Cyrtodaria Neuvillei nov. sp. PI. IV, fîg
Test épais. Taille assez grande; forme peu convexe, étroite, inéquilatérale; côté antérieur très allongé, ovale à l’extrémité; côté postérieur assez court, à contour polygonal 'quoique les angles soient arrondis; bord palléal tout à fait rectiligne au milieu, se raccordant en courbe à ses extrémités avec les contours latéraux; crochets non saillants, opposés, situés aux trois cinquièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur moins élevé en avant qu’en arrière, peu déclive de part et d’autre, presque parallèle au bord palléal, surtout en arrière. Surface dorsale très peu bombée, marquée de stries irrégu-
(1) Etym. : xupTOç, court.; Saipw, je décortique; [fide Herrmannsen).
lières d'accroissement. Bord cardinal épais, montrant seulement, sur la valve gauche seule connue, une dénivellation de son contour inférieur sur le crochet à remplacement de la dent 2 atrophiée; aucune saillie n’en indique l’existence; nymphe assez longue, très épaisse, débordant à l’intérieur sur le bord cardinal, extérieurement limitée par une large rainure. Impression du muscle antérieur étroite et squalène; impression du muscle postérieur moitié plus petite et plus courte; sinus palléal réduit à un crochet de même dimension que l’impression musculaire; ligne palléale peu parallèle au bord, frangée en dessus et au milieu en dessous.
Rapp. et diff. — Cette intéressante coquille fait descendre — dans la série stratigraphique — le G. Cyrtodaria beaucoup plus bas qu’on ne le pensait jusqu’à présent; elle se distingue de l’espèce du Crag d’Anvers par son test encore plus épais, par son côté postérieur moins court et plus polygonal, par son crochet encore moins proéminent sur le contour supérieur. Elle est d’ailleurs beaucoup plus allongée que le génotype des mers septentrionales.
Localité. — Léognan (le Coquillat), unique (PI. IV, fig. 33-34), coll. Neuville. — Unriligalien.
DEGRANGIA Cossm. 1909, nov. Gen.
Coquille assez grande, à test peu épais, bâillante aux deux extrémités, ovale, transverse, subéquilatérale, non rostrée en arrière ; crochets petits, opposés ; ligament externe, posé sur une nymphe relativement courte et très saillante à son extrémité anguleuse; charnière très petite pour la taille des valves, comportant : sur la valve droite, une dent 3 à deux courtes branches 3„ 3* ; sur la valve gauche, une seule dent 2 lamelleuse, issue de la cavité umbonale, plus un
rudiment de dent 4*, presque confondue avec l'origine de la nymphe; impressions musculaires bien gravées, l’antérieure étroite et oblongue; sinus palléal grand et profond, séparé de la ligne pal léale par une languette confluente sur presque toute sa longueur. G. -T. : Panopæa Fischerina Mayer. — Miocène.
Ce Genre est très ambigu par le mélange hétéroclite de ses principaux caractères : ainsi qu’on l’a vu ci-dessus, il a, surtout sur la valve droite, une charnière tout à fait comparable à celle de Solenocurtus, et qui s'écarte de celle des Panopées, parce que 3 possède deux branches et qu’il y a déjà une apparition rudimentaire de 4^ ; en outre, la saillie de la nymphe n’a aucune analogie avec la position du ligament chez Glycymeris ; à ce point de vue, Degrangia se rapprocherait plutôt des Psam'mobies, mais sa charnière, dépourvue de plateau cardinal, s’oppose à ce qu'on pousse plus loin la comparaison. D’autre part, malgré l’analogie de la charnière, je ne crois pas qu’il soit possible de classer Degrangia dans le Cénacle Solenacea, à cause de la disposition de sa nymphe, de la forme de ses impressions musculaires et de son sinus; même Azov, qui a les crochets presque médians comme Degrangia, a une tout autre forme, un test plus épais, une nymphe bien moins saillante, un sinus très différent, etc. En définitive, c’est de la Fam. Glycymeridæ que notre nouveau Genre s’écarte le moins par l’ensemble de ses caractères, et l’auteur propose en conséquence de l’y classer.
Jusqu'à présent, Degrangia ne paraît être représenté que par l’espèce génotype; nous ne connaissons dans le Tertiaire supérieur aucune forme autre que celle du Bordelais qu’on puisse y rapporter. Mais, dans l’Eocène des environs de Paris, G. dubia Desh. a quelque analogie avec ce Genre : il semble que la charnière de la valve droite comporte un dédoublement des branches de la dent 3, autant qu’on peut s’en rendre compte d’après les spécimens bien défectueux que nous avons eus sous les yeux; d’autre part, la surface externe de ces spécimens présente bien le même aspect irrégulièrement plissé de ceux du Bordelais. Si cette assimilation se confirme, il en résulterait que l’origine de Degrangia serait déjà relativement ancienne.