, 1840 (A. senilis Lamk.), qui a une forme haute et trigone, des côtes larges comme celles de Card. Jouanneti, des dents longues, serrées, cariées ou arquées du côté antérieur, surmontées par une aire ligamentaire chevronnée, haute et courte. Aucune de ces Sections n'a vécu dans le Miocène de l’Aquitaine; on n’en cite que dans le Néogène des Etats- Unis (Dali).
S. -G. Pectinatarca Sacco, 1898. — Forme et ornementation (Y A nadar a ; vraisemblablement pas de byssus à cause de la régularité de la coquille; aire ligamentaire lisse, scalène, plus élargie en avant du crochet, où il n’existe qu’une seule rainure (G. -T. : A. pectinata Br. Plioc.).
Groupe bien distinct par son aréa très étroite en arrière, perpendiculaire néanmoins à la commissure des valves. M. Sacco ne l’a cité que du Miocène, du Pliocène et du Postpliocène; les espèces éocéniques, telles que A. aviculina Desh., qui y ressemblent par leur ornementation dorsale, ont une charnière de Barbatia.
S. -G. Scapharca Gray, 1847. — Les valves sont inégales et sont munies d’un byssus; un seul chevron circonscrivant une aréa lisse (G. -T. : A. inæquivalvis Brug. Viv.).
Grav n’avant pas défini les nombreux groupes d’Arcidés qu’il a nommés, M. Dali a cru pouvoir attribuer la prépondérance à Scapharca et y rattacher toutes les autres Sections, même Anadara et Fossularca (!) qui n’y ressemble guère cependant. Nous ne partageons pas cette manière de voir, attendu que l’existence d’nn byssus et l’inégalité des valves placent Scaphara complètement à part, malgré son ornementation anadariforme. En tous cas, nous n’avons trouvé ici à l’état fossile ni Scapharca, ni sa Section Argina Grav (1840) dont le génotype est A. pexata Say.
S. -G. Striarca Conrad, 1875. — Forme et ornementation d ' Anadara \ aire ligamentaire inclinée à 150° sur le plan de commissure des valves, entièrement couverte de stries perpendiculaires au bord cardinal, sans aucune trace de chevrons (G. -T. A. centenaria Say. Mioc. coll. Cossmann).
S. -G. LÜaiarca Gray, 1840. — Dents antérieures remplacées par une seule dent sur la valve droite, avec sa fossette sur la valve gauche (G. -T. : L. costata Gray, Viv.).
Aucun de ces deux derniers Sous-Genres n’est représenté dans le Miocène du Sud-Ouest.