Phylloda pellicula nov. sp. PL IX, fig
Test mince. Taille assez grande; forme ovale, très aplatie, faiblement inéquilatérale ou presque symétrique; côté antérieur arrondi, non anguleux, plus court que le côté postérieur qui est
ovale, quoique subtronqué ; bord palléal médiocrement arqué, se raccordant par une courbe régulière avec le contour antérieur et faisant un angle net à sa jonction avec le contour postérieur; crochet petit, sans saillie, un peu opisthogyre, situé aux quatre neuvièmes de la longueur de la coquille, du côté antérieur; bord supérieur faiblement convexe en avant du crochet, rectiligne en arrière jusqu’à la troncature anale. Surface dorsale très peu bombée, luisante, divisée en deux aréas par une côte divergente, mince, faiblement saillante, un peu curviligne; en avant de cette côte, on distingue de très légères stries d’accroissement, plus serrées sur la moitié antérieure, avec quelques rides flexueuses et écartées dans le voisinage du crochet; en arrière de la côte rayonnante, la surface est un peu déprimée, ornée de stries flexueuses, peu saillantes et assez écartées, avec de petites granulations irrégulièrement distribuées.
Charnière de la valve droite seule connue : 3a à peine visible, formant un léger renflement perpendiculaire au bord cardinal, séparée par une fossette triangulaire de 3* trièdre, bifide, très oblique; nymphe très allongée, étroite, séparée du corselet par une rainure; AI très rapprochée, courte et pointue. Surface interne marquée d’un sillon divergent, étroit et peu profond, qui correspond à la côte externe; en outre, un épaississement claviculaire rayonne en avant, de AI vers le bord, et sépare l’impression musculaire de l’aplatissement contigu au bord; impression du muscle postérieur polygonale, partagée par le sillon de la surface interne; impression du muscle antérieur longue et trigone; sinus grand, ne dépassant guère l’aplomb du crochet et confluent sur toute sa longueur.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 46 mil!.; diamèlre umbonopalléal : 28 mil!.
Rapp. et diff. — Nous n’avons pas été peu surpris de trouver un représentant fossile aussi ancien du G. Phylioda qui vit actuellement dans l'Océan Indien : notre valve se distingue du génotype, T. foliacea, par sa forme un peu moins élevée et moins trigone vers le crochet, par son extrémité postérieure plus atténuée et par son aréa plus étroite; en outre,
le bord palléal du fossile est plus arqué que chez l’espèce vivante où il est presque rectiligne; les autres caractères (charnière, sinus, ornementation de la surface) sont absolument identiques, sauf les rides existant sur le crochet de T. pellicula-, aussi, bien que nous n’en connaissions qu’une seule valve droite, il n’y a aucune hésitation possible sur l’attribution généi'ique de cet échantillon.
C’est une conquête paléontologique d’une réelle importance, due aux patientes recherches de M. Degrange-Touzin, et elle nous fait souhaiter que l’on trouve désormais des représentants du même Genre dans le Miocène supérieur et dans le Pliocène, pour établir la filiation de Phyllocla jusqu’à l’époque actuelle.
Localité. — La Brède (La Salle), une valve droite (PL IX, fig. 10-11), coll. Degrange-Touzin. — Aquitanien.
ARCOPAGIA Leach in Brown, 1827.
(= Cydippe Leach, 1852, ex eod. typo).
Arcop. s. sir. — Taille assez grande; forme plus ou moins convexe, généralement ovale-arrondie, subéquilatérale, extérieurement ornée de lamelles on de sillons concentriques; dents cardinales : 3„ oblique, 3* bifide, 2 trianglaire et bifide, peu oblique, -4* mince et assez saillante, séparée du bord par un sillon obsolète; lamelles latérales : AI plus saillante et plus rapprochée que PI, quoique un peu confluente; A II et PII plus obsolètes, mais bien visibles néanmoins; nymphe longue,
Fig. 35. — Charnière de Arcopagia crassa Penn. Viv.
aplatie, non saillante. Impression du muscle antérieur allongée en massue et limitée par un épaississement rayonnant; impression du muscle postérieur très superficielle, subquadrangulaire en travers; sinus grand, ovale, ascendant et s’arrêtant à quelque distance de l’épaississement interne, non confluent avec la ligne palléale qu’il rejoint tout à fait en arrière. (G. -T. : T. crassa Pennant. Viv. et foss.).
La plupart des auteurs ont l’habitude de classer Arcopagia comme Sous- Genre de Tellina ; or nous pensons que la forme ascendante du sinus, qui n’est ni gibbeux ni confluent, constitue un critérium générique d’une réelle importance, permettant de caractériser Arcopagia au premier coup d’œil; ajoutons que la présence constante de 4a, l’inégalité des lamelles latérales, la disparition piesque complète du pli « tellinal », du côté postérieur où il n’y a ni rostre ni sinuosité du bord palléal, constituent encore de bons critériums distinctifs pour le G. Arcopagia.
Fischer a séparé Pseudarcopagia Bertin (1878) comme Section d'Arcopagia, à cause de sa forme obronde ; en examinant le génotype (T. dccussata Lamk.), nous observons que son sinus gibbeux et confluent et que son pli tellinal à l’arrière, rapprochent plutôt celte coquille de Tellina que à! Arcopagia-, d’ailleurs Pscudarcoj agia ne paraît pas exister à l’état fossile, du moins dans le Sud-Ouest où l’on rencontre deux espèces également treillissées, mais à sinus bien ascendant, ainsi qu’on le verra ci-après.
Le Genre Arcopagia est très ancien : il est bien caractérisé dans l’Eocène et l’Oligocène d’Europe, et on l’a même signalé à la partie supérieure du Crétacique, quoiqu’il reste encore à vérifier si la charnière et le sinus de ces représentants sont bien conformes à la diagnose typique. Les Genres crétaciques Arcopagella Meek et Lincaria Conrad ont été rapprochés d’Arcopagia par Fischer, mais il n’est pas certain que leurs affinités soient réelles.