‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 34 sur 78 · IN JUS VOCABIT JUMENTUM DATO SI NOLET ARCERAM NE STERNITO · texte numérisé non relu

IN JUS VOCABIT JUMENTUM DATO SI NOLET ARCERAM NE STERNITO

« Dans l'ancienne langue osque, dit Terras- » son , le texte devait être construit ainsi :

« SEl. MORBOS EVITA'. VE. VE1TÏOM. ESIT.

» QU'lN. JOUS. VOCABIT. JUMENTO. DATOD.

» SEI. NOLET. ARCESA. NEI STERNITOD. »

On voit qu'il n'y a ici qu'une différence .très-légère dans l'emploi de quelques lettres f que les mots restent toujours les mêmes, et que par conséquent c'est absolument la même langue. Quant à l'orthographe , il faudrait n'avoir

jamais lu Quintilicn (i), pour ne pas savoir que c'est celle des anciens Romains. Aussi j'ai cru d'abord que Terrasson confondait la langue osque avec l'ancienne langue latine , et que ce n'était qu'une erreur de nom ; mais il s'explique ensuite d'une manière positive et distingue les deux idiomes (i).

M. Bouchaud, trop savant pour donner dans une pareille bévue , adopte dans ses textes cette vieille orthographe, et il nous en parle dans la première section de la troisième partie de son discours préliminaire, laquelle il intitule ainsi : SU est possible et s'il est de quelque utilité de restituer l'ancienne langue de la loi des Douze labiés. Il ne dit pas un mot de cette utilité , que cependant il se proposait d'examiner. Quant à la possibilité, il ne la démontre pas ; mais il donne les instructions et indique les procédés qu'il faut suivre.

Je ne crois point à cette possibilité , et je m'explique.

Ce n'est que graduellement et par intervalles qu'une langue se polit et se perfectionne. La

(i) Livre I.

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