‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 170 sur 350 · Timoclea ovata [Pennanl · texte numérisé non relu

Timoclea ovata [Pennanl

var. minorDollf. Daulz. PI. XIV, fig. 25-27.

1777. Venus ovata Pennant, B rit. Zool., IV, p. 97, pl. LVI, fig. 56.

1814. Venus racliata Brocchi, Conclu subap., II, p. 543, pl. XIV, fig. 3

{non Chemn).

1827. Timoclea ovata Brown. 111. Conclu Gr. Brit., pl. XIX. fig. II.

1841. Venus pectinula Lamk. in Delessert, pl. X, fig. 3.

1843. Venus ovata Desh. Traité élém. Conclu, I, pp. 556, 569, pl. XX,

fig. 17-18.

1843. Venus spadicea Nyst. Coq. Pol. Belg., p. 165, pl. XI, fig. 3 (Renier,

non Gmelin).

1844. Timoclea ovata Brown. 111. 2e édit., p. 91, pl. XXXVII, fig. 11.

1846. Venus pectinula Chemn. III. Conclu Venus, pl. VIII, fig. 7.

1852. Venus spadicea d'Orb. Prod., III, p. 106, 26 é t. , n° 1975.

1853. Cythera exilis d’Eichw. Letlu ross., p. 114, pl. V, fig. 20.

1862. Venus ovata Ilœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 139, pl. XV, fig. 12.

Mayer, Tert. Azoren, p. 20.

Tournouër. Fal. de Sos, p. 26.

Bouillé et Tourn. Pal. Biarritz, p. 8

Benoist. Tort. Gir., p. 3.

1886. Timoclea ovata Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 6.

1894. Tirnoclca ovata Deg. Touz. Et. prél. Orthez, p. 145.

1897. Venus radiata Raulin. Stat. géol. Landes, p. 279 ( non Chemu.j.

1900. Tirnoclca ovata Sacco. Loc. cit., XXVIII, p. 45, pl. X, fig. 29-33.

1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 18.

1903. — Berkeley Cotter. Moll. tert. Port., p. 41.

1906. — var. minor Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, pp. 207,

209, pl. XI, fig. 40-47.

Taille très petite; forme ovale-transverse, peu convexe, un peu inéquilatérale; côté antérieur court, arrondi; côté postérieur plus dilaté, pas nettement tronqué; boni palléal arqué, faisant un angle arrondi avec le contour anal ; crochets petits, peu saillants, presque opposés, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur à peu près également déclive de part et d’autre du crochet. Lunule étroite, lancéolée, non lisse, limitée par une strie; corselet indistinct; surface dorsale peu bombée ornée de costules rayonnantes et bifides vers les bords, crénelées — surtout à l’arrière — par des lamelles concentriques.

Charnière étroite : 1 épaisse, 3a plus étroite et parallèle, So oblique et faiblement bifide; 2a très allongée, 2& fortement bifide, \b saillante et confondue avec la nymphe; contour inférieur du plancher cardinal rectiligne. Impressions musculaires inégales et inéquidistantes ; sinus très court; bords crénelés sur tout le contour.

Dim. Diamètre antéro postérieur : 5 1/4 mil I . ; diamètre umbono-palléal : 4 mill.

Rapp. et diff. — Nos spécimens de Salles sont identiques à ceux de la Touraine que MM. Dollfus et Dautzenberg ont désignés sous le nom de var. ■minor. Ils sont assez élevés et non tronqués sur le contour postérieur ; ils diffèrent donc absolument, comme on vient de le voir, de T. subspadicea qui est trigone, tronqué et plus inéquilatéral. On se demandepourquoi ces deux auteurs n’ont pas repris le nom exilis Eichw., dès l'instant que la forme polonaise était citée par eux en synonymie, au lieu d’adopter un nom tel que minor qui peut avoir été préemployé'?

La série de spécimens fossiles de cette espèce que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) et provenant de : Païenne (Pleist.), Sudbourne et Anvers (Crag), Cannes et Sidi Moussa‘(Ast.), Biot et Bologne (Plais.), Pigeon-

Blanc (Redon.), Saint-Ariés (Mess.), Ponlevoy etColli Torinesi (Helv.), montre mieux qne toute comparaison de figures que T. ovata s’est poursuivi depuis l’Helvétien jusqu’à nos jours, avec des variations peu perceptibles.

Localités. — Salles (Largileyre), plésiotype (PI. XIV, fig. 25-27), coll. Bial-Neuville ; Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin ; rare; Saucats (La Sime), deux valves opposées de grande taille (16 mill.), coll. Benoist au M. H. N. B. — Uclvctien.

t70. Timoclea marginata [Hœrn.] PI. XIV, fig. 32-35.

1852. Venus marginata Hœrn. Verz. Tert. (Jahrb. K. K. Reichs), p. 233. 1862. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 138, pl. XV, fig. 11.

1894. Venus aff. marginata Degr.-Touz., Etude prél. Orthez, p. 414.

1900. Parvivenus marginata Sac. Loc. cit., XXVIII, p. 45, pl. X, fig. 25-28.

Test mince. Taille pelile; forme convexe, ovoïdo-subtrigone, inéquilatéraje ; côté antérieur court et arrondi; côté postérieur deux fois plus allongé, plus dilaté, non tronqué, ni anguleux à son extrémité anale; bord palléal régulièrement arqué et raccordé avec les contours latéraux; crochets petits, à peine gonflés et saillants, presque opposés, quoique prosogyres, situés aux deux septièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur très déclive et peu convexe en avant du crochet, séparé à l’extrémité de la lunule — par une petite entaille — du contour buccal; bord supéro-poslérieur assez convexe, puis légèrement arqué à sa jonction avec le contour anal. Lunule finement rayonnée, ovale, lancéolée, limitée par une rainure profondément gravée; corselet indistinct; surface dorsale assez bombée, vaguement déprimée sur la région anale, presque lisse au milieu et surtout vers les crochets, seulement marquée de quelques accroissements qui se transforment — sur les côtés — en lamelles décussées par des rayons très fins persistant seuls sur la lunule.

Charnière petite et très peu sinueuse sur sou contour inférieur; 1 formant un talon épais, à la face antérieure duquel est parallèle 3a très mince et courte; 3* épaisse, oblique, bifide; 2 a presque horizontale, mince et saillante; 24 oblique, épaisse.

Irigone et Îîificle ; 4b extrêmement mince, presque aussi allongée que la nymphe qui est courte et très étroite. Impressions musculaires bien gravées, inégales et inéquidistantes, assez enfoncées toutes deux sous le bord, de sorte que, pour apprécier leur largeur exacte, il faut relever le bord des valves; sinus particulièrement court et obtus ; impression palléale profondément imprimée sur le test, parallèle au bord qui est crénelé; les crénelures décroissent et se serrent sur les contours latéraux, puis elles reparaissent — presque aussi fortes que sur le bord palléal — aux abords des crochets.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 7 mill. ; diamètre umbonopalléal : 6 mill. (c’est exactement la moitié des dimensions indiquées par Hœrnes) ; épaisseur des deux valves réunies : 4 mill.

Rapp. et diff. — Cette espèce se distingue de T. ovata, non seulement par son ornementation effacée sur la région dorsale, mais surtout par sa forme plus courte et plus élevée, par ses crochets situés plus en avant, par son sinus encore plus court, par son contour cardinal un peu plus sinueux en arrière. Cependant tous ses caractères — et en particulier ceux de la charnière — la rapprochent complètement du G. Timoclca qui — de ce chef et de celui de la description de T. subspadicea — se trouvera désormais représenté en Europe par d’autres formes que par le génotype seul. Nous en connaissons d’ailleurs d’autres exotiques, notamment dans le Pliocène de Karikal, et une signalée par M. Dali. (Tert. Flor.) : Tapes grus Holmes, qui est peut-être synonyme de Vernis antillarum d’Orb. ou de V. pana Sow.

Les exemplaires du Piémont figurés par M. Sacco paraissent un peu moins arrondis que les nôtres et que les types du Bassin de Vienne; l’ornementation dorsale y est presque aussi effacée que celle des valves de la Sarmatie (coll. Cossmann) qui nous ont été envoyés par feu Sokolow. Néanmoins nous croyons qu’il s’agit de la même espèce qui n’a pas été signalée dans l'Helvétien de la Touraine.

Localités. — Orthez (Le Paren), plésiotypes (PL XIV, fîg. 32-35), coll. Cossmann; coll. Degrange-Touzin, coll. Bial de Bellerade; Sallespisse, coll. Cossmann; Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin, très commune en général. — llelvétien.

MERETRIX Lamk. 1799.

(= Cytherea Roissy, 1805, non Bollen 1798).

Coquille ovoïdo-trigone, peu épaisse, lisse, inéquilatérale ; crochets prosogyres, antérieurs ; lunule grande, vaguement limitée par une ligne superficielle : corselet lancéolé, formant nn rebord saillant que limite une dépression assez profonde, mais non limitée à l’extérieur. Charnière : 1 presque perpendiculaire en forme de massue, formant la bissectrice de. 3a et Sb> 3a assez mince et courte, 3b obliquement allongée et divisée vers

Fig. 64. — Charnière de Meretrix petechialis Lk. Viv.

sa naissance par une rainure qui s’efface avant l’extrémité; 2a perpendiculaire et sub-bifide, 2& oblique en forme de massue, très saillante, mince et aussi longue que la nymphe qui est guillochée par de petits sillons transverses et ondulés, prolongés jusque sur la surface externe de 4b> ainsi que sur l’une des parois de la fossette opposée, sur la valve droite; Ail assez écartée, trigone et saillante, logée dans une étroite fossette comprise entre AI très saillante et A III beaucoup plus petite; contour du plancher cardinal assez régulièrement excavé, presque sans sinuosités. Impressions musculaires inéquidislantes et inégales, la postérieure plus grande et plus transverse; sinus palléal réduit à une courte échancrure arquée et moins proéminente que l’impression du muscle postérieur. (G. -T. : Venus meretrix hin. Viv.).

Nous nous sommes longuement étendus sur cette diagnose, bien que Meretrix s. str. ne paraisse pas représentée en Europe, ni dans les mers actuelles, ni dans les terrains tertiaires, parce qu’il était essentiel de faire ressortir les motifs qui nous déterminent à admettre les autres subdivisions au rang de Sous-Genres distincts. Même M. Dali. (Tert. Fior., p. 1258) C. et P. 48

a séparé Meretrix comme un Genre caraclérisé par son sinus court et par les sillons transverses de sa nymphe; mais cette séparation nous parait excessive, la charnière ne présentant pas de différences fondamentales avec celles des groupes ci-après, comme on s’en convaincra d’après l’inspection de nos croquis.

S. -G. Cal lista Poli, 1791. — Forme ovale, plus ou moins allongée clans le sens Iransverse; surface lisse ou sillonnée, souvent marquée à l'arrière par de légères rides rayonnantes et onduleuses; lunule courte et limitée par une slrie ; corselet indistinct. Charnière : 1 et 3a parallèles, extrêmement rap-

Fig. 65. — Charnière de Callisla chione Lk. Viv.

prochées et saillantes, Sb presque horizontale et très voisine du bord, profondément bifide à sa naissance; 2a extrêmement mince, 2b épaisse et très oblique, 4b mince et beaucoup plus courte que la nymphe le long de laquelle elle forme une crête, peu saillante; Ali très rapprochée et très proéminente, AI et A III beaucoup moins élevées; contour inférieur du plateau cardinal souvent bisinueux; nymphe lisse et très longue. Sinus palléal assez grand, pointu à son extrémité qui s’avance presque jusqu’à la moitié de la longueur des valves, souvent obliquement tronqué sur son contour supérieur. Ligne palléale très écartée du bord auquel elle est parallèle. (G. -T. : Venus chione Linné. Viv.).

En comparant cette diagnose et surtout la figure de la charnière à celle de Meretrix, on constate : que 1 est plus rapproché de 3«, elles sont parallèles au lieu de diverger; que 36 est plus courte, que 2 a et 26 sont beaucoup plus inégales; que 4 6 est plus petite; que la nymphe est plus longue, moins large et dépourvue de guillochages ; enfin le sinus est très différent et plus long. Callista est donc un ^ous-Genre — et non pas une Section — de Meretrix.

M. Dali (Tert. Flor., p. 1251) a interprété ce groupe d’une tout autre manière et il l’a admis comme un Genre distinct, mais en rejetant Callista,

sous le prétexte que Poli avait une nomenclature quadrinominale : or tout le monde sait que cet auteur donnait un nom à la coquille et y ajoutait la désinence derma pour désigner l’animal, de sorte que Callista fait — en quelque sorte — un double emploi générique avec Callistodcrma, et qu’il n’y a lieu de tenir compte que du premier comme l’a fait Morcli en 1853, ainsi que Rœmer en 1857. Nous ne pouvons donc suivre M. Dali qui, pour remplacer Callista, a admis Macrocallista Meek (G. -T. : Venus nimbosa Sol. == V. gigantea Gm.) et une Section Chionella Cossm. (G. -T. : Cytherea ovalina Lamk., de l’Eocène parisien); cette dernière tombe en synonymie avec Callista s. str., ainsi qu’il résulte de la propre diagnose de M. Cossmann (1886), et il ne reste plus qu’à décider si Macrocallista, coquille très allongée et très inéquilalérale, doit être distingué comme Section de Callista dont la forme est plus ovale et dont les crochets sont un peu moins antérieurs. La réponse à cette question est très simple : notre M. erycinoides Lamk. est — comme on le verra ci-après — d’une forme intermédiaire entre M. gigantea et M. chione, et on peut la rattacher génériquement aussi bien à l’un qu’à l’autre de ces deux génotypes ; la charnière — dont l’inclinaison dépend évidemment de l’allongement que prennent les valves — ne varie que suivant la forme de celles-ci, tout en conservant les mêmes caractères essentiels : ce sont là des critériums purement spécifiques. Nous en concluons qu’il est impossible de distinguer Macrocallista comme Section du Sous-Genre Callista.

Ce Sous-Genre apparaît dès la base de l’Eocène, peut-être à la partie supérieure du Crétacique, sauf vérification de la charnière; on le rencontre à tous les niveaux stratigraphiques jusqu’à l’époque actuelle, avec une surface tantôt lisse, tantôt sillonne'e; mais le passage du groupe allongé au groupe ovale se fait plus graduellement dans les terrains néogéniques que dans l’Eocène et l’Oligocène où la coupure est plus nette; peut-être est-ce un exemple de convergence?

En ce qui concerne Amiantis Carp. (G. -T. : Cyth. callosa Conr.), nous n’apercevons guère de différences avec Callista ; ce serait tout au plus une Section, caractérisée par la forme de son sinus, non représentée d’ailleurs en Europe.

S. -G. Pitaria Rœmer, 1857 ( Pilar ) em. in Dali, 1900 [= Canjatis Rœmer, 1862, won Hübner], — Coquille ovale-trigone, épaisse, convexe, lisse ou concentriquement sillonnée, généralement anguleuse du côté anal ; lunule grande, cordiforme, limitée par une strie superficielle ; corselet indistinct; charnière bien développée, à contour inférieur sinueux : 1 épaisse, séparée de 3„ par une fente très étroite, tandis que 3* obtusément bifide

s’écarte très obliquement en arrière; 2a très mince et perpendiculaire, 2(, épaisse et faiblement bifide; horizontale, mince et

Gr D

ria tumens Gmel. Viv.

contiguë à la nymphe cjui est deux fois plus longue, aplatie, séparée du corselet par une profonde rainure adjacente à un gradin anguleux; Ail pyramidale et très saillante, AI et A 1I[ peu développées de part et d’autre de la fossette qui reçoit AU; impressions musculaires inéquidistanles et inégales, la postérieure grande et circulaire; sinus ovale, ascendant, dont l’extrémité aiguë atteint la moitié de la longueur des valves. (G. -T. : Venus lumens Gm. Viv.).

D’après la diagnose ci-dessus, on voit que la séparation de Pitaria est tout à fait justifiée, non seulement par la forme de la coquille, mais surtout par la charnière dont il est superflu de faire ressortir les différences.

Ce Sous-Genre est largement représenté dans l’Eocène et l’Oligocène par un certain nombre d’espèces qui ont la plus grande analogie avec V. tumens; on le retrouve ensuite dans le Miocène et le Pliocène, de sorte que sa phylogénie s’établit très régulièrement jusqu’à l’époque actuelle.

M. Jukes-Browne (1908. Cret. and eocene Vencridæ, p. 155) en a séparé Calpitaria comme Sous-Genre distinct, simplement représenté dans l’Eocène (G -T. : Cyth. sulcataria Desh.); nous croyons que c’est tout au plus une Section de Pitaria, qui se relie à Callista par sa charnière, mais dont la forme est beaucoup plus voisine de celle de V. tumens.

D’autre part, le S. -Genre Aphrodina a été créé par Conrad (1868) pour Meretriæ tippana Conr., du Crétacé d’Amérique, et M. Jukes-Browne ( l . cit., p. 157) signale que ce S. -G. se retrouve aussi dans l’Eocène du Bassin de Paris (G. -T. : Cyth. nitidula Lamk.); mais il ne paraît pas avoir atteint l'Oligocène. Quant à Tivela, nous le rapprochons plutôt de Grateloupia, comme on le verra ci-après.

Enfin les S. -Genres Dione Gray, Lioconcha Môrch, Transennella Dali, n’ont pas été signalés dans le Tertiaire d’Europe; nous n’avons trouvé dans l’Aquitaine aucune forme qui s’en rapproche, et par conséquent, nous nous bornons ici à les mentionner sans nous y arrêter.

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■ Charnière de Cordiopsis incrassata Sow. Foss.

S. -G. Cordiopsis Cossm., 1909. — Forme globuleuse, subtrigone à l’état népionique, plus ovale ou même très élevée à l’état gérontique, ressemblant à un « cœur » quand les deux valves sont réunies; crochets gonflés, antérieurs; lunule peu marquée, corselet caréné ; surface irrégulièrement striée par les accroissements, non munie d’une dépression postérieure. Charnière puissante : 1 très

épaisse, trigone; 3a min- ( ^

ce, parallèle à la face antérieure de 1 ; presque orthogonale avec 30j FlG‘ 67‘ épaisse et largement bifide; 2a très mince, perpendiculaire; 2Ô épaisse, non bifide; 46 formant une crête mince et élevée le long de la nymphe qui est deux fois plus allongée, largement aplatie et séparée du corselet par une rainure; dentelon AU très petit et peu saillant, quoique nettement isolé de 2a; la fossette qui le reçoit, sur la valve opposée, s’oblitère avec l’âge, et les deux protubérances A I et A III qui encadrent cette fossette deviennent alors invisibles, de sorte que la valve droite ressemble complètement à celle d’une Venus. Sinus peu profond, ascendant, arrondi à son extrémité; commissure des valves lisse (G. -T. : Venus incrassata Sow. = Cytherea in Desh. Olig.).

Les espèces néogéniques de ce groupe ont été classées par M. Sacco (I Moll. terz. Piem., XXVIII, p. 20) dans le S. -Genre Amiantis Carp., peutêtre sur la foi des indications de la « Révision sommaire de l'Oligocène » par M. Cossmann (1891) qui corrigeait, à cette occasion, un premier classement de Crjtli. incrassata dans le S. -Genre Caryatis (Cat. ill. 1886). Or le génotype A Amiantis est Cijth. callosa Conr. qui — ainsi que nous avons pu le vérifier sur un spécimen du Pleistocène de Californie (coll. Cossmann) — est une espèce très voisine de Callista, sans la moindre analogie avec Cyth. incrassata.

Cordiopsis se rattache évidemment à Mcretrix par sa forme, par sa surface lîsse, sans corselet caréné, et surtout par son dentelon A II qui est toujours isolé de 2«, au lieu de se relier à cette cardinale, comme cela a lieu chez certaines Chione qui en sont pourvues; donc, malgré l’apparence vénériforme des individus gérontiquês, nous préférons placer Cordiopsis comme Sous-Genre de Merelrix, à la suite de Pitaria dont il se distingue par la

disposition de ses cardinales, par la forme de son sinus, par son galbe beaucoup plus cordiforme, et par l'effacement de AI, A III. D’autre part, il nous semble impossible de le rapprocher de Dosinia qui est un Genre bien distinct par sa forme orbiculaire et aplatie, ainsi que par son sinus étroit et pointu, par sa lunule creuse, par sa surface sillonnée, etc.

La première apparition de Cordiopsis est dans l’Oligocène, car les espèces éocéniques du groupe de Cyth. globulosa Desh., que l’on rapprochait autrefois de Cyth. incrassata , sont en réalité des Pitaria-, le génotype s’est ensuite successivement transformé et fortement développé dans l’Aquitanien, le Burdigalien, le Miocène et le Pliocène, en atteignant une taille géante et un galbe de plus en plus vénériforme, de sorte que la plupart des auteurs ont désigné ces mutations sous le nom générique Venus. M. Sacco ( loc . cit., p. 23) indique, à l’époque actuelle, Dione alabastrum Reeve et Venus albida Gmelin, comme pouvant se rapporter au même groupe; mais ce rapprochement demande une confirmation plus précise.

D’autre part, Sinodia a été proposé par M. Jukes-Broxvne (1908, loc. cit., p. 152) pour une espèce actuelle ( Dosinia trigona Reeve) qui a beaucoup d’analogie avec Cyth. incrassata ; l’auteur rapporte même ce fossile à son Sous-Genre ; mais le diagramme qu’il donne (pl. VI, fig. 2) de la charnière de C. incrassata — diagramme d’ailleurs exactement conforme à la réalité — ne ressemble guère à la fig. 1 (p. 132) phototypée d’après la valve droite Sinodia trigona : le

Charnière de Sinodia trigona Reeve. Viv.

contour du plateau cardinal est beaucoup plus échancré et sinueux chez C. incrassata qui, Pis- 68.

à la même taille, possède une dent 3& moins écartée et une fossette beaucoup plus profonde pour recevoir AII, avec deux protubérances AI, A III qu’on n’observe pas au même degré chez Sinodia, ainsi que nous avons pu le vérifier sur de bons spécimens adultes de cette espèce (col I . Dautzenberg). L’ontogénie polymorphe de Cordiopsis, son aspect cordiforme à tout âge, son sinus moins développé, plus étroit, indiquent avec certitude qu’on ne peut le confondre avec Sinodia dès l’instant qu’on ne s’appuie pas exclusivement sur le critérium unique de la charnière pour la classification des Sous-Genres. C’est pourquoi nous admettons Sinodia comme Section distincte de Cordiopsis, dont elle est le représentant dégénéré à l’époque actuelle.

S. -G. Tivelina. Cossm. 1886 (1). « Coquille ovale, com-

(1) Défini en 1908 par M. Jukes-Browne (Proc. mal. Soc. vol. VIII, n. 3, p. 160. pl. VI, Hg. GJ à qui nous empruntons sa diagnose en la traduisant presque textuelle ment entre guillemets.

primée, dilatée en avant, atténuée en arrière, portant souvent — sur la région anale — un pli ou une dépression rayonnante et superficielle, qui produit une légère sinuosité sur le bord ventral ; surface lisse ou finement striée par les accroissements; crochets petits; lunule longue, lancéolée et limitée par une ligne burinée dans le test, mais jamais déprimée, et quelquefois son aire est gibbeuse. Plateau cardinal étroit et peu développé, allongé antérieurement et atténué postérieurement, de sorte que l’aréa cardinale est courte; les dents ressemblent à celles de Callista, mais elles sont petites et faibles : sur la valve gauche, il y a trois (.lents cardinales divergentes, celle du milieu (2& ) épaisse, et une dent latérale antérieure, épaisse et proéminente; sur

la valve droite, la Fig. 69. — Charnière de Tivelina tellinaria Lk. Eoc.

postérieure (3j, ) est faiblement rainurée, tandis que la médiane (1) et l’antérieure (3a ) sont courtes et presque parallèles ; en avant, il y a deux étroites lamelles latérales antérieures bordant une fossette profonde et étroitement allongée; le sinus palléal est toujours court et arrondi ». (G. -T. : Ct/lherca tellinaria Lamk. Eoc.).

Ce groupe n’avait pas été clairement défini par l’auteur, ni dans le Manuel de Fischer qui l’a rapproché de Tivela, tandis que M. Jukes-Browne fait remarquer ajuste tittre qu’il est bien plus voisin de Callista par sa charnière que de Tivela par sa forme extérieure. Nous pensons néanmoins qu’il mérite d’être conservé comme Sous-Genre distinct, dans le grand Genre Meretrix, à cause de sa faible charnière et de son court sinus, ainsi que pour ses crochets peu saillants, sa nymphe étroite, sa lunule peu distincte, son corselet particulièrement court. Il y a des Pitaria qui ont presque la même forme, avec une dépression anale et une sinuosité correspondante sur le bord palléal ; mais on les distingue immédiatement de Tivelina par leur galbe plus convexe, par leurs crochets saillants et gonflés et surtout par leur charnière et leur sinus. Aussi préférons-nous l’opinion de M. Jukes Browne à celle de M. Dali qui (Tert. Flor., p. 1264) a rattaché Tivelina au Genre Pitaria qu’il sépare complètement de Meretrix ; Tivelina doit donc être placé, par rapport à Meretrix, sur le même rang de subdivision que Callista, Pitaria et Cordiopsis.

Ce Sous-Genre apparaît dès l'Eocène inférieur; 'dans l’Oligocène, M. dcpressa Desh., doit appartenir au même groupe, quoique M. Jukes-Browne (loc. cit., p. ICO, pl. VI, fig. 7) ait choisi cette espèce comme génotype d’un autre Sous-Genre Meretrissa, à cause de quelques petites différences dans la charnière. Or les espèces aquitanienne et burdigalienne que nous rapportons au Sous-Genre Tivelina, parcequ’elles en ont exactement la charnière, doivent probablement se relier à celles de l’Eocène par l’intermédiaire de formes oligocéniques, telles que Cyth. dcpressa et C. stampinensis Desh.; par conséquent, l’utilité de la Section Meretrissa ne se fait guère sentir, d’autant plus qu’il s’agit d’exemplaires de très petite taille d’après l’indication de Jukes-Browne, tandis que nos valves adultes atteignant un diamètre antéro-postérieur de 15 mill. — ont complètement la charnière de Tivelina, avec 3& parfaitement bifide.

On n’a pas signalé, jusqu’à présent, de Tivelina dans le .Miocène supérieur, ni dans le Pliocène, ni enfin à l’époque actuelle : on est donc fondé à conclure que ce Sous-Genre s’est éteint dans le Burdigalien.

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