Gastrochæna intermedia Hôrnes, mut. curta Mayer
PL If, fig. 35-37.
1838. G. cuneiformis Grat. Cat. zool. Gir. ( fide Benoist).
1873. G. intermedia Benoist. Cat. Saucats, p. 15.
1877. — Benoist. Monogr. Tubic., p. 315, pl. XIX, fig. 12-14.
1889. G. curta Mayer. Jourii. Conch., vol. 37, p. 239, pl. XI, fig. 3.
Test mince et fragile. Taille moyenne ou assez grande; forme ovale, oblongue, peu contournée, très inéquilatérale ; extrémité antérieure très courte, terminée en pointe; côté postérieur ovale et atténué; contour buccal échancré largement et légèrement sinueux en deçà de l’extrémité aiguë; conlour palléal développé en arc de cercle à grand rayon; bord supérieur presque rectiligne sous le crochet, assez convexe en arrière; crochets gonflés, situés au septième de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale convexe, limitée par une très faible dépression
rayonnante; ornementation composée de lamelles d’accroissement très fines et très régulières qui se serrent davantage en avant, au delà de cette dépression rayonnante. Bord cardinal édenté, épaissi et retroussé du côté antérieur, aminci en arrière du crochet. Impression du muscle antérieur subtrigone, logée dans la saillie de l’extrémité buccale; impression postérieure peu distincte ; sinus palléal triangulaire, aigu, limité en avant par une fine rainure qui correspond à la dépression dorsale.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 20 mill. ; diamètre umbonopalléal, ou plutôt largeur maxima : 9 mill. ; épaisseur des deux valves réunies : 8 mill. Le plésiolype figuré mesure seulement 1 i mill. sur 6 mill. 1 /2.
Rapp. et diff. — Le groupe de Gastrochènes larges, lamelleux, peu contournés, auquel appartient la coquille que nous venons de décrire, a peu varié depuis l’Eocène (G. Provignyi Desh.) jusqu’à l’époque actuelle (G. gigantea Desli.); on serait tenté, au premier abord, de les réunir tous en une seule espèce; aussi, ce n’est qu’en étudiant très minutieusement leurs caractères, et principalement leurs dimensions, qu’on arrive à circonscrire les mutations successives qui jalonnent l’existence de cette forme à travers les niveaux stratigraphiques. De cette étude attentive, faite non pas sur les figures généralement inexactes et déformées par l’impossibilité de poser à plat cette coquille gauche, mais d’après les échantillons eux-mêmes que nous possédons de presque toutes les provenances, il résulte pour nous cette conclusion que les valves se sont graduellement élargies à mesure qu’elles ont vécu dans des terrains plus récents. Ainsi, G. Provignyi est certainement plus étroit que G. curta ; et cette mutation burdigalienne se distingue assez facilement de la mutation obesa Fontannes, du Messinien de Vaucluse, parce que pour une même longueur de 20 millimètres, ce dernier a 2 millimètres de plus en largeur; c’est également le cas de la coquille helvétienne de la Touraine que MM. Dollfus et Dautzenberg ont dénommée G. lata, et qui nous paraît bien voisine du véritable G. obesa, si elle ne lui est pas identique (1). M. Sacco cite en synonymie G curta Mayer, qui répond bien exactement aux spécimens du Bordelais que Mayer avait en vue, mais il en sépare la var. abbreviata Bon. qui parait caractériser l’Astien et qui
(1) 11 est bon de noter que la figure publiée par Fontannes est manifestement inexacle. Elle représente un individu plus étroit même que G. curta, et très voisin de G. intermeclia, tel que Hœrnes l’a figuré; c’est ce qui a motivé la création proposée par Mayer, et très probablement aussi celle de G. lata.
est encore plus courte ; toutefois, les spécimens de l’Aslien de Théziers (Gard) que l’un de nous possède semblent identiques aux échantillons du Messinien de Saint-Ariès (coll. Cossmann) qui représentent authentiquement le type de G. obesa Font.
Quoi qu’il en soit, il y a un point bien établi, c’est que la coquille du Burdigalien est plus étroite et un peu plus déprimée sur le dos que celle de l’Helvétien et du Messinien ; aussi lui avons-nous donné le nom sous lequel l’a désignée Mayer; nous ne pouvions reprendre le nom cuneiformis que lui avait attribué Grateloup, d’après Benoist, puisque ce nom était préemployé par Spengier pour une espèce vivante.
Dans cet examen comparatif, nous n’avons pas mentionné G. Dufrenoyi Benoist, du Tongrien ou Priabonien de Cenon, près Bordeaux, parce que c’est un moule qui, quoique du même groupe, ne nous fournit pas de critériums différentiels d’une précision suffisante; il nous sert seulement à représenter le groupe en question dans l’Oligocène.
Localités. — Dax (Cabannes), néotype (PI. II, fig. 35-36), valve droite, coll. Neuville, valve gauche (fig. 37), coll. de l’Ecole des Mines; Cestas, coll. Bial de Bellerade. — Burdigalien.
Martillac, Mérignac, Moras, Canéjan (fuie Benoist) ; Marivaux, près Bazas, coll. Degrange-Touzin. — Aquilanicn.