Miltha (Eomiltha) Chainei (1) nov. sp
PL XXVIII, fig. 43-15.
Test peu épais. Taille petite; forme orbiculaire, peu convexe, inéquilatérale, coté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est faiblement tronqué : bord palléal peu arqué, raccordé par une courbe régulière avec le bord buccal, et par un angle arrondi avec la troncature anale; bord cardinal déclive de part et d’autre du crochet; crochets peu gonllés, saillants, prosogyres, placés un peu en arrière de la ligne médiane; lunule allongée, peu creusée, dissymétrique, plus longue et plus large sur la valve gauche, limitée par un angle saillant; corselet réduit sur la valve droite à une carène tranchante, légèrement élargi à son extrémité postérieure sur la valve gauche; surface dorsale médiocrement bombée, dépri-
(1) Dédiée à M. Chaine, conservateur adjoint au Musée d’I Iisloire Nat. de Bordeaux.
mée sur les régions buccale et anale, couverte de lamelles foliacées, légèrement crépues, assez rapprochées et se serrant davantage sur les côtés de la coquille.
Charnière anguleuse, assez large : 3a atrophiée, 3;, oblique, triédrique, non bifide, 3a courte, mais assez forte, appliquée contre le bord lunulaire, 'i& très oblique et peu saillante, ligament inséré dans une cavité longue et assez étroite. Impression du muscle postérieur ovalaire; digitation du muscle antérieur assez large, ue s’avançant pas tout à fait jusqu’à l’aplomb du crochet et non parallèle à l’impression palléale; celle-ci est large et finement frangée.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 11 mill.; diamètre umbonopalléal : 10,5 mill.
Rapp. et diff. — Beaucoup plus petite que M. multilamellata , plus transverse, ornée de lamelles plus espacées et plus saillantes; elle se trouve d'ailleurs à un niveau plus élevé. On ne peut pas non plus la confondre avec M. Bellardiana dont elle a un peu le galbe, mais dont elle diffère par l’ornementation plus grossière de sa surface extérieure, et surtout par sa charnière qui la place dans un autre groupe. Enfin, son galbe et sa charnière sans lamelles latérales la distinguent facilement de Phacoides borealis ornée comme elle de lamelles concentriques, et dont on trouvera plus loin la description.
Localités — Saubrigues, cotypes (PI. XXVIII, fig. 13-15), coll. Degrange-Touzin, une paire de valves. Saint-Jean-de-Marsacq, Bélus (Rollon), même coll. — Tortoiiien.
Peyrehorade (Peyrère), deux valves plus petites, même coll. — Ilelvélien.
MYRTE A. Turton, 1822.
(= Orhjgia Brown, 1827; == Ci/rnchæa Leaeh, 1847).
Coquille ovale-transverse, généralement déprimée, à surface plus ou moins ornée; lunule lancéolée, creuse, plus large sur la valve gauche que sur la valve droite; corselet caréné, généralement épineux; une seule dent 3 sans
Fig. 129. — Myrteâ spinifera Monlg. Plioc.
branche antérieure; 2 et 4&; AI et PI proéminentes; A II et P II à peine indiquées; aire ligamentaire étroite et rainurée vers le corselet; digitation du muscle antérieur courte et coudée (G. -T. : Venus spinifera Montagu. Viv.).
Dans l’évolution graduelle de la charnière des Lucinidæ, l'apparition des lamelles latérales chez L. spinifera constitue un critérium générique qui différencie nettement Myrtea des groupes précédents et particulièrement de Miltha ou d 'Eomiltha; c’est qu’en effet les lamelles latérales ont plus de constance, dans un même groupe de cette Famille, que les dents cardinales qui sont sujettes à s’atrophier dans un même Genre. D’autre part, le — ligament quoique peu apparent et assez profondément inséré dans une rainure sur le corselet — n’est pas interne comme chez Loripes, ni découvert par la disparition du bord dorsal, comme chez Pseudomiltha. Le coude que présente généralement la digitation du muscle antérieur, chez ce génotype, est un critérium dont nous n’avons pu vérifier encore la constance chez d’autres espèces; mais il est à remarquer que la digitation varie peu dans un même groupe, c’est ce qui nous a décidé à indiquer le critérium sectionnel pour la diagnose de Miltha s. str. Enfin la largeur plus grande de la lunule sur la valve gauche est un critérium qu'on observe aussi chez certains Chione.
D’après les travaux de M. Sacco et de M. Dali, il y aurait à distinguer deux Sections, qui ne paraissent pas représentées dans le Néogène de l’Aquitaine :
Se.ct. MyrteopsLs Sacco, 1901. — Forme plus haute; dents faibles ou obsolètes, surface lisse (G. -T. ; M. taurolævis Sacco
llelv.).
Dans l’état de conservation où est le génotype de cette Section, la séparation en est des plus douteuses : l'usure a pu faire disparaître l’ornementation, et d’autre part la forme élevée des valves se retrouve aussi chez certaines variétés helvétiennes de M. spinifera; comme l’étude des dents cardinales est généralement difficile chez les spécimens de Colli Torinesi où la glauconie atrophie accidentellement presque tous les caractères internes des valves, cette Section nous paraît peu caractérisée.
Sect. Enlopia Dali, 1901. — Surface dorsale ornée d'une sculpture rayonnante et vermiculée entre les lamelles; valve ordinairement de petite taille (G. -T. : Lucina sagrinata Dali,
Viv-)-
L’auteur n'a pas fait figurer de vues internes des valves des deux espèces aquitaniennes de la Jamaïque et de la Floride qu’il rapporte à cette Section. Seule, l’existence d'une ornementation radiale parait être une Lase bien fragile pour l’établissement d’une Section distincte de Myrtea.
En résumé Myrtea spinifera est, comme on le verra ci-après, la seule espèce de ce Genre qui soit représentée soit directement, soit par des variétés burdigalienne et lielvétienne, dans nos terrains de l’Aquitaine. Nous ne le connaissons pas dans l’Aquitanien d’Europe; maisM. Dali a cité ou décrit deux espèces : l'une de l’Eocène de l’Alabama et du Vicksburgien (Olig.) du Mississipi: l'autre de l’Aquitanien de la Jamaïque, et peut-être aussi du Pliocène de Costa-Rica. Cette dernière est arrondie comme l'espèce vivante des Antilles (M. pristiphora Dali et Simpson).