‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 306 sur 350 · Myrtea spinifera [Montagu · texte numérisé non relu

Myrtea spinifera [Montagu

var. hiatelloides [Bast.]. PI. XXVIII, fig. 23-25.

1825. Lucina hiatelloides Bast. Env. Bord., p. 87, pl. V, fig. 13.

1838. — Grat. Cat. Gir., p. 64.

1852. — d'Orb. Prod., III, p. 115, 26® ét., n° 2161.

1873. Lucina spinifera Benoist. Cat. Saucats, p. 53, n° 135.

1897. — Baulin. Stat. géol. Landes, p. 299.

Rapp. et diff. — Cette variété diffère de la forme typique, moins par l’écartement de ses lamelles dans le voisinage des crochets, que par la largeur et la profondeur beaucoup plus grandes de sa lunule et de son corselet, quoique les valves soient presque aussi aplaties que celles du Pliocène et des mers actuelles; de même que chez ces dernières, M. hiatelloides a un corselet et une lunule plus larges sur la valve gauche que sur la valve droite, mais cela n’empêche pas d’observer l’exactitude et la constance de notre critérium différentiel. D’autre part, les lamelles étant plus écartées dans la région du crochet, il en résulte que les aspérités épineuses qui garnissent la carène du corselet sont moins serrées que chez M. spinifera typique.

Bien que la figure de Basterot n’indique pas l’écartement variable des lamelles, comme il a indiqué que le gisement de son espèce est Léognan, on doit en conclure que le nom hiatelloides s’applique à la forme burdigalienne, tandis que les valves de l'Helvétien et du Tortonien de l’Aquitaine sont de véritables L. spinifera; aussi n’avons nous cité en synonymie que les références se rapportant au Miocène inférieur.

Localités. — Saucats (Min de Lagus), néotypes (Pl. XXVIII, fig. 23- 25), coll. Cossmann; Léognan (Coquillat), topotypes, coll. Cossmann; coll. Bial-Neuville, de Sacy. Léognan (Carrère), spécimens à lamelles serrées jusqu’au crochet et à crénelures écartées, coll. Peyrot. Cestas, coll. Bial- Neuville. — Itiirdigalîen.

31 ï. Myrtea spinifera [Montagu]; var. tenuicardinata nov. var. PI. XXVIII, fig. 26-29.

Rapp. et diff. — Nous rapportons à cette variété des spécimens du gisement de Peyreliorade et de St-Elienne-d'Ortlie, qui se distinguent des M. spinifera de Saubrigues par leur taille plus que double, par leur forme élevée et moins trigone, par leur lunule et leur corselet linéaires; les lamelles latérales paraissent beaucoup plus obsolètes, enfin l'ornementation de la surface dorsale se compose de lamelles concentriques beaucoup plus serrées, qui produisent de très fines crénelures sur la carène du corselet; d’autre part, la digitation musculaire est un peu plus allongée et moins coudée. Nous avons pu comparer ces critériums externes avec des valves provenant de Colli Torinesi (coll. Cossmann et Peyrot), qui nous ont été envoyées par M. Sacco sous le nom tauromagna, et nous avons constaté des différences qui justifient l’adoption d’une variété complètement distincte qui se confondrait peut-être avec Myrteopsis magnotauriha dont les caractères n’ont pas été très nettement indiqués par l’auteur, mais non avec M. taurina qui serait une forme usée et dépourvue de lamelles, plus convexe et munie de larges lunule et corselet. En tous cas, la var. tenuicardinata se distingue de la var. tauromagna par sa forme arrondie en avant, tronquée en arrière, par sa charnière plus étroite, tandis que les exemplaires d'Italie ont le corselet et la lunule larges et concaves.

Localités. — Peyreliorade (Peyrère), types (PI. XXVIII, fig. 26-29), coll. Raulin. St-Etienne-d’Orthe, plésiotype, coll. Degrange-Touzin. — Helvétien.

CODOKIA Scopoli, 1777 (em.).

(= Lenlillama Schum. 1817; = Antilla de Greg. 1885;

= Codakia Dali 1901 sicut Scopoli).

Codokia s. sir. — Coquille grande, épaisse, plus ou moins réticulée, peu convexe; lunule petite; charnière : 30, 3;,, 2, 4-;, ; A I et P I, A II et A IV, P II et P IV, très inéquidistanles;

Fig. 130. — Codokia tigerina Lin. Viv.

nymphe laihle; aire ligamentaire très large, peu creuse, recou-

verte par le bord dorsal; digitation large et peu allongée; bords lisses ou à peine festonnés (G. -T. : Charria codok Adanson. Viv. = Venus punctata Lin.).

La formule de la charnière de Codokia est beaucoup plus complète que celle de Myrtea ; les lamelles latérales sont généralement plus développées sur la valve gauche que sur la valve droite, à l’inverse de ce qui a lieu dans la plupart des autres Genres : il n’v en a qu'une antérieure et une postérieure sur la valve droite, et chacune d’elles se loge dans une profonde fossette distinctement encadrée de deux lamelles sur la valve gauche; elles sont en outre très inéquidistantes des cardinales. Mais ce qui caractérise principalement Codokia s. sir., c’est l’insertion profonde d’un large ligament qui déborde sur des nymphes aplaties et qui est masqué à l’extérieur par le rebord du contour dorsal, en l’absence de corselet. La lunule est d’ailleurs très petite pour la taille de la coquille qui ne porte pas d'aréas anale et buccale rayonnantes comme il en existe chez beaucoup d’autres groupes de Lucinidæ. La surface n’est pas toujours réticulée, mais il est rare qu’il n’existe pas quelques traces de rayons entre les lames ou cordons concentriques.

Codokia s. str. est d’origine beaucoup plus ancienne qu'on ne le croit : nous citerons en effet, dans l’Eocène des environs de Paris, Lucina concentrica Lamk., (pii parait avoir vécu depuis le Paléocène jusqu’à l’Eocène supérieur, presque sans modifications, et qui — par sa charnière et son large ligament — représente exactement les formes néogéniques, quoique avec un galbe plus arrondi et une ornementation simplement composée de lamelles concentriques. Lucina uncinata Defr., du Thanétien, parait aussi appartenir au même Genre, à cause de sa large et profonde aire ligamentaire, sous le bord dorsal. Dans l’Aquitaine, on le trouve également dans l’Aquitanien et le Burdigalien, puis il passe dans l’Helvétien de la Touraine, dans le Bassin de Vienne, le Pliocène du Piémont. En Amérique, M. Dali en signale l’existence dans l’Aquitanien de la Jamaïque et le Pliocène de la Floride, puis dans le Pleistocène.

Sect. Jagonia Recluz, 1869. — Taille petite; forme inéquilatérale, côté antérieur plus allongé; surface treillissée; même formule cardinale, seulement les lamelles latérales sont pres-

Fig. 131. — Jagonia decussata Cosla. Viv.

que équidistantes, les postérieures plus marquées que chez podokia; en outre le ligament est plus étroit, et la digitation antérieure est large et coudée; bords crénelés (G. -T. : Le Jagon, Adanson = Venus orbicidata Montg. Viv.).

Il n’existe entre Jagonia et Codokia que des différences d’une valeur sectionnelle seulement; elles ressortent suffisamment de la comparaison des deux diagnoses pour que nous nous dispensions d’insister.

Nous ne connaissons pas de Jagonia éocéniques, mais Lucina squamosa Lamk., du Stampien des environs de Paris, parait être le représentant le plus ancien de cette Section qui se poursuit dans l’Aquitanien, l’Helvétien et le Tortonien de nos régions du sud-ouest, puis dans le Pliocène. En Amérique, M. Dali en signale six espèces dans l'Aquitanien de la Jamaïque et de la Floride, deux espèces dans le Miocène et le Pliocène de la Barbade; quant à Jagonia portoricana, c’est peut-être un Parvilucina.

4M 5. Codokia leonina [Basterot]. PL XXVII, fîg. 22-24.

Venus tigerina Broccbi. Conclu subap., II, p. 551 ( non Lin.). Cytherea leonina Bast. Mém. env. Bord., p. 90, pl. VI, fig. 1. Lucina tigerina Grat. Cat. Gir., p. 65, n° 737.

Lucina leonina Ag. Icon. coq. tert., p. 62, pl. XII, fig. 13-15.

— Desh. Traité élém. Conclu, I, p. 784.

— D’Orb. Prod. III, p. 183. 26e ét.

— Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 221, pl. XXXII,

fig. 1 a-e.

— Benoist. Cat. Saucats, p. 52, n° 132.

Codokia leonina Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 92, pl. XXI,

fîg. 1-2.

— Dollf. Cott. Gom. Moll. tert. Port., pl. XVII, iig. 2-3. — Dollf. Essai Aquit., p. 24 et 43.

Test assez épais. Taille grande; forme orbiculaire, plus ou moins sub-ellip tique, peu convexe, presque équilatérale; côté antérieur demi-circulaire, un peu plus court que le côté postérieur qui est moins régulièrement et moins largement arqué; bord palléal en arc de cercle dans le prolongement des contours latéraux; crochets pointus, peu gonflés, mais assez proéminents, prosogyres; situés presque aux trois cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur très peu arqué

en avant, déclive et presque rectiligne en arrière du crochet, où il fait assez loin un coude très obsolète en se raccordant avec le contour anal. Lunule petite, lisse, creuse, subtrigone, limitée par une arête vive; pas de corselet; surface dorsale peu bombée, à peine déprimée sur la région anale, ornée de nombreuses et courtes lamelles concentriques qui sont croisées par 50 à 60 rainures rayonnantes irrégulièrement espacées, dont les intervalles sont souvent divisés par des sillons rayonnants beaucoup plus obsolètes; aux extrémités buccale et anale, ces intervalles sont plus arrondis, plus étroits et les lamelles y forment des crénelures un peu plus saillantes.

Charnière haute et épaisse, fortement échancrée sous le sommet, tandis que le contour inférieur du plateau cardinal fait une forte saillie vis-à-vis de la lamelle antérieure : 3a large, trigone, adhérente au bord lunulaire; 3*, plus mince, un peu oblique à droite, assez longue; A I pointue, saillante, très rapprochée des cardinales; 1* 1 très écartée et émoussée; nymphe scalène, largement aplatie; aire ligamentaire très allongée, creuse, limitée par des rainures et close par la carène du bord dorsal; 2 perpendiculaire, très oblusément bifide à son extrémité inférieure; 4 mince et longue, oblique à gauche; A II épaisse et puissante, séparée par une profonde fossette de A IV qui est formée d’une longue arête moins saillante, moins prolongée en avant que A II; PII très obsolète à l’extrémité de l’aire du ligament. Impression du muscle postérieur palmulée; impression de l’adducteur antérieur prolongée par une digitation assez large et médiocrement longue qui s’écarte de la ligne palléale profondément gravée et frangée à une certaine distance du bord lisse; sur la région buccale, l’ornementation produit quelques petits festons qui n’entaillent pas le bord interne des valves; une étroite cicatrice interne relie l’extrémité du ligament à celle de l’adducteur antérieur.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 47 mi IL; diamètre umbonopalléal : 43 mill.; épaisseur d’une valve : 9 mill.; diamètres d’une grande valve obronde de Pessac : 50 mill.

Rapp. et diff. — Quoique la coquille bordelaise soit assez voisine de C. tigerina pour que la détermination de Basterot soit concevable, elle s’en écarte cependant par sa forme moins transverse, par son ornementation radiale moins serrée, par ses impressions musculaires moins larges, par sa lunule plus grande et plus profonde, entamant davantage le plateau cardinal, par sa lamelle A I beaucoup plus rapprochée du piton plus saillant qui termine 3a- Au contraire, C. exasperata Reeve, est plus élevée, plus anondie, avec une ornementation beaucoup plus régulière et plus crénelée, à mailles carrées ; sa charnière et sa cicatrice sont aussi un peu différentes.

D'autre part, les individus du Piémont — et notamment ceux du Plaisancien de Vezza d’Alba (coll. Cossmann) — ont une charnière encore plus haute que, celle de C. leonina, moins échancrée; leur cicatrice interne est plus sinueuse et touche presque la digitation musculaire; mais leur ornementation est identique, ainsi que leur lunule ; ce ne sont exactement ni des C. leonina, ni surtout des C. tigerina, de sorte que l’on pourrait leur appliquer la dénomination transiens Sacco, à titre de mutation.

D’après les figures de Hœrnes, les spécimens du Bassin de Vienne s’en rapprocheraient également et peut-être ceux du Portugal. En tous cas, il y a lieu de remarquer que les valves de l’Aquitanien sont peut-être plus obrondes encores que nos plésiotypes du Burdigalien.

Localités. — Saueats (Min de l’Eglise), plésiotypes (PI. XXVII, fig. 22-24), coll. Cossmann; Cestas (M‘Q Neuf) un jeune spécimen, coll. de Sacy; Saueats (Pont-Pourquey, Giraudeau, Peloua), coll. Bial-Neuville, coll. Degrange-Touzin. Canéjan, Léognan (le Thil supi-), coll. Degrange- Touzin. — ]Sui*fli()alien.

Pessac (Lorient) coll. Bial-Neuville; même gisement, valves obrondes, coll. de Sacy; Gamachot, fide Dollfus; St-Avit (Basta); Corbieu (Min de Carreau); La Brède (tranchée du ch. de fer), Martillac (Breyra), Saueats (Lariey), coll. Degrange-Touzin. Mérignac (Baour inf‘‘), coll. Peyrot. —

Aqtiitanien.

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