PREMIÈRE PARTIE. 8.T
un emblème de l'origine et de l'union des deux peuples qui l'ont fondée.
(/) Je supprime ici beaucoup de détails dans lesquels j'étais entré en voulant suivre Terrasson , qui ' nous donnait , pour les caractères particuliers auxquels on doit reconnaître la langue osque , toutes les varia tions qu'a éprouvées l'orthographe des Latins. Il ne s'agit que de quelques lettres qu'on employait pour d'autres , et des consonnes qui n'étaient point redoublées : à cyt égard , Quintilien ne laisse rien à désirer. Terrasson , frappé de la singularité de cette orthographe , qu'il prend pour son idiome imaginaire , la justifie* en disant que le petit peuple du pays lyonnais prononcerait encore aujourd'hui tama pour iam , les Gascons , ocisus pour occisus , parce qu'ils disent acent au lieu à' accent. II observe en outre que les personnes qui grasseyent parlent aussi la langue osque ; car elles disent libesum pour liberum, macistratum pour magis^ tratum et prœstase pour prœstare. Il faut convenir que voilà une foudroyante érudition. ,
(k) Les Toscans, les Samnites, les Sabins, les Latins , avaient chacun un idiome particulier , ainsi que toutes les autres petites nations qui peuplaient l'Italie / et,dont le territoire s'étendait rarement au delà de deux lieues. Cela parait difficile à croire relativement aux Sabins, dont une partie a été agrégée à la nation romaine dès le temps de Romulus. Cependant, d'après
86 CONCLUSION SUR LES Xlt TABLES.
le témoignage des historiens r on ne voit qu'un seul peuple qui ait parlé la langue des Romains , ce sont les Latins. Tite Live, faisant le récit de cette guerre si célèbre par le dévouement du premier Décius , dit que ce qui en rendait le succès plus incertain, c'est que les deux armées pariaient le même langage r circons- ' tance qui ne serencon trait point dans les autres guerres.
(l) S'il faut dire ce que je pense, je crois trèsfermement que le r était en usage parmi les Romains dès le commencement , et qu'ils n'ont jamais écrit ni prononcé Soma et Somulus , mais bien Roma et Romulus; seulement ils évitaient souvent de se servir de cette lettre, qu'ils appelaient canine, et dans la prononciation de laquelle ils trouvaient quelque chose de rude ; ils écrivaient donc honos , labos , arbos , pour honor , laboretarbor, ainsi que nous l'apprend Quintilien, et comme l'a remarqué saint Isidore ; mais on voit par ce dernier mot que , dans ce tems-là même , J c r ne leur était pas tout-à-fait inconnu.
C'est dans la loi II , ff. De origine juris , que l'on a cru voir que cette lettre n'avait pas été introduite dès l'origine dans l'alphabet romain ; et ceux qui rejetaient ce système ont mieux aimé dire des injures à Pomponius , que d'examiner sérieusement son texte. Gravina s'explique ainsi sur cette seconde loi : In qua non raro scriptoris diligentia ne dicam , an historiaruni cognitio desideralur? ut non mirum , si ab erudiiis non paucis ea lex Pomponio adjudicetur. •