‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 12 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Jusqu'en Tan 3oo de Rome , la loi agraire et la loi Terentilla , proposées tour à tour , quelquefois en même tems , avaient agité violemment les esprits; ils sentirent enfin le besoin d'un moyen terme qui pût les réunir.

Le peuple renonça à ses prétentions sur le partage des terres, et le sénat consentit qu'il fût formé un code de lois uniformes qui régirait également les deux ordres , et servirait de règle pour les jugemens. Romilius luimême , oubliant tout ressentiment de sa condamnation , appuya le projet de la loi Terentilla. Les plébéiens, qui voulaient d'abord que la moitié des commissaires fût prise dans leur ordre , consentirent à ce qu'on les choisît tous parmi les patriciens ; et, soit pour donner à la législation nouvelle plus d'autorité , soit pour la rendre plus complète, soit par d'autres raisons qui nous spnt inconnues , on envoya trois députés dans la Grèce, avec ordre d'en rapporter les meilleures lois. On croit même que ces ambassadeurs se rendirent , non seulement à Athènes et à Sparte, mais encore dans plusieurs villes grecques d'Italie. Ils mirent deux ans à ce voyage.

A leur retour, on nomma dix commissaires qui furent chargés de rédiger Les lois sur celles

l8 CONCLUSION SUR LES XII TABLES.

qu'on avait apportées de la Grèce , sur les lois royales, et sur les coutumes non écrites. Ils furent aidés dans ce travail par Hcrmodore , citoyen illustre queles Ephésiens avaient banni , et qui s'était retiré à Rome. On forma dix Tables de ces lois, qui furent exposées en public, afin que chacun pût en dire son avis.

L'année suivante, deux nouvelles Tables furent ajoutées aux premières, et, après avoir reçu . l'approbation générale, toutes ces lois furent gravées sur douze tables d'airain que l'on plaça dans le Forum, pour y demeurer perpétuellement exposées aux regards du peuple et des magistrats , qui pouvaient , chaque jour, y lire la mesure de leurs droits et la règle de leurs devoirs.

On voit que j'ai évité jusqu'ici beaucoup de détails historiques qui sont connus de tout le monde (i); mais je dois m'arréter sur un point de controverse qu'on a élevé, dans le siècle dernier, touchant les rapports qui peuvent exister entre le« lois de Solon et celles des Douze Tables.

De ce que des députés romains sont allés à

(i) L'abbé de Vertot , dans ses Révolutions romaines , ne laisse rien à désirer *ur cet objet.

Page 1