PREMIÈRE PARTIE
Quoi qu'il en soit, les collections que Ton a vues paraître jusqu'au commencement du dixseptième siècle différaient essentiellement.
Les uns avaient adopté la méthode d'Oldendorp , d'autres avaient préféré celle d'Antoine Augustin ; mais ils ne s'étaient point accordes sur la distribution et la classification des textes. L'ordre qui fut le plus généralement suivi consistait à diviser tout l'ouvrage en trois parties, lesquelles avaient pour objet le droit sacré, le droit public et le droit civil. Beaucoup présentèrent les textes sans y mettre aucun arrangement
D'un autre côté , on avait trouvé dans Aulu- Gelle, dans Cicéron, et surtout dans Festus » des textes que l'on pouvait regarder comme purs et primitifs à cause des vieux termes qui s'y trouvent employés ; mais d'autres sources n'offraient que le sens de la disposition, et la difficulté consistait à traduire ces lois dans la langue des décemvirs. Aidés par d'anciens roonumens, Antoine Augustin, Fulvius Ursinus, et Théodore Marcille, en avaient à peu près employé l'orthographe pour les textes primitifs ; mais on n'avait pas encore osé tenter la traduction des autres en vieux langage romain.
Enfin, qui n'aurait éprouvé le vif désir de voir tous les textes ainsi restitués , et mêmé divisés en Douze Tables, en suivant Tordre et la méthode que les décemvirs avaient euxmêmes adoptés ?
Pour une telle entreprise , il fallait un homme laborieux, ardent, infatigable ^ doué dé là plus grande perspicacité, d'une haute intelligence , et qui eût acquis les connaissances les plus profondes ; qui eût assez de zèle et de courage pour rechercher péniblement quelle avait été la matière de chacune des Douze^ Tables, et la place de chacun des textes conservés ; qui fût assez rempli de l'amour de la science pour apprendre la vieille langue des Romains , laquelle cesserait cependant de lui être utile aussitôt que son travail serait achevé: cet homme étonnant s'est rencontré, et ce fut Jacques Godefroi.
Il divise son ouvrage en six livres. Dans le premier il propose les textes des décemvirs , dans leur langage primitif, et distribués dans Douze Tables , selon la matière dont ils traitent. Il les accompagne d'une paraphrase qui \ en facilite l'intelligence , en suppléant à l'extrême concision de la leçon originale ; mais il n'admet que les fragmcns qui se trouvent nom-