PREMIERE PARTIE. i.\ y i
consultés , et qu'ils offrent au contraire beaucoup d'exceptions dont on ignore les motifs.
Il est donc impossible d'appliquer à d'autres mots l'orthographe dont on trouve des exemples, et plus impossible encore de connaître, d'une manière certaine , celle qui était en usage du tems des décemvirs.
Au surplus je ne rois pas que cette impossibilité soit faite pour exciter les regrets des 6a* vans et des jurisconsultes. Ceux-là ne peuvent désirer des lumières, sur la manière d'écrire des anciens Romains, que pour s'en aider si quelque inscription nouvelle venait s'offrir à leur curiosité ; dans ce cas, ce ne serait point dans la tournure antique que des modernes donneraient aux Douze Tables qu'on irait chercher les instructions nécessaires , mais bien dans les sources que ceux-ci auraient consultées. * ■
Quant aux jurisconsultes, ce qu'ils désirent de connaître, ce sont les dispositions mêmes de la loi : peu leur importe sous quelle forme chaque mot était représenté. Ils aimeront cependant à retrouver , dans l'énoncé des dispositions dont nous n'avons plus que le sens, ce beau laconisme des textes primitifs ; mais le savant Godefroi ne laisse rien à désirer à cet
égard. Faire plus qu'il n'a fait, c'est Surcharger les mots de lettres inutiles, qui en rendent la lecture moins facile et moins agréable. Quant à moi , j'ai cru devoir écrire tous les textes de la même manière que nous les prononçons aujourd'hui : seulement je n'y ai introduit aucune ponctuation.
Il me reste à donner une dernière explication.
Je ne donne, dans la seconde partie de cet ouvrage, que les textes adoptés par J. Godefroi (i). Cependant je suis loin de croire qu'ils soient les seuls qu'on puisse proposer ; et je pense même que l'on pourrait porter au double cette utile collection.
J'avoue^ utefois qu'il en a été présenté qui , bien certainement , n'ont pas dû faire partie des Douze Tables ; mais voyons s'il n'en est pas d'autres que l'on pourrait appuyer de quelques preuves.
On reconnaîtra , dans mes explications sur la seconde loi de la cinquième Table , que les Institutes nous offrent une source dans laquelle nous pourrions puiser des règles sur le partage
(l) Ce parti a été aussi adopté par M. Bouchaud