‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 13 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Athènes chercher les lois de Solon , on a cru pouvoir conclure que les Douze Tables n'étaient rien autre chose qu'une copie des lois attiques , et cette opinion a trouvé de nombreux partisans.

De son côté, un jurisconsulte napolitain , nommé J.-B. Vico, a regardé comme une fable ce que les historiens ont écrit de cette députation ; il pense qu'elle fut inventée par les patriciens pour amuser le peuple pendant trois ans; d'où il veut inférer que les lois d'Athènes n'ont point servi pour la rédaction de celles des Douze Tables.

Ce dernier système , tout paradoxal qu'il ait pu paraître , a été , en grande partie . adopté par un savant académicien (1), et lui a fait naître l'idée d'une excellente dissertation , qu'il publia en 1735, et dans laquelle il soutient que tout l'honneur de la composition des Douze Tables doit être attribué aux décemvirs, et que les Romains étaient assez riches de leur propre fonds, sans avoir besoin d'appeler à leur secours des lois étrangères. Dans la première partie de cet écrit, il conclut que les

(1) Bonamy, membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres.

patriciens avaient déjà ces lois toutes faites t avant que de feindre uno députation dans la Grèce; mais qu'ils ont cru devoir les présenter sous le nom d'un peuple estimé à Romo ; et, faisant ensuite l'examen de dix-neuf textes des Douze Tables, il s' attache à prouver que la plus grande partie de ces lois sont si particulières au peuple romain, qu'on n'en voit point de semblables à Athènes, et que s'il y a des lois communes à ces deux républiques, ou elles étaient en usage à Rome avant les décemvirs, ou elles sont si simples et si naturelles, qu'on les trouve établies chez toutes les nations policées.

Terrasson , qui a publié quelque tems après une Histoire de la jurisprudence romaine , prétend réfuter le sentiment de Bonamy,et prouver, i° que , lorsqu'il fut question de composer les Douze Tables , les Romains n'avaient pas chez eux de quoi former ce code , parce que les lois royales étaient cachées depuis longtems dans les archives des pontifes, d'où elles ne furent tirées que plus d'un siècle après la publication des Douze Tables ; 2° qu'en conséquence de cette disette de lois, les Romains envoyèrent réellement en Grèce, et dans les villes grecques d'Italie, des députés qui en

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