‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 52 sur 350 · Corbula (Agina) gibba [Olivi], var. curta Locard. PL II · texte numérisé non relu

Corbula (Agina) gibba [Olivi], var. curta Locard. PL II

1886. Corbula curta Loc. Prodr. Malac. franç., pp. 387, 588.

1894. — striata Walk. in Degr.-Touz. Etud. prélim. foss. Orthez,

p. 417 (p. parte).

1901. — gibba, var. curta Loc. Sacco, I Moll. terz. Piém., p. xxix,

p. 35, pl. IX, 5-7.

Test épais. Taille petite ; forme ovale, globuleuse, très ventrue, presque complètement équilatérale ; côtés antérieur et postérieur à peu près aussi courts, repliés vers l’intérieur de la coquille, crochets très gonflés. Surface très gibbeuse et presque lisse

(1) b'aulre part, M. Vidal a envoyé de Catalogne à l'un de nous (gisement de Ciurana) des spécimens beaucoup plus transverses, plus finement striés, qui paraissent répondre exactement à la var. rosea, tandis que ceux que l’un de nous possède de Mulella (Helvélien du Portugal) ressemblent beaucoup plus à la var. pseudolævis.

vers les crochets, ornée ensuite de rides concentriques fortes se continuant en s’amincissant un peu sur le bord antérieur; sur le bord anal, limité par une carène très émoussée, les rides sont irrégulières et très serrées. Charnière comme dans le type, impressions internes également.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 8 mil 1 . 5 ; diamètre unibonovenlral : 8 mil I .

Rapp. et diff. — Nos échantillons sont absolument identiques aux fig. 6, 7 de la pl. IX (Moll, terz.) que M. Sacco rapporte à la var. curta Locard; M. Sacco est cependant tenté, à raison des forts cordons transverses de la forme italienne, d’en faire une variété nouvelle pour laquelle il propose le nom perstricta.

l.a var. curta se distingue du type par sa forme courte, due à la presque égalité de ses deux diamètres umbono-ventral et antéro-postérieur, tandis que chez C. gibba, ce dernier diamètre est toujours plus grand que l’autre ; elle en diffère encore par la forte gibbosité de ses crochets, la Convexité plus grande de la coquille qui est comprimée latéralement, et enfin par la forme plus grande des cordons transverses.

Localité. — Souars (Le Paren), plésiolype figuré (pl. II, fig. 90-93), coll. Benoist au Mus. Hist. nat. Bord.; coll. Peyrot, très rare. — fllelvétlen.

4o. Corbula (Agina) confusa Benoist in litt. Pl. II,

fig. 94-97.

1873. Corbula gibba Ben. Cat. Saucats, p. 22, n° 24 (non Olivi) \pro parte],

1902. Corbula confusa Ben. in Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 86.

Test médiocrement épais. Taille très petite ; formeglobuleuse, un peu transverse et légèrement inéquilatérale à cause du bec que forme l’extrémité anale de la grande valve droite; le contour antérieur est régulièrement arrondi en demi-cercle, et le bord palléal est arqué jusqu’à l’angle inférieur du bec postérieur; crochets gonflés, pointus, opposés; bord supérieur convexe en avant, excavé en arrière du crochet. Surface dorsale de la grande valve couverte de rides concentriques qui ne commencent à grossir qu’à une certaine distance du crochet; l’autre valve, rarissime, est lisse; une dépression anale, correspondant

au bec, rayonne du crochet et elle est limitée de chaque côté [Jar un angle obtus. Charnière comportant : sur la valve droite, une grosse dent cardinale en forme de croc dont l’extrémité pointue vient en contact avec le crochet, puis une profonde fossette qui échancre le bord cardinal, enfin une lamelle postérieure qui est confondue avec ce bord; sur la valve gauche, un cuilleron médiocrement saillant et bifide, en avant duquel est la fossette de la dent opposée, puis une lamelle antérieure confondue avec le bord cardinal. Impressions musculaires bien gravées situées très haut, la postérieure arrondie, l’antérieure plus allongée; impression palléale très éloignée du bord le long duquel on distingue, sur la valve droite, la rainure d’insertion de la valve gauche; sinus palléal bien ouvert, quoique peu profond.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 6,0 mill. ; diamètre umbonopalléal : 4,5 mill. (mesures prises sur une valve droite).

Rapp. et diff. — C’est ajuste titre que Benoist a signalé à l’un de nous, dans une de ses lettres (1880), la nécessité de séparer la coquille burdigalienne de C. gibba Olivi, qui ne descend pas au-dessous du Miocène moyen : elle est, en effet, non seulement d’une taille plus petite, comme l’ont remarqué MM. Dollfus et Dautzenberg, mais encore et surtout munie d’un bec anal nettement tronqué qui lui donne un aspect un peu plus transverse que sa congénère; il semble aussi que son test est moins épais.

Du côté ancestral, on doit la comparer à C. pisum Sow. et à C. subpisum d’Orb., l’une et l’autre dépourvues de bec anal et ornées de rides beaucoup plus épaisses; au contraire, C. pseudopisum Dollf. a des rides beaucoup plus fines avec une forme encore plus globuleuse et plus élevée; il est à remarquer, en outre, que la valve gauche de C. subpisum, de l’Oligocène, est plus trigone et marquée de vagues côtes rayonnantes.

Sur un très grand nombre de valves de cette espèce burdigalienne, nous n’avons pu en étudier que deux supérieures (valve gauche); la rareté de cette valve s’explique par sa fragilité plus grande; elle est beaucoup moins solide que la valve droite.

Localités. — Léognan (Coquillat, propr. Carrère); Saucats (M‘n de l’Eglise), commune (PI. II, lig. 94-97), coll. Cossmann. Saint-Paul-lès-Dax, coll. Peyrot. — Mmrdlgalicii.

Saint-Médard-en-Jalle (Gajac), coll. Duvergier. — Aquifaiilen,

CORBULOMYA Nyst, 1846 (1).

Coquille ovale ou subtrigone, Iranverse, close, inèquivalve, côl é antérieur généralement plus long que l’autre qui est souvent déprimé et subtronqué, surtout sur la valve gauche qui est la plus petite; valve droite portant une dent antérieure pyramidale, suivie d’une profonde fossette pour le cartilage, en communication avec le ligament externe par une entaille du bord cardinal sous le crochet; enfin, une lamelle postérieure borde cette fossette ; valve gauche munie d’un cuilleron spatuliforme et bilobé, et en avant de ce cuilleron, d’une fossette profonde pour la forte dent de la valve opposée, enfin d’une lamelle rudimentaire antérieure, à laquelle correspond une rainure du bord cardinal sur la valve droite; impression palléale écartée du bord, à peine sinueuse en arrière.

Nous n’hésitons pas à ériger Corbulomya au rang de Genre distinct de Corbula, quoique la plupart des auteurs n’en aient fait qu’un Sous-Genre de Corbula , Fischer en particulier. La charnière présente, en effet, de profondes différences, notamment dans la fissure qui met en communication la fosse du cartilage avec le ligament externe, chez Corbulomya. En outre, chez les espèces inéquilatérales, c’est le côté antérieur qui est le plus court chez Corbula, tandis que c’est l’opposé chez Corbulomya.

Nyst a désigné sous le nom Corbulomya deux espèces (C. complanata Sow., C. triangula Nyst) qui appartiennent évidemment à deux groupes bien distincts, ainsi qu’on va le voir ci-après; comme d’ailleurs le groupe de C. triangula est représenté dans les mers actuelles par C. mediterranea Costa, qui avait déjà reçu en 1832 le nom générique Lentidium Cristofori et Jan (2), non caractérisé, il est vrai, mais repris par Herrmannsen, en 184o, il en résulte que, par la règle d’élimination, la dénomination Corbulomya doit s’appliquer au génotype C. complanata.

Cela posé, Corbulomya diffère de Lentidium par sa forme toujours plus inéquilatérale et plus tronquée, par sa lamelle antérieure plus saillante, par ses impressions musculaires inégales et inéquidistantes, par son sinus palléal un peu plus ouvert. Nous ne trouvons pas, dans ces critériums différentiels, les éléments suffisants pour séparerdeux Genres distincts; mais il

(1) Coq. tert. de Belg., p. 59.

(2) Calai., p. 8, et Mantissa, p. 4 [fide Herrmannsen, t, p. 581).

est certain qu e Lentidium peut être admis comme Sous-Genre de Corbulomya qu’il précédait d’ailleurs dès la base de l’Eocène, dans le Thanétien, tandis que Corbulomya s. str. n’apparaît guère que dans le Bartonien et s’est éteint sans atteindre l’époque actuelle. 11 n’y a, d’autre part, à notre connaissance du moins, aucune forme de transition entre les deux groupes, de sorte que nous sommes surpris que Fischer, dans son Manuel de Concliyoliologie (p. 1124), se soit borné à citer Lentidium comme synonyme de Corbulomya, en alléguant que le premier n’a pas été caractérisé. Son exemple a, d’ailleurs, été suivi dans la plupart des autres Manuels, personne n’ayant probablement songé à comparer les échantillons eux-mêmes, au lieu de se borner à rapprocher le texte des diagnoses.

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