‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 16 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE. 2J · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 2J

genre de supplice , que les Romains avaient emprunté des Grecs , se trouve plusieurs fois ordonne dans les Douze Tables. Une autre vérité de fait contre laquelle rien ne saurait prévaloir, c'est qu'environ un tiers des textes des Douze Tables , tels que nous les avons mainte^ nant, se trouve entièrement conforme aux lois attiques, dont Samuel Petit nous a donné la collection. J'en excepte ceux qui ont des rapports avec les lois royales. Ainsi la députation en Grèce est prouvée , et ce n'a point été un vain appareil : on a eu pour objet de donner plus de perfection au code que l'on se proposait de rédiger.

Mais si Bonamy a erré dans cette première partie de sa dissertation , et s'il a été séduit par l'esprit de système , dont les plus savans hommes ont tant de peine à se défendre , il n'en a pas moins publié et prouvé, dans le reste de son ouvrage , une vérité importante et nouvelle : c'est que l'esprit général, et l'économie de la jurisprudence des Douze Tables, appartiennent entièrement aux Romains , et qu'on n'a point, à cet égard, imité les Grecs; c'est que le droit établi par les Douze Tables diffère essentiellement du droit attique dans ses bases principales, telles que le droit public, la puis-

sancc paternelle*, Tordre des successions , les tutelles et les testamens, et qu'on n'a pris des lois attiques que celles qui se trouvaient en harmonie avec ce système général ; enfin c'est que plusieurs lois , qui semblent avoir été copiées sur celles de Solon , étaient en vigueur à Rome avant le tems des décemvirs. Il y aurait plus que de la témérité à vouloir attaquer une opinion aussi solidement établie.

Ainsi Terrasson a eu raison de soutenir que des lois grecques sont entrées dans la composition des Douze Tables ; mais il a visiblement erré en prétendant qu'elles en faisaient la base principale, qu'on n'y a ajouté que quelques coutumes non écrites des Romains r et que, pour former leur code, les décemvirs n'avaient pas eu la ressource des lois royales.

Toutes ses assertions reposent sur une erreur de fait : il pense qu'à l'époque de la création des consuls, les pontifes s'emparèrent de toutes les lois, tant.de celles qui avaient rapport à la religion que de celles qui concernaient le droitcivil ; et que , d'accord avec les patriciens , ils les ont tenues cachées jusqu'au milieu du cinquième siècle de Rome, qu'ellesfurentrendues publiques par les soins de Cn. Flavius.

Romulus a fait toutes les lois nécessaires

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