SUR LA HUITIÈME TABLE
loi m.
Il paraît, par un texte de Gaïus, ff. 1. dernière, finium regundorum , que les décemvirs avaient , en quelque sorte , quodammodo, à l'imitation de Solon, établi d'autres règles encore sur les limites et les intervalles qui devaient séparer les biens de campagne , et même sur les plantations; mais on ne connaît nullement ces autres dispositions. C'est pour cela qu'après la seconde loi de cette huitième Table , J. Godefroia mis ces mots : De finium ratione lex incerta , ad exemplum legis ailicœ Solonis , pour indiquer seulement la place que devrait occuper cette loi, dont les dispositions ne nous sont pas connues. Mais ïerrasson a pris ce titre de J. Godefroi pour un texte positif; il a fait mieux, il Ta mêlé avec la loi 3 qui le suit ; il a fait mieux encore, il a pris pour deux lacunes, que J. Godefroi n'avait pas osé remplir , le blanc qui ' sépare le titre de cette loi qui manque, de la loi qui précède et de celle qui suit; et, plus hardi qucJ. Godefroi , il promet de remplir ces deux lacunes; il prétend même que cela n'est pas difficile : en consé-
quence, et avant le titre , il met d'abord ces mots , que sans doute il aura trouvés dans le vocabulaire des Osques : Ut. non. sit. amplius; mais en nous parlant ensuite de Solon et des décemvirs, il oublie soudain la seconde lacune, et nous laisse ce beau texte : Ut. non.
SIT. AMPLIUS. DE. FIMUM. RATIONE. LEX. I3SCERTA. AD. EXEMPLUM. LEGIS. ATTIC^. SOLOMS. 1NTRA.
QUINQUE. PEDES. ETERNÀ. AUCTORITAS. ESTO.
Ce n'est qu'avec le secours de la syntaxe des Osques qu'on peut entendre quelque chose à cette construction. Voici comment il la traduit : Afin que les bornes des héritages ne soient plus incertaines et arbitraires , qu' à V exemple d une loi de Solon (1) , il y ait un espace de cinq pieds entre le champ a" un particulier et celui de son voisin , et l'on ne pourra point prescrire contre cet établissement.
Il faut convenir qu'il y a peu de savans de cette force-là ; il ne faut plus s'étonner de ce qu'à l'occasion de la loi qui suit , le même écrivain s'élève forte- ♦ment contre Grotius , pour avoir dit que Voir est une chose commune à tous les hommes , et qu'il ne peut point
passer en propriété.
(1) C'est bien connaître l'esprit des dëccmvlrs !
SECONDE PARTIE. îgg