‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 26 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Quoi qu'il en soit, les collections que Ton a vues paraître jusqu'au commencement du dixseptième siècle différaient essentiellement.

Les uns avaient adopté la méthode d'Oldendorp , d'autres avaient préféré celle d'Antoine Augustin ; mais ils ne s'étaient point accordes sur la distribution et la classification des textes. L'ordre qui fut le plus généralement suivi consistait à diviser tout l'ouvrage en trois parties, lesquelles avaient pour objet le droit sacré, le droit public et le droit civil. Beaucoup présentèrent les textes sans y mettre aucun arrangement

D'un autre côté , on avait trouvé dans Aulu- Gelle, dans Cicéron, et surtout dans Festus » des textes que l'on pouvait regarder comme purs et primitifs à cause des vieux termes qui s'y trouvent employés ; mais d'autres sources n'offraient que le sens de la disposition, et la difficulté consistait à traduire ces lois dans la langue des décemvirs. Aidés par d'anciens roonumens, Antoine Augustin, Fulvius Ursinus, et Théodore Marcille, en avaient à peu près employé l'orthographe pour les textes primitifs ; mais on n'avait pas encore osé tenter la traduction des autres en vieux langage romain.

Enfin, qui n'aurait éprouvé le vif désir de voir tous les textes ainsi restitués , et mêmé divisés en Douze Tables, en suivant Tordre et la méthode que les décemvirs avaient euxmêmes adoptés ?

Pour une telle entreprise , il fallait un homme laborieux, ardent, infatigable ^ doué dé là plus grande perspicacité, d'une haute intelligence , et qui eût acquis les connaissances les plus profondes ; qui eût assez de zèle et de courage pour rechercher péniblement quelle avait été la matière de chacune des Douze^ Tables, et la place de chacun des textes conservés ; qui fût assez rempli de l'amour de la science pour apprendre la vieille langue des Romains , laquelle cesserait cependant de lui être utile aussitôt que son travail serait achevé: cet homme étonnant s'est rencontré, et ce fut Jacques Godefroi.

Il divise son ouvrage en six livres. Dans le premier il propose les textes des décemvirs , dans leur langage primitif, et distribués dans Douze Tables , selon la matière dont ils traitent. Il les accompagne d'une paraphrase qui \ en facilite l'intelligence , en suppléant à l'extrême concision de la leçon originale ; mais il n'admet que les fragmcns qui se trouvent nom-

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