Sunetta ( Solanclerina ) Aturi [Mayer]. PI. XVIII
fig. 23-25.
1858. Meroe Aturi Mayer Journ. Conch., VII, p. 87, pl. IV, fig. 8.
1886. — Benoist, Ml-de-M. (P.-V. S. L. B., t. XL), p. xlix.
Test un peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme ovale, peu convexe, presque symétrique; côté antérieur plus
court, arrondi et un peu plus atténué que le côté postérieur qui n’est pas tronqué; bord palléal régulièrement arqué ; crochets petits, peu saillants, prosogvres, situés aux deux cinquièmes environ de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire déclive, presque rectiligne; bord supéro-posléricur légèrement arqué et relevé en arrière du crochet, vaguement anguleux à sa jonction avec la courbe du contour anal. Lunule creuse, lisse, très étroite et lancéolée, limitée à l’extérieur par une strie peu profonde; corselet très excavé, limité par une carène aiguë, séparé du ligament par une petite arête contiguë à une rainure profonde; surface entièrement lisse et brillante, peu bombée, à peine déprimée en arrière jusqu’à l’angle du corselet.
Charnière étroite, à contour inférieur un peu arqué jusqu’à la saillie postérieure qui correspond à l’enfoncement du corselet : 1 verticale, un peu plus épaisse que 3rt qui lui est juxtapo- ^ w sée et parallèle, quoi- Fig-77que plus courte; 36 bifide, longue et voisine de la nymphe; 2a très petite et très voisine de 2^ qui est beaucoup plus épaisse ; A contiguë à la nymphe étroite et peu saillante; Ali longue et mince, reçue dans une fossette profonde entre A 1 très épaisse et A III minuscule.
Impressions musculaires inégales, inéquidistantes, l’antérieure ovale, la postérieure circulaire; sinus très court et large, subtronqué à son extrémité; ligne palléale plus écartée en avant qu’en arrière du bord finement crénelé; les crénelures sont plus grossières sur le contour anal.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 18 mil!. 1/2; diamètre umbono-palléal : 15 mill.
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■ Charnière de Solanderina Aluri Mayer. Foss.
Rapp. et diff. — Cette intéressante espèce ressemble beaucoup à S. polita Lk., de l’Eocène supérieur des environs de Paris; mais, outre que ses bords crénelés la distinguent aussitôt des formes éocéniques qui ont les bords lisses, on remarque que S. Aturi est plus transverse, plus symétrique, moins élevée, avec un corselet encore plus enfoncé que celui de l’espèce parisienne; de même, S. trigonula Desh. est plus trigone et plus
haute; les autres espèces éocéniques sont sillonnées ou demi-sillonnées.
Dans l’Helvétien du Piémont, S. oblita Michelotti, est plus ovale et les. deux parties du bord cardinal forment un angle plus ouvert. Nous en connaissons aussi une espèce de forme semblable, mais à bords lisses, dans le Miocène de Victoria : S. gibberula Tate (coll. Cossmann); et une autre inédite, très inéquilatérale, à bords également lisses, dans le Pliocène de Karikal (coll. Ronnet).
Localité. — Saint-Avit, plésiotypes (PI. XVIII, fig. 23-25), coll. Cossmann, coll. Peyrot, commun; Lucbardez (cantine de Bargues), Corbieu (Moulin de Carreau), coll. Degra'nge-Touzin. — Aqultanlen.
GRATELOUPIA des Moulins, 1828 (em.){ 1).
Grateloupia s. stricto. — Coquille sublrigone, transverse, lisse; côlé postérieur atténué; lunule enfoncée; corselet aplati, assez bien défini; surface lisse ou plissée par les accroissements; charnière cardinale de Meretrix, avec 4a en plus et avec quelques lamelles accessoires (2), alignées en arrière sur la nymphe
Fig. 78. — Charnière de Grateloupia irregvlaris Bast. Foss.
et engrenant plus ou moins exactement d’une valve à l’autre; lamelles latérales antérieures, plus une lamelle postérieure sur la valve droite; sinus palléal très profond; commissure des valves lisse (G. -T. : G. donaciformis des Moul. = Donax irregu laris Bast. Mioc.).
La comparaison des diagnoses suffit, à première vue, pour distinguer Grateloupia des Meretrix les plus trigones, non seulement par ses productions dentiformes supplémentaires plus ou moins constantes, en arrière
(1) Poliez et Michaud ont orthographié Gratelupia ; l’application correcte des règles de nomenclature zoologique exige qu’on écrive Grateloupia ( Vide Herrmanssen).
(2) Ces lamelles ont été désignées par des Moulins sous le nom « dents cardinisériales», mais ce ne sont pas des dents au sens strict de ce mol; il n’y a même souvent que des rugosités qui n’engrènent pas d’une valve à l’autre.
de 3i et de 4 b, mais par sa lamelle latérale postérieure sur la valve droite, ainsi que par son sinus très profond.
Grateloupia est représenté en Europe dans le Miocène de l’Aquitaine, du Piémont et du Bassin de Vienne; mais on trouve déjà dans l’Eocène de l'Alabama une forme très voisine, Cytherea hydana Conrad, que cet auteur a ultérieurement (1865) désignée sous le nom générique Cytheriopsis, préemployé par Mac Coy en 1849 ( Cythcropsis ), de sorte que M. Dali (Tert. Flor., p. 1239, note infrapaginale) a proposé de le remplacer par :
Sect. Cratclonpina Dali (1902). Forme trigone; lamelles accessoires réduites à quelques rugosités crépues sur la nymphe; Al très écartée des cardinales dont les branches antérieures sont tellement confondues avec
Fig. 79. — Charnière de Grateloupina hydana Conr. Eoc.
le bord qu’on pourrait les assimiler à des lamelles latérales supplémentaires; sinus court et arrondi (G. -T. : Cytherea hydana Conr.).
Outre le génotype du Claibornien, M. Dali a décrit et figuré une seconde espèce de Cytheriopsis plus haute et plus arrondie, provenant de l’Àquitanien (Olig.) de la Floride.
Tivela Link, 1807 (— Trigona Mégerle, 1811). — Forme trigone ; charnière de Meretrix ou de Grateloupia sans àa, mais avec des rugosités
nymphales ; Fischer signale, en plus, des lamelles
Fig. 80. — Charnière de Tivela mactroides Born. Viv.
prélatérale et postlatérale, complètement marginales qui ne sont pas de véritables dents et qui représentent plutôt l’engrènement du bord des valves; sinus palléal large, court et arrondi. (G. -T. : Venus mactroides Born. Viv.).
Par sa charnière à productions dentiformes accessoires, ce S. -Genre se rattache, non pas h Meretrix, mais à Grateloupia, dont il se distingue très nettement par la brièveté de son sinus, par l’absence de 4 a et de P I, par son galbe tout à fait trigone, etc. Il est représenté, dès l’Aquitanien, non seulement en Europe par une espèce bien caractérisée, mais encore à la Jamaïque {fidc Dali, l. c., p. 1244) par une espèce : Tivela jamaicensis Dali,
puis dans le Pléistocène de la Californie, par une espèce encore vivante ( Donax strictorum Maine) que M. Dali place dans la Section Pachydesma Conrad, à cause de son périostracum vernissé; cet auteur y rattache, en outre, la Section Eutivela Dali (1891), caractérisée par ses bords crénelés et par son test mince; mais elle n’est connue qu’à l'état vivant (E. perplexa Stearns).
Aucune mention du S. -G. Tivela ne paraît encore avoir été faite dans les terrains miocéniques moyen et supérieur, ni dans le Pliocène, de sorte que la phylogénie de Grateloupia fossile à Tivela vivant présente encore quelques lacunes qu’il serait intéressant de combler.