‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 204 sur 350 · Pisidium saucatsense Benoist in cnil · texte numérisé non relu

Pisidium saucatsense Benoist in cnil

PI. XIX, fig. 44-45.

Taille petite; forme ovoïdo-lrigone, convexe, inéquilatérale; côté antérieur ovale, environ deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est plus largement arrondi; bord palléal régulièrement arqué, se raccordant par des courbes inégales avec les contours latéraux ; crochets gonflés, obtus, situés au tiers de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur déclive de part et d’autre du crochet, surtout du côté anal. Surface bombée, paraissant lisse, marquée seulement de quelques arrêts dans l’accroissement.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 4 m i 1 1 . ; diamètre umbonopalléal : 3,5 mill.

Rapp. et diff. — Hœrnes et Sandberger ont tous deux reproduit une espèce d’Eichwald (P. priscum ) provenant du Miocène moyen ou supérieur de l’Europe centrale ; i! nous semble, d’après ces figures, que notre

coquille aquitanienne est moins inéquilatérale et moins haute, ce qui pourrait — à la rigueur — justifier la séparation proposée par Benoist. Mais on ne sera en mesure de bien caractériser P. saucatsense que lorsqu’on aura pu en étudier la charnière.

Localité. — Saucats (Route du Son), cotypes fixés sur des parallélipipèdes de marne grise (PI. XIX, fig. 44-45), coll. Benoist. — Aquitanïeii.

Fam. ARCTICIDÆ Cossm. 1910, nom. mut.

(= Cyprinidæ Pictet, 1855, non Bonaparte, 1831, Pis ces ;

= Pleurophoridæ Dali, 1900, ex parte).

Coquille équivalve, inéquilatérale, de forme ovale, plus ou moins gonflée; crochets prosogyres; lamelles latérales antérieures non constantes; dent cardinale 1 plus ou moins visible; lamelle postérieure écartée, toujours assez saillante; ligament externe, porté sur une nymphe aplatie; ligne palléale entière; commissure des valves lisse.

Il y a longtemps que l’on avait signalé le double emploi du nom Cyprinidæ avec une Famille de poissons; Stoliczka, en 1874, a proposé de le remplacer par Glossidæ, mais ce nom s’applique aux formes telles que Glossus qui appartiennent à un Cénacle très différent, et il ne peut convenir aux vrais Cyprinidæ, pas plus que le terme lsocardiidæ dont il est d’ailleurs le synonyme. Pour corriger le double emploi en question, M. Dali a proposé (1900, Textbook of Pal. by Zittel, Engl, ed.) le nom Pleurophoridæ qui désigne principalement le Genre dévonien-rhétien Pleurophorus dont l’homotaxie est encore très douteuse (l) et qui est d'ailleurs préemployé ; on ne peut réellement pas appliquer Pleurophoridæ aux Cyprines tertiaires et actuelles! C’est pourquoi nous donnons à cette Famille un nom nouveau Arcticidæ qui rappelle Artica Schum., synonyme de Cyprina. Nous y classons d’ailleurs des coquilles plus spécialisées encore que les Vencridæ parce qu’elles ont en plus une lamelle latérale postérieure ; on les en distingue en outre par l'absence de sinus, mais quand les exemplaires sont valvés, il est facile de les confondre avec des Venus.

Nous n’avons à examiner ici que l’un des deux Genres ( Cyprina , Pygocardia) qui composent cette Famille; la plupart des autres Genres que Fischer y a placés appartiennent à la Famille Cypricardiidæ .

(1) Fischer le classe dans les Carditidæ. malgré sa lamelle latérale postérieure.

CYPRINA Lamk. 1812.

(= Cijclas Brug. ex parle, inschem. sec. Link 1807, non Ci/clas [Klein] Lamk. 1799; = Arctica Sclium. 1817).

Coquille vénériforme, assez convexe; crochets prosogyres; pas de lunule; corselet déprimé, non limité. Charnière puissante : 1 se compose d’une arête mince et perpendiculaire, séparée par une profonde fossette de 3a qui est plus haute et plus diverg'ente en avant; 3;, très écartée forme la limite d’une aire assez large et plus profonde, comprise entre elle et 1 ; A 1 et A 111 peu saillantes, non parallèles, A I sous 3a,

A III le long du bord lunulaire; P I saillante et longue dans le prolongement de la nymphe plate et large; 2a très forte et perpendiculaire, séparée, par une large fossette peu profonde, de 2b qui forme un faible rendement large et obtus; 4 b forme une longue arête le long de la nymphe; A II composée d'une crête courte, saillante et crénelée; P 11 très obsolète. Impressions musculaires bien gravées, ovales, quoique peu régulières, inéquidistantes; pas de sinus; bords lisses. (G. -T. ; Venus islandica Linn. Viv.).

L’adoption du nom Cyclas à la place de Cyprina a été préconisée, en 1903, par M. Dali (Tert. Flor., part. V, p. 1500) qui avait déjà précédemment (1900) proposé d’y substituer Arctica Schum. (1817), sous le prétexte que Cyprina ne pouvait être adopté; il y a bien, en effet, une dénomination antérieure ( Cyprinus L.) s'appliquant au poisson Cyprin, mais ce nom masculin ne fait pas double emploi avec le nom de la déesse Cyprine. Quant à Cyclas , on ne peut le ressusciter puisque Lamarck l’avait repris dans Klein (1753) pour l’appliquer à C. cornca qui est un Spliærimn Scopoli 1776, et qui est précisément l’une des coquilles figurées sur les deux planches de Cyclas par Bruguière sans aucun texte à l’appui. Lorsqu 'en 1807 Link, dans un simple catalogue dont l’édition entière a été brûlée, a attribué le nom Cyclas à la première des espèces figurées par Bruguière, en la désignant comme Venus islandi'ca, il a commis une autre erreur, car cette première espèce est une grande Cyrône à crochets corrodés, et Bruguière n’avait certainement pas compris dans son Genre Cyclas cette espèce marine avec les cinq autres espèces qui sont toutes des Cyrenidæ : il faut réellement torturer la nomenclature pour aboutir à une telle conclusion. La seule solution raisonnable consiste donc à éliminer définitivement Cyclas et à conserver Cyprina.

Ce Genre est représenté très probablement dès le système Crétacique, et en tous cas, avec certitude dans l’Eocène inférieur (C. scutellaria Lk ); on le suit dans l’Oligocène (C. pcrovalis v. Kœn.), puis dans l’Aquitanien de Ligurie; l’espèce ci-après décrite forme la transition avec C. islandica qui apparait déjà dans le Pliocène.

Fischer a admis, comme Genre distinct, Pygocardia Mun. Chalm. 1887, qui se distingue — non seulement par sa forme beaucoup plus gibbeuse — mais encore par ses lamelles latérales postérieures qui se prolongent jusque dans la cavité umbonale en passant au-dessous du plateau cardinal. Le génotype est C. tumida Nvst., du Crag d’Anvers; mais ce Genre ne descend pas au-dessous de ce niveau.

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