‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 220 sur 350 · Cardium (Ringicardium) Darwini Mayer · texte numérisé non relu

Cardium (Ringicardium) Darwini Mayer

PL XXI, fig. 26-27.

1852. C. hians Raulin, Note terr. tert. Aquit., p. 412 (non Br.).

1865. Darwini Mayer. Journ. Conch., XIV, p. 69 (pars).

Test fragile. Taille grande; forme très convexe, ovoïdotransverse, c’est-à-dire un peu plus large que haute, fortement bâillante du côté postérieur, presque équilatérale; côté antérieur arrondi, un peu plus atténué que le côté postérieur qui n’est pas tronqué, mais seulement dénivelé pour le passage du byssus; bord palléal régulièrement arqué; crochet très gonflé, faiblement prosogyré, situé à peu près au milieu de la

largeur de la valve; lunule étroite et lisse, très enfoncée; surface dorsale très bombée au milieu, également déprimée sur les régions latérales; quinze à dix-huit côtes rayonnantes, très écartées au milieu, [dus rapprochées vers les bords, penchées en gradins subimbriqués du côté anal; les intervalles sont larges et lisses; quant aux côtes minces et saillantes, elles sont armées de barbelures tubuleuses, assez serrées, médiocrement saillantes sur la région médiane, imbriquées en écailles triangulaires sur la région buccale, épineuses et pointues sur les gradins de la région anale; les bords des valves sont déchiquetés par les saillies — épineuses et rainurées à l’intérieur — que forment les extrémités de ces côtes.

Charnière peu épaisse pour la taille de la coquille : 3;, qui forme un mince talon sous le crochet dans le plan de la face inférieure du bord cardinal; 3a presque aussi saillante, mais située plus haut, la fossette qui les sépare s'étendant audessous de 3„; AI et A III minces et très longues, séparées par une profonde rainure; P I courte et triangulaire, P III peu distincte à la suite de la nymphe qui forme une saillie rhomboïdale sur le bord supérieur; les lamelles latérales antérieures sont deux fois plus écartées du crochet que les lamelles postérieures; bord antéro-supérieur déclive et peu courbé, bord supéro-postérieur excavé et relevé.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 70 mill.; diamètre umbonopalléal : 63 mill.

Rapp. et diff. — Il résulte de la synonymie indiquée par Mayer et des commentaires dont il accompagne la description sans figure de son fossile : 1° que le nom Darwini s’applique à l'espèce vivante des côtes d’Algérie, qui — d'après lui — serait différente de C. hians du Pliocène; 2» que le véritable C. hians se trouve à Salles, mais que, dans le Burdigalien et dans le Tortonien du Sud-Ouest (St-Jean-de-Marsacq, Saubrigues), c'est la forme vivante que l’on recueille, c’est-à-dire son C. Darwini.

Or il y a là une double erreur causée par le mauvais état de conservation des fragments que Mayer avait entre les mains : d’abord tous les conchyliologistes — et en particulier Weinkàuff — ont affirmé l’identité de C. hians foss. et de l’espèce vivant sur les côtes d’Algéiie; en second

[ieu, ainsi que nous venons de le démontrer pour l’espèce précédente, eè n’est pas C. Mans , mais la mut. recta qui se trouve à Salles.

Dans ces conditions, C. Darwini devrait, à la rigueur, être considéré comme synonyme de C. I dans . Mais, d’autre part, il faut tenir compte de ce que la description de Mayer signale entr’autres la différence réelle des côtes du Cardiam qu'il décrit sous le nom Darwini avec celles de C. Mans, différences qui existent bien en effet entre notre C. rectum de Salles et le Cardium de Léognan dont la diagnose est ci-dessus; il faut aussi tenir compte de ce que Mayer ,n'a pas pu juger la question en toute connaissance de cause, d’après des fragments. Aussi, éliminant de ses deux erreurs celle qui consiste à assimiler le fossile de Léognan à l’espèce vivante, nous nous croyons en droit d'appliquer le nom Darwini au fossile de Léognan qu’il avait en vue quand il a écrit sa diagnose.

Comparé à C. Mans Br. (exempl. de Monte-Mario, coll. Cossmann), C. Darwini s’en distingue — au premier coup d'œil — par sa forme beaucoup moins bâillante, plus équilatérale, par son côté postérieur moins tronqué et moins rectiligne, par ses côtes un peu moins nombreuses, plus anguleuses, plus écartées, par ses denticulations plus proéminentes sur le contour palléal et moins obliques sur l’ouverture byssale, avec des rainures internes beaucoup plus étroites; mais les charnières des deux espèces sont identiques.

D’autre part, d'après les figures de Hœrnes et d’après les indications de Mayer, C. Danubianum (= C. Mans Hœrn. non Br.) se distingue de la forme bordelaise par son galbe plus ventru, moins transverse, par son bâillement moindre, par ses côtes plus épaisses, plus nombreuses, moins anguleuses, plus rapprochées, séparées par des intervalles bipartites, formant des dentelures moins saillantes et plus étroitement rainurées sur le contour des valves.

Localités. — Léognan (Coquillat), plésiotype (PI. XXI, fig. 26-27), coll. de Sacy. Dax, Saucats (fuie Mayei). — Burdigalien.

Page 1