PREMIÈRE PARTIE. 3j
cicnnc discipline aussitôt rompu , les deux Gracques assassinés (i) , la guerre sociale, Marius , Sylla , Pompée , César , le triumvirat, Pharsale , Philippes , Actium ; comparez et jugez.
Cicéron , témoin et victime des malheurs de sa patrie , ne s'en dissimulait pas la véritable cause; et, au ton dont il nous transmet les discours de Crassus, on reconnaît aisément qu'il nous donne sa propre opinion (2).
Ce grand homme, le Platon aussi bien que le Démosthène des Romains, écrivit aussi un livre de la République et un traité des Lois. Bans ce dernier ouvrage , quelle législation choisit-il pour modèle ? de quel code emprunt tc-t-il les dispositions pour en orner le sien ? Des Douze Tables , de ces lois que quelques-uns de nos modernes appellent barbares, qu'ils veulent reléguer dans une faible bourgade, et que Cicéron a jugées dignes de régir le monde,
( 1 ) Denys d'Halicarnasse observe que ce fut la première fois que Rome vit couler le sang de ses magistrats.
(a) Les poètes romains attribuent la corruption de leur siècle à la ruine de Carthage et à la conquête de l'Asie. Les philosophes en trouvent la cause dans l'oubli des anciennes lois : aucune de ces raisons n'exclut l'autre , et toutes deux sont fondées.
qui alors était, tout entier, soumis aux Romains.
L'autorité de ces lois , interprétées par les jurisconsultes , et modifiées par le droit prétorien, selon que l'exigeaient les tems, s'est perpétuée jusqu'au siècle de Justinien. Nous •voyons, dans Aulu-Gelle, quelle vénération ses contemporains avaient pour elles. Les philosophes eux-mêmes trouvaient autant de plaisir dans leur lecture que dans celle des livres de Platon (i).
Justinien, qui sut immortaliser son règne par l'un des plus grands bienfaits que le peuple puisse recevoir d'un bon prince t un code unique de lois et un corps Complet de jurisprudence, Justinien cite partout les Douze Tables avec les plus grands éloges. Il les refond tellement dans le nouveau droit des Romains, que celui qui n'en a pas fait une étude approfondie , ne saurait parvenir à l'intelligence d'une grande partie des Instituies et du Digeste.
Mais ces lois, à qui le peuple romain a du sa prospérité pendant plusieurs siècles , ces
(i) Aulu-Gelle, liv. XX, chap. i .