IN JUS VOCABIT JUMENTUM DATO SI NOLET ARCERAM NE STERNITO
« Dans l'ancienne langue osque, dit Terras- » son , le texte devait être construit ainsi :
« SEl. MORBOS EVITA'. VE. VE1TÏOM. ESIT.
» QU'lN. JOUS. VOCABIT. JUMENTO. DATOD.
» SEI. NOLET. ARCESA. NEI STERNITOD. »
On voit qu'il n'y a ici qu'une différence .très-légère dans l'emploi de quelques lettres f que les mots restent toujours les mêmes, et que par conséquent c'est absolument la même langue. Quant à l'orthographe , il faudrait n'avoir
jamais lu Quintilicn (i), pour ne pas savoir que c'est celle des anciens Romains. Aussi j'ai cru d'abord que Terrasson confondait la langue osque avec l'ancienne langue latine , et que ce n'était qu'une erreur de nom ; mais il s'explique ensuite d'une manière positive et distingue les deux idiomes (i).
M. Bouchaud, trop savant pour donner dans une pareille bévue , adopte dans ses textes cette vieille orthographe, et il nous en parle dans la première section de la troisième partie de son discours préliminaire, laquelle il intitule ainsi : SU est possible et s'il est de quelque utilité de restituer l'ancienne langue de la loi des Douze labiés. Il ne dit pas un mot de cette utilité , que cependant il se proposait d'examiner. Quant à la possibilité, il ne la démontre pas ; mais il donne les instructions et indique les procédés qu'il faut suivre.
Je ne crois point à cette possibilité , et je m'explique.
Ce n'est que graduellement et par intervalles qu'une langue se polit et se perfectionne. La
(i) Livre I.