‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 28 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE. 5c · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 5c

nomen? Çujus singtilarem ingenii prœsianfia m , judicium subtile , et i m but s un omnibus disciplinis pecius , non modo nosiri oïdinis eruditi, sed cl universa lilteralorum respubîica suspicit et admiratur.

Le dernier auteur qui ait écrit en latin sur les Douze Tables, ce fut Pothier : il a adopté la distribution de J. Godefroi, substitué à sa paraphrase une interprétation plus moderne , évité quelques erreurs dans lesquelles il était impossible que ce savant n'eût pas été entraîné. Il nous a donné en même tems d'excellens commentaires , et dix-neuf lois adoptées par François Hottman et par Théodore Marcille, et rejetées par J. Godcfroi; mais il les a placées hors de la distribution générale. Pothier me paraît avoir le mieux saisi le véritable sens des lois déccmvirales ; et s'il eût écrit en français, je ne tenterais peut-être qu'une dissertation sur quelques points seulement (g).

Avec des ressources aussi étendues , on se persuadera aisément qu'aujourd'hui rien nest plus facile qu'un traité sur les Douze Tables. Ce serait pourtant une erreur : au milieu de ce dédale de textes, de leçons, d'interprétations, de commentaires où l'on a voulu fixer la véritable valeur de mots qui ne s'employaient

plus du temps même de Cicéron , où l'on a voulu expliquer des formules , des mœurs et des usages qui n'ont aucun rapport avec les nôtres, et qui même présentent une opposition frappante ; entourés de recherches accumulées, de dissertations et de systèmes contradictoires, il est difficile de faire un choix. On cède quelquefois à l'autorité d'un grand nom, et l'on s'expose à l'inconvénient de propager une erreur que l'on aurait dû détruire. Souvent une interprétation donnée légèrement par un homme d'un grand mérite, a été répétée sans examen; le préjugé s'est formé, et , consacré par le temps, il a acquis tous les caractères de la vérité ; et nous sommes obligés de dire avec Grosley (i) : « Combien d'au- » torités, combien de citations, hasardées » d'abord sans examen , reçues ensuite comme >» une monnaie courante parmi les savans, » ont insensiblement acquis force de loi , et » sont mises au rang des choses démontrées !

On verra la preuve de cette assertion dans les éclaircissemens que je donnerai sur quelques-unes des plus importantes lois des Douze

(S) Rechenhes sur h Droit français, page 147.

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