Lucinopsis ( Lajonkairia ) rupestris [Brocchi
PI. XIX, fig. II, p. 20 et 50.
1814. Venus rupestris Br. Conch. sub., II, p. 559, pl. XIV, fig. 1 (ex p.).
1820. Petricola rupestris Sow. Gen. of shells, n° 15,
1831. — Dub. Conch. Volh., p. 53.
1848. — Desh. Traité élém. Conch., I, p. 493.
1852. — d’Orb. Prod. III, p. 181, 26e et., n° 1951,
1873. Venerupis decussata Benoist. Cat. Saucats, p. 35, n» 66.
1900. Lajonkaircia rupestris Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVIII, p. 51,
pl. XI, fig. 21.
1909. — — Dollfus Essai, ét. Aquit., p. 41, n° 48.
an var rfeeussata Philippi?
1836. Venerupis decussata Phil. Enum. Moll. Sic., I, p. 22, pl. III, fig. 5.
1844. — Phil. Ibid., T. II, p. 20.
1848. — Desh. Explor. Algérie, pl. LXVI, fig. 10-13.
1859. — Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 108, pl. X,
fig. 4-5.
1886. — Dollf. Dautz. Et. prélim. Tour., p. 5.
1901. Lucinopsis (Lajonkaircia) Lajonkairei Dollf. Dautz. Nouv. liste
Péléc., p. 15.
1906. — — — Dollf. Dautz. Conch. Mioc.
Loire, p. 170, pl. XI, fig, 19-24.
Test assez épais. Taille moyenne; forme variable en raison des mœurs cavicoles de l’animal, parfois transverse, mais le plus souvent subrhomboïdale, close, équivalve, inéquilatérale;
côté antérieur ovale-arrondi, plus court et plus atténué que le côté postérieur qui est tronqué presque orthogonalement; bord palléal plus ou moins rectiligne et parallèle au bord cardinal, se raccordant par une courbure régulière avec le bord buccal arrondi, et par un angle plus ou moins obtus avec la troncature du bord anal ; crochets un peu gonflés, prosogyres, pointus, mais faibles, presque terminaux sur certains échantillons, jamais situés au-delà du tiers antérieur des valves; bord supérieur déclive en avant — souvent horizontal et peu arqué en arrière — du crochet. Pas de lunule ni de corselet; surface externe peu convexe et même légèrement déprimée en arrière, ornée de nombreuses costules rayonnantes, étroites, saillantes, rapprochées, un peu onduleuses, interrompues par des plis irréguliers qui marquent les arrêts d’accroissement du test; les costules deviennent granuleuses vers le bord palléal ou les plis sont plus rapprochés, et dans la région anale où les plis sont confluents.
Plateau cardinal assez étroit, un peu échancré sous le crochet : 1 saillante, mince, quoique un peu triédrique; 3 b plus longue, séparée de 1 par une large fossette, divergente et un peu bifide; 3a atrophiée, représentée seulement par un léger épaississement du bord cardinal en avant du crochet; 2a obsolète, visible seulement sur les jeunes exemplaires; 2& très large, forte, tricuspide et entaillée sur sa face inférieure, encadrée de deux échancrures vis-à-vis les fossettes de 1 et 3/,; 4 b mince, allongée contre la nymphe qui est étroite, longue, saillante, séparée du bord cardinal par une large et profonde aire ligamentaire.
Impressions musculaires grandes, mais superficielles, l’antérieure ovale, allongée en hauteur, très basse et très rapprochée du bord, la postérieure plus arrondie, placée plus haut près du bord cardinal; sinus palléal très large, triangulaire, aigu à son extrémité, à contours rectilignes, s’avançant jusqu’au milieu de la valve; ligne palléale très courte entre le contour antérieur du sinus et l’adducteur buccal, non parallèle au bord qui n’est pas crénelé.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 14 mill.; diamètre umbonopalléal : 9 mill.; épaisseur des deux, valves réunies : 5 mill. (éch. transverses). — Diamètre antéro-postérieur : 15 mill.; diamètre umbono-palléal : 11 mill. (éch. subrhomboïdal).
Rapp. et diff. — Ainsi que l'ont fait remarquer MM. Dollfus et Dautzenberg, dans leur Monographie du Miocène du Bassin de la Loire, l’espèce dont il s’agit est extrêmement variable ; mais doit-on en conclure que les diverses formes nommées : substriata Montg., clecussata Phil , Lajonhairei Payr., appartiennent au même mollusque que Venus rupcstris Br., créé pour la mutation pliocénique de l’Italie ; et que comme l’ont écrit ces auteurs (p. 172) on puisse aligner une série de spécimens graduellement intermédiaires entre la forme typique et quadrangulaire, décrite par Brocchi, et la forme courte et arrondie, presque aussi haute (pie large, qui représente Vencrupis Lajonhairei Payr., et surtout la variété decussata à laquelle se rapportent plutôt les échantillons de la Touraine? Les matériaux nous manquent pour résoudre cette question générale, et nous avons dû nous borner à ce qui concerne l’Aquitaine et la Touraine. Or, lorsqu’on cherche à classer de la même manière les spécimens de Lucinopsis des divers gisements de l'Aquitaine, on observe immédiatement qu’ils se répartissent en deux groupes bien tranchés : ceux de l’Aquitanien ou du Burdigalien inférieur que nous venons de décrire ci-dessus et qui ressemblent à L. rupestris du Pliocène; ceux du Burdigalien et de l’Helvétien qui ont, au contraire, exactement le galbe des spécimens actuels de la Méditerranée. Dans ces conditions, puisque les mutations peuvent se distinguer sans difficulté dans nos terrains du Sud-Ouest, nous n’avons aucun motif pour les réunir, et l’on trouvera ci-après la diagnose de Lucinopsis Lajonhairei avec l’indication des gisements où il se rencontre.
En ce qui concerne L. rupestris, il nous suffira d’insister sur l’épaisseur du test de nos échantillons, sur la forme triédrique de 1, sur l’échancrure profonde du plateau cardinal, sur la grosseur relative des costules rayonnantes qui ornent la surface externe, sur la forme très aiguë du sinus : ce sont-là les critériums qui caractérisent tout spécialement nos valves aquitaniennes
D'autre part, les spécimens de la Touraine (coll. Peyrot) sont identiques à ceux de l’Aquitanien et du Burdigalien inf1' (Baour sup1-), mais ils sont différents de ceux de Salles et aussi de ceux de Cestas que nous avons minutieusement comparés avec eux. Il y a donc bien deux espèces, dont l une comprenant les provenances de ,’Aquitanien et de la Touraine, quoique ressemblant à L. rupestris nous parait en différer un peu : taille toujours moindre, forme plus inéquilatérale, sinus plus arrondi (bien que
sa forme soit variable dans nos spécimens), moins profond. Il nous semble d’après les figures, que les échantillons du Bassin de Vienne présentent les mêmes petites différences; c’est ce qui avait conduit Benoist, Hürnes et Mayer, à adopter le nom postérieur decussata Philippi; en tous cas, le nom spécifique le plus ancien rupéstris convient à notre espèce, et s’il y a lieu d’y admettre une variété, on pourrait appliquer à cette variété le nom decussata pour les trois provenances (Touraine, Aquitaine et Vienne) qui ne peuvent être séparées; Mayer et Hornes les ont comparés eux aussi et les ont réunies.
Localités. — Saucats (Lariey), plésiotypes (PI. XIX, fig. 15-16, et 50), coll. Degrange-Touzin. St-Avit, forme très transverse (fig. 17-20), qoll. Desbayes à l’Ecole des Mines. Villandraut (Gamachot), forme trapézoïdale (fig. 11-14), coll. Bial-Neuville. Cabanac (Pouquet\ St-Médard, Balizac, Martillac, St-Côme, St-Morillon (le Plantât), coll. Degrange-Touzin; assez rare partout. — Aquitanieii.