Solen subfragilis Eichw. PI. IV, fig
1830. S. subfragilis Eichw. Natur. Skizze, p. 204.
Eichw. Leth. Rossica, III, pp. 462 et 132.
Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 14, pl. I, fig. 12-13.
Benoist. Cat. Saucats, p. 17, n° 7.
Benoist. Mon. Solén., p. 325, pl. XXI, fig. 10 abc.
Zittel. Grundz. Palæont , p. 301, fig. 702.
Test mince. Taille petite; forme étroite, allongée, très inéqui- 1 a té raie ; côté antérieur égal au dixième de la longueur, limité
par un contour oblique et incurvé; extrémité postérieure ovale, non tronquée; bords supérieur et palléal rectilignes et parallèles; crochet petit, non saillant, pointu et prosogyre. Surface dorsale lisse et brillante, seulement marquée par des stries d'accroissement très fines, parallèles au bord palléal et au bord anal, repliées suivant une ligne diagonale très obsolète; dépression buccale médiocrement profonde, séparant le rebord antérieur qui se retrousse légèrement, mais qui est dépourvu de stries lamelleuses. Charnière de la valve gauche comportant une dent 2 triangulaire et bifide, saillante et pointue; la fossette destinée à loger la dent 3 est profondément creusée contre le rebord antérieur; nymphe étroite et peu proéminente, limitée par une rainure externe. Impression du muscle antérieur moitié moins longue que la nymphe; impression du muscle postérieur allongée en forme de palme; impression palléale non parallèle au bord, se rapprochant beaucoup de la charnière, vers son extrémité antérieure; sinus ovale et peu allongé.
Dim. Longueur : 19 m i 1 1 . ; largeur : 3,5 mill.
Rapp. et diff. — Les fragments de la colt. Benoist étant trop incomplets pour être caractérisés, nous rapportons à cette espèce une petite valve gauche bien intacte, qui répond assez exactement à la diagnose de cet auteur. Nous ne ci’oyons pas qu’on puisse la confondre avec les jeunes individus de S. burdigalensis, parce que : i° son extrémité anale paraît moins tronquée; 2° sa dent 2 est plus nettement bifide ; 3° son impression musculaire antérieure est beaucoup moins allongée; 4° son impression musculaire postérieure n’a pas la forme que Benoist a signalée pour l’autre espèce; 5° son impression palléale n’est pas parallèle au bord et se relève bien davantage en avant; 6° sa rainure buccale est moins profonde, plus oblique, non lamelleuse.
Quant à l’identification de l’espèce bordelaise avec celle du Bassin de Vienne et de la Sarmatie, nous avons pu confirmer l’interprétation proposée par Benoist, en comparant la forme aquilanienne avec deux valves provenant du Sarmalien de la Russie et déterminées par feu Sokolow (col 1 . Cossmann) : ces valves sont incomplètes, mais elles montrent la charnière, et elles nous paraissent identiques à celle qui a été décrite ci-dessus, ainsi qu’à la figure publiée par Benoist. Dans ces conditions, il nous paraîtrait téméraire de proposer un autre nom pour l’espèce du Bordelais, malgré l’écart géographique et stratigraphique des gisements; nous en concluons
donc que S. subfragilis a vraisemblablement vécu pendant toute l’époque miocénique.
Localités. — Le Plantât, une valve (PI. IV, fig. 4-5), coll. de Sacy; coll. Benoist, au Mus. d’Ilist. nat. de Bord.; La Brède et Bernachon (fuie Benoist).
— Aqultanlen.
ENSIS Schumacher, 1817.
Coquille longue, étroite, arquée, à test mince; forme très inéquilatérale; crochets antérieurs et subterminaux; charnière comportant : sur la valve droite, une dent 3 (voir schéma cidessous) en chevron très ouvert, dont la pointe 3a est petite, mais saillante et pointue, tandis que l'autre branche 3* s’allonge le long de la nymphe avec laquelle elle est généralement confondue; sur la valve gauche, deux dents 2 et 4, également en chevrons, dont les deux pointes antérieures (2a, 4n) forment une paire de tenailles sous le crochet, tandis que leurs lames postérieures (2j, 4i) s’alignent au-dessous de la nymphe, vis-à-vis de 3 b qu’elles enserrent; impressions musculaires très inégales, l’antérieure dédoublée en marteau, la postérieure très écartée et à demi-cachée sous le bord supérieur; sinus palléal très peu profond; impression palléale assez éloignée du bord et ondulée. G. -T. : Solen ensis Linné. — Yiv.
Fig. 13.
Charnière d’Æn sis, d'après M. Douvillé.
Ensis se distingue génériquement de Solen, non seulement par sa forme arquée et par son impression musculaire antérieure en marteau, mais surtout par sa charnière déjà plus complexe : la plupart des auteurs ont indiqué qu’elle comporte une dent sur la valve droite et deux sur la valve gauche; Fischer a mentionné en outre une production lamelliforme et horizontale sur cette valve gauche, en lui attribuant le rôle d'une dent latérale postérieure. Mais M. Douvillé (/oc. cit., p. 101) a constaté le dédoublement de cette lamelle, aussi bien sur les valves gauches d 'Ensis siliqua que sur celles d'E. ensis, et, en outre, il a signalé une lamelle homologue sur la valve droite ; étudiant de plus près la phylogénie de ces lamelles, il a été conduit à les rattacher aux dents subumbonales dont elles forment le che-
loi -
vron très ouvert. Ou remarquera toutefois que 2 et 4 sont presque complètement soudées ensemble sur toute la région voisine du crochet de la valve gauche, de sorte que, sur une certaine partie de sa longueur supérieure, le chevron 3 n’a qu’un logement très superficiel. La faible saillie de ces lamelles postérieures, leur adhérence à la nymphe, expliquent pourquoi elles ont généralement échappé aux observateurs.
Le G. Ensis ne paraît pas avoir fait son apparition avant l’époque miocénique, ce qui confirme l’évolution de la charnière qui dérive, par une spécialisation plus moderne, du type ancien de Solen où elle se réduit aux dents simples 2 et 3.
Ensis a pour synonyme postérieur Ensatella Swains. (1840) et ne comporte d’ailleurs aucune subdivision.