‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 38 sur 78 · PREMIERE PARTIE. y · texte numérisé non relu

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des successions, et sur les qualités requises pour succéder. En présentant des textes sur ces indications, qui ne peuvent tromper un esprit exercé et judicieux, on compléterait d'autant cette cinquième Table , qui , dans son état actuel , ne contient que sept lois seulement.

Les dispositions qui soumettent les femmes à la tutelle doivent également se trouver dans le code des décemvirs. Un examen attentif de la jurisprudence des préjeurs et des lois portées pendant l'existence de la république, ferait encore découvrir d'autres dispositions qui concernaient le droit civil. .

Il n'y a point de doute que les lois sacraiœ, lesquelles concernaient la personne des tribuns, ont été introduites dans lesDouze Tables. Il serait facile de prouver cette vérité par l'autorité de Tite Live. Il doit en être de même des lois qui concernaient les grandes magistratures. Cicéron dit positivement, dans son traité de ïOraleur, que les décemvirs ont mis dans leur code toutes Jes lois qui étaient relatives à la constitution de la république. Ne pourrait-on pas , à l'aide des historiens, découvrir et restituer ces lois?

Si nous avions le traité de Cicéron intitulé de Republica , et ce qui nous manque de son

traité des Lois, nous y trouverions sans doute encore un grand nombre de textes que nous ne pourrons jamais recouvrer. Néanmoins une étude profonde et réfléchie de ce jurisconsulte philosophe nous ferait faire d'utiles découvertes.

Toutefois , je ne me dissimule pas la difficulté de cette entreprise : elle consiste dans des lectures souvent réitérées des Institutes , du Digeste, de tous les ouvrages de Cicéron > ainsi que de Tite Live , de Denys d'Halicarnasse, et de plusieurs autres : lectures faites dans un seul esprit dont il ne faudrait pas s'écarter. Il faudrait ensuite , à l'exemple de J. Godefroi , se familiariser avec la vieille langue latine , et proposer les textes. Mais que produirait à son auteur ce travail immense , pénible, et d'autant plus difficile, qu'il serait souvent distrait et arrêté dans sa marche par des beautés sans nombre , et qui, étrangères à son unique objet, le lui feraient perdre de vue ? Quel fruit retirer d'une telle entreprise, dans un tetns où mille productions frivoles captivent l'esprit du lecteur , et lerendent insensible aux beautés sévères d'un travail savant et philosophique ? Il faudrait avoir acquis un nom dans les lettrés , et assez d'estime dans l'esprit

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du public pour commander à son attention , et le contraindre à la reconnaissance. Pour moi, qui n'ai point à produire ces titres , je dois me borner à ce faible essai : puisse-t-il faciliter aux jeunes gens l'étude des antiquités du droit romain , épargner des recherches longues et pénibles au jurisconsulte qui exerce dans le barreau, donner à l'homme du monde des notions toujours utiles , et obtenir le suffrage des savans !

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