‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 18 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

religion: aucun des auteurs cites par Terrasson ne Ta dit (ô) ; et lui-même convient dans son histoire du droit flavien que ce n'était pas autre chose qu'un code de procédure.

Ainsi il ne faut pas croire que les lois royales qui concernaient le droit civil aient été inconnues aux décemvirs et au peuple. Beaucoup d'entre elles sont même entrées dans la composition des Douze Tables , où on les reconnaît encore aisément. C'est absolument la même chose et pour les dispositions, et poulies termes employés. Il est donc vrai de dire , en conciliant Terrasson et Bonamy, que les lois des Douze Tables ont été formées des lois royales , des coutumes non écrites des Romains, et des lois qu'on avait été chercher dans la Grèce , en ajoutant néanmoins que le droit décemviral diffère essentiellement du droit attique.

Le respect que les Romains conçurent pour cette célèbre collection fut tel, que , malgré les crimes dont se couvrirent les décemvirs de la seconde année, et la juste indignation qu'inspira leur tyrannie , on conserva les deux Tables qu'ils avaient ajoutées aux dix premières: elles furent gravées de même sur l'airain et exposées dans le Forum ; ce qui n'eut lieu qu'après

3o CONCLUSION SUR LES XII TABLES.

la mort violente d'Appius Claudius, le plus céf lèbre comme le plus odieux de ces magistrats ; et assurément on ne citera guère de législateurs qui aient obtenu une pareille gloire (c).

Cette estime a été partagée parles étrangers eux-mêmes et d'illustres personnages, puisque , indépendamment des louanges que des écrivains grecs ont données depuis aux Douze Tables, dès le tems des décemvirs, Héraclite écrivait à Hermodo're : « J'ai vu dans un songe » tous les rois de la terre accourir , se proster- » ner devant vos lois , et les adorer à la ma- » nière des Perses. » Terrasson prétend que cette prédiction ne fut point accomplie ; car , « non-seulement , dit-il , l'autorité des Douze » Tables ne s'étendit point chez les autres » peuples, mais encore elles ne subsistaient » dc$ plus à Rome vers la fin de l'empire. »

Cela est vrai pour les Tables sur lesquelles ces lois étaient gravées et les livres où on les avait écrites ; mais cela n'est point exact pour les lois elles-mêmes, qui , refondues dans celles de Justinien dont elles font la base , sont venues jusqu'à nous, et se retrouvent, en grande partie , dans le droit civil de toute l'Europe. Il conviendrait donc mieux de dire, au contraire, qu'Heraclite était en quelque sorte animé d'un

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