‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 195 sur 350 · Venerupis irus [ Linné]. PI. XIX, fig · texte numérisé non relu

Venerupis irus [ Linné]. PI. XIX, fig

1766. Donax irus Linné. Syst. Nat. (éd. 12), p. 1128.

1818. Venerupis irus Lk. An. sans vert., V, p. 507.

Des Moul. Explic., carte géol. III, p. 118.

Grat. Cat. Gironde, p. 67.

Hôrn. Tert. Beck.Wien, II, p. 110, pl.X.fig. 7 a-d.

Benoist. Cat. Saucats, p. 35, n° 68.

1893. Venerupis irus Bucq. Dollf. Dautz. Moll. Roussillon, II, j>. 438,

pl. LXV1I, fig. 9 à 18.

1900. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVIII, p. 59, pl. XIV.

fig. 3-6.

1903-1904. — Dollf. Cott. Gom. Moll. Tert. Port , pl. XVIII, fig. 7.

1908. — Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 166, pl. XI,

fig 13-18.

Test assez mince. Taille petite; forme variable en raison des habitudes cavicoles de l’animal, mais le plus souvent subquadrangulaire, transverse, très inéquilatérale et un peu inéquivalve : côté antérieur arrondi et beaucoup plus court que le postérieur qui est fortement tronqué; bord palléal presque rectiligne et parallèle au bord dorsal, se raccordant en courbe avec le bord buccal arrondi et par un angle presque droit avec le bord anal qui est rectiligne. Crochets prosogyres, assez saillants, contigus, situés au cinquième de la longueur, du côté antérieur. Lunule allongée, mal limitée par un faible sillon ; corselet indistinct sur la valve droite, bien limité au contraire sur la valve gauche, par un angle assez vif; il est étroit, allongé, strié dans le sens de sa longueur. Surface dorsale peu bombée, avec une carène émoussée allant du sommet à la troncature anale, ornée de lamelles concentriques, saillantes, régulièrement espacées, devenant conlluentes en avant sur le corselet et beaucoup plus saillantes sur le côté anal; entre les lamelles on voit de fines stries concentriques et des stries rayonnantes qui persistent sur la face supérieure des lamelles.

Charnière : 1 perpendiculaire, assez forte, bifide; 3a plus courte et plus mince, très oblique, ainsi que 3;, qui est à peu près aussi forte que 1 et bifide; 2a oblique, forte, saillante; 2/, bifide au sommet, 4/, très oblique, rudimentaire, en partie soudée à la nymphe; pas de lamelles latérales.

Impressions musculaires peu apparentes, impression palléale assez écartée du bord qui est lisse; sinus large, ascendant, anguleux au sommet, n’atteignant pas l’aplomb du crochet.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 11 mill.; diamètre umbono-palléal : 6 mill., mesurés sur des valves non déformées.

Rapp. et diff. — Malgré la variabilité de la forme des valves on reconnaît cette espèce à sa charnière très concentrée et à son ornementation constante. Il ne nous paraît donc pas possible de séparer les spécimens aquitaniens et burdigaliens des échantillons de la Méditerranée. Bien que Venerupis Irus soit mentionnée dans l'Helvétien de la Touraine, du Piémont, du Portugal etc, on ne l’a pas encore rencontrée dans celui de l’Aquitaine. C’est la seule Venerupis à signaler dans le Néogène du Sud-Ouest; car malgré l’analogie de leur galbe et de leur ornementation, Venerupis decussata Ben. et Venerupis Faujasi Bast. — dont la charnière est très différente — appartiennent à d’autres Genres. On ne peut donc confondre Venerupis Irus avec aucune des autres espèces de nos faluns, si, ce n’est avec de jeunes Chione de l’Aquitanien, ornées comme elle de lamelles saillantes espacées, mais qu’on reconnaît toujours à leurs bords crénelés. On la trouve le plus habituellement dans les polypiers ou dans les galets, où elle habitait en se déformant suivant la place dont les valves pouvaient disposer dans leur croissance.

Localités. — Mérignac (Baour), plésiotypes (PI. XIX, fig. 1-6), coll. Degrange-Touzin ; coll. Peyrot, exemplaire valvé, coll. Benoist au M. H. N. B. (1); Mérignac (Piganeau), coll. Neuville; Saucats (Lariey), coll. Degrange-Touzin, assez rare. — Aquitanien.

Saucats (Min de l’Eglise), Dax (St-Paul), coll. Degrange-Touzin, assez rare. — Burdigalien.

Fam. PETRICOLIDÆ d’Orb. 1837.

Animal perforant, cavicole. Coquille ovale, souvent déformée, un peu bâillante en arrière; charnière bidentée sur chaque valve, sans lamelles latérales; ligament externe; sinus palléal grand et profond; bords des valves lisses.

Cette Famille a été l'objet d’une révision toute récente de la part de M. Jukes Browne ( Proceed . malac. Soc. of London, vol. IX, 1910, p. 214) qui y a fait entrer Lucinopsis et qui a défini très exactement chacun des Genres dont elle se compose. Cet auteur — dont nous avons déjà eu à citer fréquemment les écrits, à propos des Veneridæ — aboutit dans ses conclusions à la division suivante de la Fam. Petricolidæ :

(1) Nous supprimerons désormais l'indication <■ au M. II. N. B. », il restera entendu que la collection Benoist est déposée au Muséum d’Histoire Naturelle de Bordeaux.

G. Petricola (Sect. Nàranio et Rupellaria), S. -G. Petricolaria.

G. Lajonkairea.

G. Lucinopsis, S. -G. Veneritapes.

G. Coopéré lia.

Nous n’admettons cette classification que sous trois réserves : l'une relative à Petricolaria qui, n’ayant pas de plateau cardinal, ne peut être rattaché comme sous-Genre à Petricola qui possède une charnière portée par un plateau seulement un peu entaillé sur son contour inférieur, de sorte que Petricolaria est un G. bien distinct, si même il n’appartient pas à une autre Famille; Veneritapes Cossm., de l’Eocène des environs de Paris, n’est pas une coquille cavicole, et quoique sa charnière ressemble complètement à celle de Lucinopsis d’après l’étude de M. Jukes Browne, sa forme et son sinus l’écartent totalement des Pelricolidæ, de sorte que c’est un Genre à ramener près des Tapes, dans la Fam. Veneridæ; enfin Lajonkairea ne représente, à notre avis, qu’une subdivision sous-générique de Lucinopsis, puisque — comme le reconnaît lui-même cet auteur — les caractères internes sont identiques.

En résumé, trois de ces cinq Genres, sont représentés dans le Néogène de l’Aquitaine : Petricola, Lucinopsis, Petricolaria; Veneritapes est localisé dans le Lutécien des environs de Paris, Cooperella Carpenter, est une coquille des côtes occidentales de l’Amérique du Nord.

PETRICOLA Lamk. 1801.

Coquille mince, de forme très variable et irrégulière par suite de l’habitat; côté antérieur court, côté postérieur atténué; pas de lunule définie; sinus palléal profond, ascendant; languette palléale très courte; bord des valves lisse.

Petricola s, sir. (= Naranio Gray 1853). — Charnière : 1, 3;, contiguë à la nymphe, 2rt) 2/,, contiguë à la nymphe. (G. -T. : Venus lapicidà Chemn. Viv.).

Sect. Rupellaria Fleuriau de Bellevue, 1802. — La charnière diffère par la disparition presque complète de G

la branche 2a (G. -T. : Petricola lithophaga Lamk.

Viv.).

Fig. 82. — Petricola lithophaga Lk. Viv.

Fischer a réuni Rupellaria à Petricola, comme synonyme postérieur fondé sur le môme type, Petricola lithophaga étant la première espèce

citée par Lamark dans son Genre Petricola. Au contraire, MM. Dali et Jukes Browne, admettant à priori la distinction à faire entre Rupellaria et Petricola, ont appliqué la règle d’élimination pour le choix des types, de sorte que le génotype de Petricola devient la seconde espèce citée par Lamarck, c’est-à-dire Venus lapicida.

Toute la question est donc ramenée à ce seul point : convient-il réellement de distinguer Rupellaria comme Section de Petricola, par ce seul motif que 2 a est complètement atrophiée contre le bord lunulaire? Il n’y a en effet pas d’autre différence entre les deux coquilles, et d'autre part, si l’animal de Rupellaria lithopluiija a été complètement étudié, celui de Venus lapicida est inconnu. Nous sommes d'avis que, dans ces conditions, on peut provisoirement accepter la distinction faite et n’y renoncer que s’il est ultérieurement prouvé que les animaux des deux groupes se ressemblent.

En ce qui concerne Naranio Gray, qui est précisément fondé sur Venus lapicida Ch., comme génotype, l'arrangement préconisé par MM. Dali et Jukes Browne a pour conséquence de le faire tomber en synonymie complète de Petricola ; il est vrai que Fischer — qui a conservé le Genre Naranio distinct du G. Petricola — a indiqué N. divaricata Ch. comme génotype; mais cette coquille ne diffère de l'autre que par son ornementation formée de stries divergentes, croisées, ce qui ne suffit pas pour justifier la séparation dont il s'agit.

Enfin le génotype de Choristodon Jonas (1844) est Cli. tgpicum Jonas, dont la valve droite porte deux dents soudées au plateau cardinal par un cartilage; il est possible que ce soit une fracture accidentelle, aussi les auteurs précités ont ils compris Choristodon dans la synonymie de Rupellaria. Nous n’avons pas à discuter cette question, attendu que le seul représentant du G. Petricola — qui ait été signalé dans nos terrains — est une coquille voisine de P. lithophaga, c’est-à-dire un Rupellaria s. str. Cette espèce est jusqu'à présent, la plus ancienne qu’on connaisse dans le Terliaire, les autres Pétricoles éocéniques étant des Coralliopliages. On peut donc en conclure que Petricola ( Rupellaria ) n’apparait qu’à dater de l’étage Aquitanien.

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