‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 7 sur 78 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

contracté <Je plein droit après un an d'habitation commune , et la peine de mort portée contre les magiciens ; ce qui ne peut donner qu'une très-faussc idée du droit établi par les décemvirs ; et si le lecteur velit en savoir davantage , on le renvoie à Rittershusius, à Bonaray et à Terrasson , c'est-à-dire qu'on lui indique ceux qui sont le moins capables de l'instruire sur cette importante matière (1).

J'ai peine à croire que le rédacteur du premier article ait eu sous les yeux les textes des Douze Tables lorsqu'il a accusé leur style de barbarie ; et je suis convaincu qu'avec un peu de réflexion il l'aurait jugé plus équitabler ment

Il doit se trouver de l'obscurité dans la plupart de ces fragmens ; mais elle n'existe que pour nous, qui ne connaissons pas assez la langue que parlaient les Romains du tems des décemvirs. Nous ne comprenons guère mieux les poésies du comte de Champagne , qui faisaient autrefois le charme de tous les Français instruits , et dans lesquelles nous découvrons «ncore aujourd'hui beaucoup de politesse et d'élégance.

{ 1 ) On en verra la raison dans un aulré endroit.

8 CONCLUSION SUfc LES XII TABLES.

D'ailleurs le style sévère et le noble laconisme que demandent les lois , sont peut-être la première cause de l'obscurité dont nous nous plaignons ; mais de là il y a loin jusqu'à la barbarie.

Ce n'était pas ainsi que Cicéron s'expliquait sur les Douze Tables, et personne ne sera tenté d'infirmer la décision d'un tel juge.

Son traité de l'Orateur est rempli d'éloges qui portent précisément sur le style ; et, dans son quatrième livre de la République , il les admire , non seulement à cause de la sagesse de leurs dispositions , mais encore pour la propriété des termes , et parce qu'elles sont écrites avec élégance. Ce maître de l'éloquence romaine dit , dans un autre endroit , qu'il y a certains termes consacrés aux lois , qui , pour n'être pas si nouveaux que ceux dont il se sert lui-même , n'en ont que plus d'autorité ; et il tache d'imiter ce langage antique dans les lois qu'il propose.

Mais afin de prononcer nous-mêmes , cherchons quelques exemples de ce beau laconisme et de ce ton impératif qui conviennent sibieu aux législateurs.

Pour interdire les privilèges :

Privilégia ne irroganlo*

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