Cardium ( Ringicardïum) Kunstleri nov. sp
Pl. XXI, fig. 28.
1873. Cardium Darwini Fisch. et Tourn. Invert. M* Lêberon, p. 145,
pl. XX, fig. 9 (Salles), ( non Mayer).
Taille géante; forme transverse, un tiers plus longue que haute; valves fortes fortement bâillantes en arrière, très convexes, très inéquilatérales; côté antérieur ovale, presque moitié plus court que le côté postérieur qui est plus dilaté, plutôt
dénivelé que tronqué sur son contour anal ; ]>ord palléal largement arqué, raccordé par des courbes inégales avec les contours latéraux; crochets très gonflés, opposés, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord antéro-supérieur arrondi; bord supéro-postérieur excavé jusqu’à l’angle de jonction avec le contour échancré du bâillement anal. Lunule et corselet indistincts; surface dorsale très bombée au milieu, excavée sur la région anale, sauf sur le bord de l'échancrure où elle se relève un peu; quatorze ou quinze côtes très minces et très écartées sur la région antéromédiane, couchées et largement imbriquées sur la région anale, armées de barbelures ou crochets tubulés et peu proéminents, qui se transforment sur les côtes anales en épines assez saillantes; bords des valves médiocrement festonnés par les côtes, eu égard à la grande taille de la coquille.
Charnière relativement peu épaisse, usée et peu distincte sur le type figuré.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 105 mill, ; diamètre umbono-palléal : 80 mill.; épaisseur d’une valve 80 mill.
Rapp. et diff. — Il est impossible de confondre cette belle coquille — quand on la possède intacte — soit avec la mut. recta de C. hians, soit avec C. Darwini ; elle se distingue des deux par le moindre nombre de ses côtes encore plus écartées en avant, surtout par sa forme transverse, inéquilatérale et exagérément bâillante; l’état de la charnière ne nous a pas permis d’en tirer aucun critérium différenciel, mais il nous semble que les autres caractères suffisent pour justifier l’établissement d’une nouvelle espèce absolument distincte, qui aurait même été isolée depuis longtemps si l’on n'avait disposé jusqu’ici que de fragments dont l’identification n’est pas toujours aisée.
En ce qui concerne la dénomination à attribuer à cette espèce qui a été figurée — d après une bonne valve de la même localité — sous le nom C. Darwini par Fischer et Tournouër, ce que nous venons d’expliquer cidessus à propos de la délimitation de cette dernière espèce — qui doit être restreinte aux provenances burdigaliennes — nous dispensera d’insister ici sur l’impossibilité de conserver ce nom à la coquille de Salles; dès l’instant qu’on interprète la pensée de Mayer en appliquant Darwini à la coquille de Léognan qu’il avait en vue et qu’il confondait à tort avec C. hians. vivant, il ne peut être question de suivre Fischer et Tournouër
dans leur interprétation inexacte de l'espèce de Mayer; aussi, bien qu’ils aient figuré C. Darwini pour la première fois, c’est un nom nouveau qu’il faut donner à la coquille représentée par leur figure, et c’est pourquoi nous avons choisi le nom de l’airnable directeur du Musée de Bordeaux puisqu’il nous a permis de rectifier une grosse erreur, en nous communiquant le type de Benoist (qui commettait d'ailleurs la même confusion, ainsi qu’il résulte de l’étiquette de la collection).
Localité. — Salles (Largileyre), néotype (PL XXI, fig. 28), coll. Benoist; des fragments dans diverses collections. — llelvétien.