PREMIÈRE PARTIE
a été bâtie par eux et par des naturels du pays, gens à demi sauvages, sans prince, sans police et sans lois, et qu'il appelle Aborigènes. Tous les historiens antérieurs à Tite Live et à Denys d'Halicarnasse donnent à cette ville les mêmes fondateurs; mais ils m s'accordent point sur ce qu'étaient les Aborigènes : tes uns veulent qu'ils soient les naturels du pays, d'autres les font venir de la Grèce. Toutefois il demeure certain que c'étaient les habjtatis du Latin m (i).
Ainsi, quoi qu'il en soit de cette diversité d'opinions , on regardera toujours comme une vérité incontestable que les premiers Romains doivent , en grande partie, leur origine aux Grecs.
Il en est de même de leur première langue, à commencer par le nom de leur ville.. Il vient du mot grec Pwpj , et suivant le dialecte dorien > Pwfjux , qui signifie robur (k).
(1) Dans le premier cas , on les aurait ainsi nommes parce qu'ils étaient les premiers et les plus anciens du pays ; comme si l'on disait : Qui à primâ origine; ou bien, en changeant Yo en c , on ferait venir leur nom d'aberrare , aller çà et là : ce qui semblerait confirmer l'opinion de Salluste. J'avoue que je préfère la première origine.
Pour distinguer les premiers élément d'une langue, il faut, ce me semble, les chercher dans lçs objèts què l'homme a besoin de nommer, avant même qu'il vive en société. Or ces noms primitifs dont se servaient les premiers Romains , je les vois presque tous tirés du grec. Personne ne contestera cette origine aux mots deus, cœlum et soi lien est de même pour ceux qui expriment des relations de famille et des rapports de parenté , tels que pater, mater, films , nurus, privignus ,f rater, avunculus, et noverca. Les agriculteurs ont encore pris aux Grecs ces dénominations : aër, bos, arbor , malum , noius , et auster. Je trouve la même origine à nox , à dies, ainsi qu'au verbe fero , au nombre trois , à la préposition m et au moi nune. * : i
Je pourrais donner ici une longue série de tous les termes ainsi dérivés , en y ajoutant les mots grecs auxquels ils se rapportent , ce qui ne manquerait pas de donner à mon ouvrage un air savant. Toutefois, je me contenterai d'en indiquer encore quelques-uns, sauf à prouver l'origine lorsqu'elle aura été contestée.
On doit remarquer que je n'ai pris pour exemple aucun des mots que , dans la suite , le