Pseudolepton irregulare nov. sp
PI. XXV, fig. 50-53; et PI. XXVIII, fig. 92-93.
Test peu épais. Taille petite; forme irrégulière, subquadrangulaire en moyenne, inégalement convexe, tantôt la valve droite, tantôt la valve gauche, à contours très inéquilatéraux; côté antérieur atténué, toujours plus court que le côté postérieur qui est plus largement dilaté et généralement arqué; hord palléal invariablement rectiligne, se raccordant par des arcs inégaux avec les contours anal et buccal, ce dernier sur-
tout subanguleux; crochets obtus, peu proéminents, prosogyres, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu arqué, déclive en avant du crochet, rectiligne et horizontal en arrière. Surface dorsale aplatie au milieu, non déprimée à l'arrière, terne, marquée de stries d’accroissement irrégulières ou même cariées par places, et en outre — sous un très fort grossissement — de stries rayonnantes ou divergentes qui ne s’accentuent pas vers les extrémités.
Charnière assez épaisse en général, mais peu étendue en longueur : 1 formée d’une tige mince et perpendiculaire sous le crochet, séparée par une petite fossette de 3a qui est microscopique et confondue avec le bord supérieur; fossette ligamentaire très enfoncée, bien bordée sur son contour inférieur, s’allongeant obliquement sous le bord cardinal qui porte une longue lamelle P I, nymphoïde et peu proéminente; 2 et 4;, très petites, divergentes; P 11 étroite et peu saillante sur le bord cardinal, immédiatement au-dessus de la fossette ligamentaire. Impressions internes pen distinctes, bords lisses.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 7 mil!.; diamètre umbonopalléal : 4 mil 1.
Rapp. et diff. — Cette espèce — dont nous avons pu étudier un grand nombre de valves — possède bien la charnière typique de Pseudolepton, de sorte que notre première pensée a été de la rapprocher de P. insigne dont elle pouvait être, à la rigueur, une déformation anormale, déviée par l 'habitat ; cependant nous avons dù renoncer à cette hypothèse pour plusieurs motifs : d'abord P. irregulare a invariablement le côté antérieur plus court et plus atténué que le côté postérieur, tandis que c’est toujours l’inverse chez P. insigne et aussi chez P. granuligerum ; en outre, le bord palléal est ici toujours rectiligne, même à l’état népionique, tandis que les jeunes P. insigne ont le bord arqué, et que chez P. granuligerum, il est arqué à tout âge; enfin, au lieu des stries divariquées qui ornent la surface de P. insigne, ou des granulations dont est couverte celle de P. granuligerum, nous n’observons ici que des traces de stries rayonnantes, non constantes, moins visibles sur les bords. De cette comparaison, il nous semble résulter que P. irregulare doit être considéré — non comme une race accidentellement distincte des deux autres Pseudolepton de l’Aqui-
taine — mais comme une espèce à caractères différentiels persistants sur tous les individus du seul gisement où elle a été recueillie jusqu'à présent. D’autre part, on peut se demander si cette coquille n’est pas une variété déformée de K. Hœrnesi dont nous n’avons jamais vu qu’une valve gauche, dans l’Aquitaine; mais il suffit de comparer les charnières des valves gauches de P. irregulare pour se convaincre qu’un tel rapprochement est inadmissible : ces denx coquilles n’appartiennent évidemment pas au même Genre !
Localité. — Léognan (Thibaudeau), cotypes (PI. XXV, fig. 50-53 et PI. XXVIII, fig. 92-93), coll. Degrange-Touzin ; une vingtaine de valves environ. — Burdigalien.
GALEOMMATIDÆ Gray, 1840 (ern. in Dali, 1899).
Coquille en partie interne, les bords du manteau se réfléchissant sur le test; valves minces, non nacrées, bâillantes; charnière dépourvue de lamelles latérales, dents cardinales plus ou moins développées; ligament interne, logé dans une fossette peu visible et presque médiane; ligne palléale non sinueuse.
Gray avait orthographié Galeommidæ; M. Dali a rectifié avec raison cette dénomination, d’après l’étymologie grecque, et il a restreint la Famille aux coquilles qui ont seulement un résilium interne, avec une fossette — souvent peu développée — pour le recevoir; cet auteur a reporté, dans une Famille que nous retrouverons plus loin, les Genres qui sont munis d’une nymphe pour le ligament externe, et que Fischer a rapprochés à tort des Galeommatidæ .
En ce qui concerne les fossiles — chez lesquels on ne peut vérifier si le manteau s'étendait sur la surface de la coquille — le critérium le plus certain pour distinguer les Genres de cette Famille des Kellyidés ou même de certains Leptonidæ, consiste dans l'absence complète de lamelles latérales; car le bâillement des valves n’est pas toujours facile à observer.
A l’instar de M. Dali, nous y admettons Galeomma Turton (coquille bâillante et édentée dont nous ne connaissons pas de représentant dans l’Aquitaine) et Spaniorinns (= Scintilla) ; nous n'avons pas de documents sur Ephippodonta Tate, ni sur Vasconiella Dali, classés dans la même Famille par ce dernier auteur. Libratula Pease, est indiqué par M. Dali comme un Sous -Genre seulement de Galeomma auquel se rattacherait peut-être aussi, à cause de ses valves très bâillantes, la coquille éocénique, rare et fragile, connue sous le nom Passya Desh.
SPANIORINUS Dali, 1900.
(= Scintilla Cossm. 1887, non Desh. ; = Scinlillula Cerulli-Irelli, 1909).
Coquille oblongue-transverse, plus ou moins équilatérale, à surface lisse ou faiblement striée; charnière dépourvue de lamelles latérales, bien échancrée pour le résilium en arrière de F unique dent 1
sur la valve droite
et de la dent 2 sur ' 1 i i
la valve gauche, p!G. 144. — Spaniorinus burdigalensis Cossm. Burd.
où l’on distingue
souvent une protubérance 4/, plus ou moins rudimentaire; bord cardinal épais et arrondi de part et d’autre de l’échancrure; aucune trace de nymphe; impressions musculaires palmulées, symétriques; bords lisses (G. -T. : Scintilla Cossmanni Dali. Mioc. de Virginie).
C’est à ce Genre bien défini qu’il y a lieu de rapporter la plupart des fossiles tertiaires, soit de l’Eocène, soit du Néogène d’Europe, qui ont été désignées à tort sous le nom Scintilla : on a vu ci- dessus que la forme typique et vivante de Scintilla est à classer dans les Leptonidæ, attendu qu’elle possède des lamelles antérieures et même postérieures, tandis que les fossiles dont il s’agit sont caractérisés par leur bord épaissi — il est vrai — mais absolument dépourvu de lamelles s’emboîtant d'une valve sur l’autre; ils ressemblent identiquement, comme forme et comme charnière à la figure 27 de la PI. XLV, dessinée à la chambre claire par M. Dali et représentant les deux valves de Spaniorinus Cossmanni , fossile du Miocène de Péteisbourg (Etats-Unis). Toutefois l'auteur a omis d'indiquer l’existence de 4 1>, en arrière de 2 sous le crochet ; mais cette protubérance rudimentaire n'est pas absolument constante, et il se peut qu’elle soit totalement atrophiée chez le type de Spaniorinus; ailleurs, elle se développe un peu plus, et cette circonstance a motivé la création de la Section Scinlillula Cerulli-Irelli, pour les espèces chez lesquelles 4 b est plus visible ; nous ne pensons pas que l’on puisse admettre cette Section attendu qu’on trouve graduellement tous les passages d’un groupe à l'autre.
Spaniorinus est abondamment représenté depuis l'Eocène jusqu’à l’époque actuelle.
En ce qui concerne Scintillorbis Dali (1899), dont le génotype est S. cris -
pata Fischer, l'auteur le définit comme pourvu d'un ligament externe, orné de rayons, mince, orbiculaire comme Lepton, et avec une charnière composée de deux dents sur la valve gauche, une seule sur la valve droite, en arrière du résilium, ce serait alors une lamelle latérale? En tous cas, cette coquille ne ressemble à rien de ce que nous avons vu dans notre Miocène.
Ces éliminations faites, il reste, dans l’Aquitaine, plusieurs espèces voisines de Spaniorinus , non seulement par leur forme orbiculaire et inéquilatérale, mais surtout par leur plateau cardinal n’existant qu’en avant et par leur fossette ligamentaire étroite et nettement J imitée au fond de la cavité umbonale, comme chez certainsKellyidés; l'absence complète de lamelles latérales ne permet pas de les laisser dans le Genre Lasæa ; la protubérance marquée de 4 b répond à ce qu’indique M. Cerulli- Irelli pour sa Section Scintillula, mais nous avons vérifié — sur les spécimens de Monte-Mario envoyés par cet auteur à l’un de nous (coll. Cossmann) — que le galbe de ces Scintillula est identique à celui de Spaniorinus, tandis que nos fausses Lasæa sont très différentes. C’est pourquoi nous leur conservons le nom Lasæina Cossm. 1910, qui était manuscrit sur toutes nos étiquettes, depuis plusieurs années déjà. Cette Section a vécu de l’Aquitanien à l’Helvétien; son existence dans l’Eocène nous parait encore douteuse (G. -T. : Lasæa saucatsensis Cossm. Burd.).
S. -G. Aligena H. Lea (184-5). Coquille convexe, inéquilatérale, ornée de lamelles concentriques à l'état adulte; charnière réduite à 1, 2 écartée et une petite protubérance 4 1, qui est dans le prolongement de 2; fossette du résilium cachée sous le bord dans la Fig. lie. — AUcavité umbonale; impression de l’adducteur pos- Coûtes Cossm. térieur située très bas; bords lisses (G. -T. : A. el 1 i . Aqi. striata Lea = Amphidesma æquata Conr. Mioc. des Etats- Unis).
Quoique M. Dali ait admis Aligena comme un G. distinct, qu'il a même rapprochée de Montacuta, malgré sa charnière éminemment différente, nous ne pouvons partager cette opinion : Aligena se rattache intimement à Spaniorinus et il n’en diffère que par sa forme globuleuse, ses lamelles concentriques, sa fossette cachée sous le bord qui est d'ailleurs plus mince, comme chez Lasæina. La position qu’occupe 4 b, dans le prolongement
Fig. 115. — Lasæina saucatsensis Cossm, Burd.
de 2, explique comment il n’en est pas fait mention dans la trop courte diagnose de M. Dali. Néanmoins, ces différences n'atteignant pas la constitution même de la cliarniè: e, nous ne leur attribuons qu’une valeur sousgénérique.
Une seule espèce dans l’Aquitanien d’Europe, mais Aligena est représenté, dans l’Aquitanien et le Miocène moyen ou supérieur des Etats- Unis, par quatre espèces; une cinquième espèce ( Montacuta elevata Stimpson) pléistocénique et actuelle, est rapportée au même Genre par M. Dali, qui signale la présence d’un lithodesme dans la fossette.