‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 74 sur 350 · Solenocurtus (Macha) Basteroti Des Moulins · texte numérisé non relu

Solenocurtus (Macha) Basteroti Des Moulins

PI. IV, fig. 24-28.

1825. Solen strigilatus Bast. ( non L.) Mém. géol. Bord., p. 96.

1832. Solecurtus Basteroti Des Moul. Note s. le G. Solen, p. 103.

1837. Solen strigilatus Duj. Mém. Tour., p. 45.

1838. Solecurtus strigilatus Grat. Cat. Gir., p. 68.

1839. Macha strigillata Ag. Mém. moules viv. et foss., p. 42, pl. 2, fig. 8-

1852. Solecurtus substrig illata d’Orb. Prod., t. III, p. 99, n» 1856, 26e ét. 1859. Psammosolen strigilatus Hœrn. Tert. Beclc., t. II, p. 19, pl. I, fig. 16-

1873. Solecurtus Basteroti Ben. Cat. Saucats, p. 18.

1877. — Ben. Monog. Tubic., p. 329, pl. XXII, fig. 9-10.

1882. S. strigilatus, var. Serresi Font. Moll, plioc. , t. II, p. 9, pl. I, fig. 7. 1886. Solecurtus Basteroti Dollf. Dautz. Et. prélim., p. 4.

1897. Solecurtus substrigilatus Raulin. Stat. géol. Landes, p. 299.

1901. Solenocurtus cf. Basteroti Sacco. I Moll. terz. Piem., p. xxix, p. 13,

pl. IV, fig. 1-3.

1901. — Basteroti Dollf. Dautz. Liste Pélécyp. Tour., p. 5.

1902. — Dollf. Dautz. Conclu Mioc. L., p. 69, pl. 1. fig. 43-44.

« Coquille allongée, transverse, équivalve, inéquilatéraîe, bâillante à chaque extrémité; crochets [peu] saillants, [situés presque au tiers de la longueur, du côté antérieur] ; bord dorsal [à peu près rectiligne]; extrémité buccale tronquée obliquement; extrémité anale arrondie, atténuée et comme courbée en avant; bord ventral un peu rentrant [ou presque rectiligne]. Surface ornée de stries serrées disposées en séries formant un angle suivant une ligne qui part des crochets et se dirige vers l’extrémité anale; [ces stries strigi liées et subimbriquées s’espacent davantage sur la région dorsale et aplatie, puis elles cessent totalement sur la région buccale où il ne subsiste que des plis d’accroissement irréguliers et courbes, avec quelques rides obliques et peu régulières vers le bord palléal].

» Charnière [épaisse], composée de deux dents divergentes [étroites et en cuilleron] sur chaque valve; [nymphe étroite, s’avançant jusqu’au milieu de la longuenr de la valve, saillante au dehors]. Impression palléale [presque] parallèle au bord ventral; [impressions musculaires inéquidistantes, irrégulières, situées assez haut à l’intérieur de la valve; sinus palléal grand, allongé jusqu’à l’aplomb du crochet, limité en-dessus par une ligne droite] » (1).

Dim. Longueur : 58 mil!.; largeur : 24 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 18 mill.

Rapp.etdiff. — Ainsi que l’ont expliqué MM. Dollfus et Dautzenberg, cette espèce, assimilée à tort à S. strigilatus L., s’en distingue « à première vue par sa forme plus étroitement allongée », par ses crochets surtout qui sont situés bien plus en avant, « par son extrémité postérieure beaucoup plus atténuée », par sa nymphe un peu plus courte, par son sinus moins allongé, à contour supérieur plus rectiligne sur l’échantillon du Bordelais; ce sinus est au contraire plus convexe sur le spécimen de la Touraine qui, à ce point de vue, se rapproche plus de la forme vivante. Quoi qu’il en soit, nous ne voyons pas de motifs pour séparer le fossile burdigalien de celui de l’Helvélien.

(1) Diagnose de Benoist, complétée entre crochets.

Nous avons compris clans la synonymie ci-dessus la référence à l'ouvrage de Hœrnes, pour les provenances du Bassin de Vienne, bien que nous n’ayons pu vérifier si c’est bien exactement S. Basteroti qu’on trouve dans ces gisements; les figures publiées par cet auteur ressemblent beaucoup à celles de l’espèce française, de sorte qu’il est à penser que MM. Dollfus et Dautzenberg ont eu raison d’assimiler l’espèce viennoise à celle de Des Moulins plutôt qu’à la forme vivante.

Si nous remontons dans le Pliocène de France, nous trouvons une variété Serresi Font., que nous ne citons qu’avec un point d’interrogation dans la synonymie ci-dessus, parce que nous n’avons pu nous faire une opinion certaine d’après le spécimen incomplet que Fonlannes a fait reproduire ; MM. Dollfus et Dautzenberg pensent qu’il s’agit d’une forme intermédiaire entre S. Basteroti et S. strigillatus, mais ce serait à vérifier d’après des échantillons intacts.

Dans le Néogène italien, M. Sacco a figuré un médiocre échantillon de l’Helvétien de Turin et à côté — . à titre de comparaison — de bons spécimens de Bordeaux; mais la var .parvulinella, qu’il a établie et figurée pour les échantillons plaisanciens de Zinola, se rapproche beaucoup de S. strigillatus, ce qui confirme ce que nous venons de remarquer pour le Pliocène de France. L’échantillon que l’un de nous possède du Plaisancien de Castell’Arquato, en Toscane, ne se distingue des spécimens actuels que par sa petite taille.

En ce qui concerne le Crag, nous n’avons pu vérifier si S. strigillatus d’Angleterre est bien l’espèce vivante, mais nous sommes en mesure d’affirmer que les échantillons du Scaldisien d’Anvers n’ont aucune analogie avec S. Basteroti, attendu qu’ils sont encore plus larges et plus courts à proportion que ceux de la Méditerranée, et que leur crochet est situé exactement au milieu de la longueur des valves.

Pour les échantillons du Pléistocène de Sperlinga, M. de Monterosato a séparé une variété quadrata dont il nous a envoyé des valves qui diffèrent de la forme vivante et typique par leur troncature anale, coupée presque orthogonalement et par leur crochet situé plus en arrière; mais on ne peut les confondre avec S. Basteroti à cause de leur forme haute et courte, et ils auraient plutôt de l’analogie avec S. dilatatus Bonelli (in Sacco).

Enfin, les spécimens de l’Astien que M. Sacco a rapportés à S. candidus lien, (in Brocchi) ressemblent à S. strigillatus, quoique le crochet soit plus en arrière; mais il est fort probable que les échantillons miocéniques rapportés à la même espèce sont des S. Basteroti dont l’état de conservation est aussi médiocre que celui de la fig. 3 (pl. IV).

En résumé, S. Basteroti paraît exclusivement cantonné dans le Miocène, car, au-dessous, S. similis v. Kœn., de l’Oligocène de l’Allemagne du Nord, est encore plus inéquilatéral et plus atténué en arrière ; d’autre part,

S. Deshaycsi Des MouL, de l’Eocène des environs de Paris, est une espèce plus ovale avec des crochets situés plus au milieu, comme chez l’espèce vivante. Il en résulte qu’il ne paraît pas possible de suivre une tendance quelconque dans les variations phylogénétiques des Solenocurtus de ce groupe, puisque la forme se rétrécit, s’allonge, devient dissymétrique, pour reprendre ensuite l’allure primitive.

Localités. — Saucats (Lagus), plésiotype bivalve (PI. IV, fig. 24-26), coll. Bial de Bellerade; Léognan (Coquillat), une valve gauche (fig. 27-28), coll.de Sacy, commune; Cestas, Mérignac, Pontic, coll. Nadal ; Saint- Médard, coll. Degrange-Touzin; environs de Dax. — tSurdlgnlien.

Saint-Morillon (Raton-Durand, Rau) ; Léognan (Le Th il), coll. Degrange- Touzin, très rare. — Aquitniiicn.

Page 1