Teredo Daleaui Benoist. PI. II. fig
et pl. III, fig. 35.
1873. T. saucatsensis Ben. Cat. Saucats, p. 17 (pro parte).
1877. T. Daleaui Ben. Mon. Tubic., p. 317, pl. XX, fig. 1-3.
« Cocjuille enflée, fortement convexe et bâillante; ouverture antérieure triangulaire, postérieure ovale; oreillette offrant quel ques légères stries d’accroissement parallèles au bord, et faisan! avec la partie médiane un angle de 90°. Celle-ci parait avoir été trilobée, à en juger par l’empreinte du sillon médian qui se reproduit à la surface interne de la valve. La partie externe ou postérieure est arrondie et presque lisse. Crochets fortement
recourbés, et on remarque du côté antérieur une carène aiguë, partant du sommet et aboutissant à l’extrémité aiguë de l'oreillette.
» Palette calcaire en forme de spatule coupée carrément h la partie supérieure et à la moitié de la palette. Face interne plane, un peu concave au centre, face externe légèrement convexe. Tube calcaire épais, solide, presque lisse ».
Dim. Valves : 15 mill. dans les deux diamètres.
Palette : longueur, 6 mill. ; largeur, 5 mill. ; longueur du pédoncule, 3 mill.
Tube : longueur d’un exemplaire entier, 30 cent.; diamètre du tube, 18 mill.
Rapp. et diff. — D’après Benoist, cette espèce se distingue de T. saucatsensis avec lequel elle était d’abord confondue, non seulement par son tube plus puissant, mais par sa valve dont « l’angle est plus ouvert dans la partie médiane » ; ce critérium est assez ambigu, car s’il s’agit de l’angle de l’échancrure antérieure, il est aussi de 90° d’après la figure; toutefois le prolongement caudal est moins développé et l’angle qu’il fait avec le contour palléal est un peu plus ouvert. Mais il ne s’agit que d’une empreinte, de sorte que l’on ne peut en tirer des conclusions bien précises. Sur l’échantillon de Sort (Landes) que nous faisons figurer, il y a des empreintes de valves sur lesquelles on distingue des traces d’ornementation très fine.
Localité. — Martignas (fide Benoist); Saucats (la Sime), fragments de tubes(Pl. II, fig. 32-33 ; et PI. III, fig. 35), coll. Bial de Bellerade ; Sort (fig. 34), coll. Benoist au Mus. d’hist. nat. de Bord. — Helvétien.
AD APE DOIS T A (1) nov. sub-orclo.
Coquille principalement caractérisée par l’absence de « plancher cardinal » sous les crochets : les dénis commencent à apparaître ; mais, lorsqu’il y en a, elles sont directement implantées sur le bord cardinal ou bien elles sortent de la cavité umbonale, sans reposer sur une plateforme comme il en existe une chez les Desmodonles et les Ilétérodonles ; et d’autre part, aucune des Familles de ce nouveau Sous-Ordre ne possède la
(1) Elym. : a, privatif; SoutcSov, plancher cardinal. — Cossm. 1!'09.
dent 1 de la valve droite, qui n’apparait d’ailleurs que chez les Hétérodontes les plus spécialisés.
Le ligainentest lantôtex terne, tantôt interne; les valves sont égales ou inégales; l’habitat est tantôt cavicole, tantôt — mais plus rarement — actif. La surface n’est jamais nacrée comme elle l'est presque toujours chez les Anomalod esmata\ mais il n’y a aucun critérium à tirer de la réunion des lobes du manteau, ni du développement des siphons, qui sont à peu près semblables chez les deux Sous-Ordres. Les Cénacles de ce Sous Ordre se distinguent entre eux par la disposition du ligament qui comporte tantôt un cartilage, avec une fossette ou bien un cuilleron « chondrophore », tantôt simplement une « nymphe » externe, plus ou moins saillante, à laquelle s’attache exclusivement le ligament. Le sinus est souvent très profond ; parfois, au contraire, il se réduit à un simple crochet de la ligne palléale; c’est l’un des meilleurs critériums sous-génériques, si l’on réserve les variations de la charnière pour caractériser les Genres dans chaque Famille. Quant à la forme de la coquille, elle est essentiellement variable selon l’habitat de l’animal, ovale et semblable à une râpe étroite quand il se creuse une loge dans les rochers ou les Zoophytes, allongée comme un couteau quand il s’enterre dans le sable, inéquivalve quand il se couche sur la valve droite dans la vase, enfin symétrique et ovale-transverse quand il reprend la vie active.
La plupart des Cénacles que nous classons dans ce nouveau Sous-Ordre ont une origine mésozoïque ; les premiers représentants se l'attachent aux Paléoconques par l’absence complète de dents à la charnière; puis on constate l’apparition, sur chaque valve, d’un renflement dentiforme qui s’appuie réciproquement l’un contre l’autre ; enfin, chez les types les plus spécialisés du Cénacle Solenacea, les dents commencent à se dédoubler et elles emboîtent alors leurs branches, avec cette exception particulière qu’entre les branches de 2, sur la valve gauche, il n’y a jamais de dent 1 sur la valve droite, et qu’en outre ces dents prennent naissance directement sur le bord cardinal, sans être supportées par un plancher ou plateau plus ou moins large, comme il y en a un déjà chez les Desmodonta; de même, en ce qui concerne la fossette chondrophore qui, lorsqu’elle existe, se creuse dans la paroi de la cavité umbonale.
Cénacle : EDENTULACEA nov. Cœnac. Cossm. 1909.
Coquille perforante et très bâillante, dont les valves ne sont guère en contact que sur une petite longueur du bord cardinal et du bord palléal ; charnière dépourvue de dents, ligament posé sur une nymphe mince et peu saillante; impression palléale sinueuse.
Il peut sembler étrange, au premier abord, de fonder un Cénacle dont les membres se réduisent, jusqu’à présent, à une seule Famille; néanmoins, cette création nous a paru nécessaire, parce que la Famille dont il s’agit ne peut être rationnellement placée dans aucun des autres Cénacles adoptés dans notre classification. En effet, les Gastrochænidæ, quoique leur habitat et leur aspect les rapprochent des Pholaclidæ, s’en éloignent beaucoup par les caractères de l’animal, par l’absence d’une apophyse umbonale et par l’existence d’une nymphe qui ne permet réellement pas de les placer parmi les Adesmacea.
Fischer les a classés à la suite des Panopées, à cause de certaines analogies dans les siphons et les branchies de l’animal; mais cette solution ne nous paraît pas satisfaisante, parce que le bord cardinal des Gastrochènes est édenté, que le pied de l’animal n’est pas bissyfère, comme dans Saxicava qui est également perforant, et enfin parce que la nymphe est beaucoup moins saillante que celle des Glycymeridæ édentés.
Nous avons encore plus de répugnance à rapprocher Gastrochæna des Myacea, comme l’a fait M. Dali, parce qu’il n’y a pas d’apparence de ligament interne, parce que les valves sont toujours égales et parce que leur bâillement est bien plus considérable.
La conclusion à tirer de ces comparaisons est qu’il faut faire un groupe à part pour ces coquilles qui n’ont pas d’affinités bien précises avec les autres Cénacles, et que ce groupe doit être placé en tête du Sous-Ordre Adapedonta.
Fam. GASTROCHÆNIDÆ Gray.
Coquille perforante ou contenue clans un tube adventif, équivalvc, largement bâillante en avant; ligament marginal externe; crochets antérieurs; bord cardinal édenté; sinus palléal profond.
Des deux Genres Gastrochæna et Fistnlana que comprend cette Famille, seul le premier est représenté dans les terrains que nous étudions.
GASTROCHÆNA Spengler, 1783.
Tube advcntif non constant, claviforme, boursouflé, dépourvu de rides annulaires à l'extérieur et de diaphragme à l’intérieur. G. -T. : G. dubia Pennant. Viv.
En éliminant les Fislulanes des formes confondues par Spengler sous le nom Gaslrochæna, il reste en première ligne G. dubia, de sorte que Rocellaria Blainv. tombe en synonymie. La Section Spengleria Tryon (1861) se distingue de Gaslrochæna s. str,, non seulement par le sillon oblique qui divise extérieurement la surface des valves, mais encore par sa nymphe plus saillante et par le moindre bâillement des valves du côté antérieur. Le Génotype de cette Section est G. rostrata Spengler.
Les valves de Gaslrochæna sont tortueuses, de sorte qu’il est peu facile de les poser à plat pour les observer toujours sous le même angle; il en résulte que les figures publiées par différents auteurs, pour la même espèce, présentent un aspect très variable; il y a lieu de tenir compte de cette cause d’erreur dans la comparaison des échantillons avec les figures et dans la mensuration de ces valves.