PREMIÈRE PARTIE. 4 l
le désir de voir ce code qui n'était plus , et d'infatigables savans en recherchèrent les traces et les débris dans tous les écrivains qui en avaient parlé.
Tite Livc , Denys d'Halicarnasse et Pomponius, en donnèrent l'histoire ; Çicéron, Festus, Aulu-Gelle, fournirent plusieurs de leurs textes; les Instiiutes et le Digeste, une partie de leurs dispositions ; et le reste fut trouvé çà et là dans des historiens, dans des scoliastes et dans des fragmens de jurisconsultes qui n'étaient point entrés dans la composition des Pandectes, et qui, cependant, sont venus jusqu'à nous.
Je remarque deux manières de procéder de la part des savans qui ont tenté de relever cet antique édifice. Les uns n'ont voulu admettre que les textes dontils pouvaient donner des preuves matérielles , que ceux enfin qui se trouvaient en quelque sorte littéralement copiés dans les écrits que je viens de citer. Les antres, au contraire, jaloux d'augmenter , autant qu'il était possible , cette précieuse collection , y ont fait entrer toutes les dispositions que , sur de simples conjectures , ils ont cru avoir fait partie des Douze Tables.
Parmi les premiers se trouvent Antoine Au-
gustin (i) , qui ne nous a donné que cinquantesix lois , et Fulvius Ursinus (2) , qui , ayant ajouté des notes aux écrits de ce savant homme, ne donne que deux textes de plus.
Cependant Oldendorp (3) , non content de réunir tous les fragmens que des écrivains du teins de la république et du tems des empereurs , ont attribués positivement aux Douze Tables , a cru pouvoir prendre dans le traité des Lois de Cicéron toutes celles que ce grand homme a proposées , se fondant sur un passage où il est dit que la plupart d'entre ces dispositions sont , à peu de chose près , semblables à celles des Douze Tables ; ce qui a produit une collection très-ample , qu'il divise en douze titres.
Dans le premier, que forment neuf chapitres , il traite des choses de la religion. Les onze premiers chapitres du second titre rapportent toutes les lois relatives aux magistrats, et le dernier traite des privilèges et de la pro-
(1) Mort en i586.
(2) Mort en 1600.
(3) Mort en 1567. Je cite de préférence Oldendorp , quoique , avant lut , on eût déjà publié des collections à peu près semblables.