LOI
Terrasson prétend avoir trouvé cette loi ; et , après avoir copié le passage de Cicéron que j'ai rapporté à la suite du texte , il ajoute : « C'est d'après ce passage que j'ai restitué le sens de la loi en ces ternies. » J'en suis fâché pour Terrasson ; mais son texte et le passage de Cicéron se trouvent dans Jacques Godefroi , et notre auteur n'a fait qu'ajouter quelques mots qui nuisent au laconisme de la loi. Le texte proposé par Godefroi est répété par Gravina ; ainsi il n'a pas été permis à Terrasson de l'ignorer.
LOI VI
f. M. Bouchaod s'est donné la peine de traduire le passage d'Aulu-Gelle qu'on cite en preuve de l'au-
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thcnticité de cette ioi ; mais sans doute il s'est commis à son insu quelques fautes d'impression qui jettent de l'obscurité sur ce passage. Je vais tâcher de le rendre intelligible.
La toi dit qu'une femme libre sera acquise par le droit de prescription , lorsque , pendant ufle année , elle aura demeuré chez nu homme libre , en vue du mariage , pourvu quitte ne s'en soit point absentée durant trois nuits.
Il faut d'abord remarquer que, chet les Romains, comme cela est usité parmi nous , le jour civil se comptait d'un minuit à l'autre.
Il fant ensuite se rappeler qu'on entendait par calendes le premier jour de chaque mois , et que , pour le mois de janvier , par exemple , les dix-huit derniers jours de décembre s'appelaient jours des calendes de janvier. On les comptait a l'inverse ; de manière que le 19 des calendes de janvier répondait au i4 décembre ; ainsi l'on peut dire indifféremment le 29 décembre , ou le 4 des calendes de janvier.
Ceci posé , on observe que le I er janvier une femme libre a commencé de demeurer avec un homme , dans l'intention du mariage , causé mairimenii , et l'on demande si le 4 des calendes de janvier , ou le 29 décembre suivant , elle est définitivement acquise à titre d épouse .
On répond que la prescription ne peut s'interrompre que par une absence durant trois nuits entières et accomplies; que le 4 des calendes de janvier, on n'a
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plus que trois nuits à compter, mais que les six dernières heures de la dernière nuit appartiennent au premier jour de l'année suivante ; que la femme est dans l'impossibilité d'interrompre la possession pendant trois nuits entières , et que , par conséquent , elle est acquise de plein droit. .
Tel est le passage d' Aulu - Gelle dont je trouve la traduction dans le commentaire de M. Bouchaud , altérée , comme je viens de le dire , par des fautes d'impression , qui même opèrent un tel contre-sens , qu'il y semble décidé que la femme n'est point acquise. Ce qui eût peut-être trompé tout autre , c'est le mot usurpata , qu'on aurait confondu avec mu cap ta. Mais notre savant commentateur a lui-même établi , dans un autre endroit , la différence qui existe entre ces deux expressions. Voici , au surplus , le texte :
Quintum ( quoque ) Mutium J. C. dicere solilum legi, non esse usurpatam muiierem , quœ cum calendis januariis apud çirum causa matr/monii esse cœpisset , et ante diem quartam calendas januarias sequentes usurpatum isset ( i ) : non enim posse impleri Irinoctium , qubd abesse à \iro usurpakdi causa ex XII Tabulis deberet; quoniam teriiœ noctis posteriores sex horœ alterius anni essent , qui inciperet ex calendis.