‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 29 sur 78 · PREMIÈRE PARTIE. * i · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. * i

Tables, et combien il faut être en garde, même contre les systèmes les plus accrédités. Le plus sûr, au milieu de ces écucils, était de rechercher soi-même tous lesfragmens et leurs preuves, de s'attacher scrupuleusement au véritable sens de chacune des expressions employées, de chercher l'interprétation d'abord dans le texte même, avant que de raisonner par analogie et d'appeler les conjectures à «on secours , de déterminer ensuite son propre système, de le raisonner, et de le comparer enfin avec celui des autres, pourvoir lequel est le mieux fondé ; de même que les géomètres établissent d'abord leurs démonstrations avant d'examiner celles qu'on a données avant eux.

Voilà comment j'ai procédé pour ma seconde partie, et ce qui m'a fait découvrir plus d'une erreur.

Il en est une que j'entends répéter souvent , quoiqu'elle ne se trouve que dans le seul Terrasson. Cet auteur a prétendu que l'exemplaire original des Doirze Tables avait été écrit en langue osque, que, pendant plus de quatre cents ans, les Romains l'ont écrite et parlée , et qu'ils s'en sont servis pour la rédaction de leurs lois. Il va plus loin, et prétend restituer chacun des textes dans ce jargon antique et

barbare, et dont une douzaine de mots, tout au plus, est venue jusqu'à nous. Des personnes qui, retenues par leurs occupations ou par leur indifférence, manquent de loisir ou de volonté pour consulter les autres ouvrages , s'arrêtant à celui de Terrasson , affirment , sans hésiter, ces fables ridicules , et s'exposent ainsi à la risée.

L'origine des Romains et leur premier idiome combattent et détruisent cet absurde système. Il est hors de doute que l'Italie , proprement dite (i), s'est peuplée et policée par les fréquentes transmigrations des Grecs : au témoignage uniforme des historiens les plus accrédités se joignent les noms de plusieurs peuples et de plusieurs villes , lesqu cls dérivent du grec. Il est également certain que des Troyens échappés au sac de leur ville sont venus s'établir dans le Latium, et les Troyens descendus des Grecs parlaient la langue de leurs vainqueurs(2). Sallustc (3) dit que Rome

(1) Je la distingue de la grande Grèce.

(2) Dans l'Iliade , presque tous les noms propres des Troyens sont des mots grecs. Les assiégeans ,dans leurs entretiens avec les assiège, ne se servent jamais d'interprète*.

(5) Catilinaires.

Page 1