‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 36 sur 78 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

pas d'accord avec son propre système. Il se fonde sur le texte de Pomponius pour prétendre que le r était inconnu aux Romains avant Appius Claudius Centum-manus ; alors bien certainement cette lettre ne doit pas se trouver dans les textes des Douze Tables. Cependant M. Bouchaud écrit proletariod , rem y orantod , ortu , torod, prœsenlcd, tandis que dans son sens il devrait mettre psoletasiod , sem , osantod, oslu, tosod , psœseiited.

Sur d'autres points encore , il me paraît s'écarter des données qui devraient le guider. Il nous dit, par exemple , qu'avant te siècle d'Ennius les Romains ne redoublaient point les consonnes, et qu'ils écrivaient ocisus pouroccisus y ese pour esse ; il devrait ajouter qu'il en était de môme des voyelles, et même des syllabes entières, qui, se rencontrant, n'étaient jamais écrites deux fois de suite , et donnaient lieu à une élision. Dans ce cas , il faut , à l'exemple de J. Godefroi , écrire ainsi la première loi :

Six jus roc AT quEjiTi

tandis que M. Bouchaud écrit vocal al que eal.

Il est certain que 17 consonne était inconnu aux Romains, et qu'ils écrivaient et pronon-

çaient ious; cependant je trouve cette je ttre dans les textes de M. Bouchaud j ce qui lue paraît contraire à l'opinion reçue.

Les Romains prononçaient eh ou tous les u ; mais > par une bizarrerie qui tenait sans doute à l'usage , ils ont écrit ious et dominus , trinum noundinum, phms , tribtts. Jé trouve encore de suite ces deux mots: œdem bellonùi , au lieu de aidem bellonai, ou de œdem bellonœ. Avant l'invention du a?, on Se servait d'un c suivi d'un s, ce qui ne changeait rien à la prononciation ; ainsi l'on écrivait vicsit pour vixit; cependant je trouve dans des monumens P&fnft II était assefe ordinaire d'ajouter un d aux mots qui finissaient par une voyelle : Terr'asson Veut que cela n'ait eu lieu que pour distinguer les ablatifs. Je trouve le d employé dans d'autres cas ; je le trouve aussi ajouté à des prépositions, eœtrad , svprad. Dans le même monument je trouve encore in agro , au lieu de inagrod; iia, ubi> ciri, au lieu de iiad , ubid, virid (ri) :

Que conclure de tout ceci ? Que l'on n'a lien de certain touchant les différentes époques où il s'est opéré des charigemens dans l'orthographe des Rpmains ; qu'on ne peut déduire aucune règle générale des monumens

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