X. Heuschling
j (Chaque nombre de ce tableau indique donc le danger de mort qui pèse sur chaque individu moyen. On peut encore, si Ton veut, multiplier par mille chacun de ces coefficients, en avançant la virgule de trois chiffres vers la droite, et obtenir ainsi le nombre de décès fourni annuellement par mille vivants de chaque âge.)
Ainsi de 5 à 10 ans le danger de mort est descendu de 20 et même de 23 à 13 ; de 10 à 20 ans, le siècle passé > comptait en moyenne 10 décès la où nous n’en comptons I que 8. De 20 à 30 ans, quand le xvnff siècle compte 15 ij décès, nous n’en avons que treize et demi, soit 27 au lieu il de 30; ainsi de suite aux âges suivants, en exceptant poutaî tant les derniers de 80 et au delà. 11 est peu probable que fj le danger de mourir ait varié à ces âges avancés : il ne i faut pas perdre de vue d’ailleurs que les chiffres qui l’exs priment ont une faible valeur à cause des petits nombres qui les ont fournis.
C’est donc d’une voix unanime que Moheau, Dupré Saintl'Maur, Messance, en confrontation d’Heuschling, déclarent la mortalité de chaque âge plus forte de leur temps qu’au nôtre.
Interrogeons pourtant nos autres documents.
SE. — Deuxieme méthode, applicable aux documents de Uuvillard el à ceux du XIXe siècle.
Nous pouvons descendre plus avant dans la question ; car nous avons encore pour le xviue siècle le travail d’un savant très distingué, dont l’ouvrage témoigne et d’un grand savoir mathématique et d’une bonne entente statistique. Nous voulons parler de la mortuaire et de la table de population queDuvillard nous a données à la page 123 de son Analyse .
Pour le xixe, nous produirons de nouveau la mortuaire deX. Heuscbbng. Mais à quelle table de population la comparerons-nous? La solution de cette question nous a pris bien des veilles, et pour arriver à un résultat négatif, à savoir, que dans notre siècle de progrès rapides, une mortuaire, même lorsqu’on connaît les mouvements de population et la somme totale des vivants, est insuffisante pour déterminer la distribution de la population : nous sommes obligés de conclure, avec M. Quételet, que c’est un problème incomplètement déterminé, et qu’on n’arrive à une solution approximative que par des tâtonnements plus ou moins heureux.
Nous avons donc dû rapporter notre dernière mortuaire à des tables de population émanant de différentes sources, afin que le lecteur, appréciant lui-même les différences qu’il y a entre chacune, puisse se rendre compte de l’étendue des oscillations, et acquérir la conviction que, si elle s’oppose à la détermination précise du danger de mort, elle ne laisse aucune incertitude sur la grande distance qui sépare celui de notre époque de celui déterminé par Duvillard comme appartenant au siècle passé.
Ainsi, nous donnons, pour comparer à la mortuaire de la période 18â0-û9 :
EMPLOI DES DOCUMENTS
En premier lieu, le recensement par âges de 1851, ramené d’abord au total de 1845 , puis complété pour les premières années sur le mouvement de l’état civil, qui accuse un oubli de 500,000 enlânts (note 2) ;
En second lieu, la table de population de M. Mathieu, que ce savant a calculée par tâtonnement en s’appuyant sur les diverses données qu’il a pu se procurer [Annuaire du Bureau des longitudes ) ;
Enfin la table qui résulte de la méthode dite de Halley, calculée comme il a été dit précédemment, p. 70 à 72, en rectifiant pourtant, comme dans le recensement, les premiers âges par les documents absolument certains de l’état civil, et ramenant le total des vivants à la même somme que le recensement rectifié (35,900,000).
Puis, réduisant comme ci-dessus, on obtient les tables suivantes (voir aussi la note 3) :
AGES
TABLES MORTUAIRES pour
cent mille habitants.
TABLES DE POPULATION re'duites à l’unité (notes II et III).
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