PREMIERE PARTIE
pas d'accord avec son propre système. Il se fonde sur le texte de Pomponius pour prétendre que le r était inconnu aux Romains avant Appius Claudius Centum-manus ; alors bien certainement cette lettre ne doit pas se trouver dans les textes des Douze Tables. Cependant M. Bouchaud écrit proletariod , rem y orantod , ortu , torod, prœsenlcd, tandis que dans son sens il devrait mettre psoletasiod , sem , osantod, oslu, tosod , psœseiited.
Sur d'autres points encore , il me paraît s'écarter des données qui devraient le guider. Il nous dit, par exemple , qu'avant te siècle d'Ennius les Romains ne redoublaient point les consonnes, et qu'ils écrivaient ocisus pouroccisus y ese pour esse ; il devrait ajouter qu'il en était de môme des voyelles, et même des syllabes entières, qui, se rencontrant, n'étaient jamais écrites deux fois de suite , et donnaient lieu à une élision. Dans ce cas , il faut , à l'exemple de J. Godefroi , écrire ainsi la première loi :
Six jus roc AT quEjiTi
tandis que M. Bouchaud écrit vocal al que eal.
Il est certain que 17 consonne était inconnu aux Romains, et qu'ils écrivaient et pronon-
çaient ious; cependant je trouve cette je ttre dans les textes de M. Bouchaud j ce qui lue paraît contraire à l'opinion reçue.
Les Romains prononçaient eh ou tous les u ; mais > par une bizarrerie qui tenait sans doute à l'usage , ils ont écrit ious et dominus , trinum noundinum, phms , tribtts. Jé trouve encore de suite ces deux mots: œdem bellonùi , au lieu de aidem bellonai, ou de œdem bellonœ. Avant l'invention du a?, on Se servait d'un c suivi d'un s, ce qui ne changeait rien à la prononciation ; ainsi l'on écrivait vicsit pour vixit; cependant je trouve dans des monumens P&fnft II était assefe ordinaire d'ajouter un d aux mots qui finissaient par une voyelle : Terr'asson Veut que cela n'ait eu lieu que pour distinguer les ablatifs. Je trouve le d employé dans d'autres cas ; je le trouve aussi ajouté à des prépositions, eœtrad , svprad. Dans le même monument je trouve encore in agro , au lieu de inagrod; iia, ubi> ciri, au lieu de iiad , ubid, virid (ri) :
Que conclure de tout ceci ? Que l'on n'a lien de certain touchant les différentes époques où il s'est opéré des charigemens dans l'orthographe des Rpmains ; qu'on ne peut déduire aucune règle générale des monumens