‹ Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccineChapitre 32 sur 52 · II. — Interprétations erronées de l’ augmentai* on des · texte numérisé non relu

II. — Interprétations erronées de l’ augmentai* on des

chiffres de mort-nés.

Voici encore un élément statistique avec lequel nos vaccinophobes ont fait grand bruit. Ces pauvres mort-nés

fois), nous en compterions environ 100 000 par an. Ce serait une perte annuelle de 100 000 enfants de quatre ans : si l’on estime que a chacun a coûté 200 francs, c’est une perte annuelle de 20 millions ’ de francs ; et si à ce chiffre on ajoute la dépense, la perte de travail 1 résultant des 8 à 900 000 varioles annuelles, on comprendra le prix de la vaccine, et en général de toute prophylaxie d’affection endéri mique et grave, et l’on se demandera si la lésinerie d’un grand nombre de départements pour la propagation du cowpox est une économie bien entendue.

(1) Nous avons résumé nous-même quelques-unes de ces lois dans >tj notre thèse inaugurale ( 1852), plus récemment dans une lettre adressée i à AI. Guillard, et que cet auteur a insérée en entier dans ses Eléments Vt de Démographie comparée, iu-8, p. 335 (Guillaumin, 1855).

lsfr CHAPITRE CINQUIÈME.

serviront longtemps encore de trompette aux contempteurs de notre siècle, car ils paraîtront augmenter en Europe à mesure que l’état civil s’améliorera, se perfectionnera, que l’enquête statistique entrera plus avant dans les mœurs. Un peu de réflexion suffira pour s’en rendre compte.

En général, le mort-né (1) n’a d’existence légale que là où un état civil est institué; ailleurs, en général, tout mort avant le baptême s’enterre dans le premier coin Venu ; c’est ainsi qu’il se pratiquait et, sans doute, qu’il se pratique encore bien souvent en Angleterre, et toujours en Espagne et dans tous les pays arriérés.

Même en France, bon nombre de mort-nés échappent à l’éiat civil, souvent par ignorance, quelquefois pour certains intérêts faciles à deviner. Nous avons été à même de faire à ce sujet des recherches particulières dans quelques départements, et nous avons acquis la certitude, soit par les aveux des secrétaires des mairies, soit par la collation des registres publics, que la plus grande irrégularité existe à ce sujet. Nous avons trouvé des cantons entiers qui n’enregistrent pas un seul mort-né dans une année. C’est ce qu’on remarque surtout dans les pays d’ignorance, où l’on s’accoutume difficilement à remplacer la vieille paroisse par la jeune commune, et où maintes braVes gens s’imaginent qu’un mort-né, qu’un non baptisé n’intéresse point la société qui n’a que faire de l’inscription civile, et qui peut bien le laisser enterrer sans ténnin au bord du chemin. Comme médecin, nous avons dû quelquefois nous opposer à cette pratique.

On se méprendrait encore si l’on croyait que toute

(1) Eu administration, on comprend généralement sous cette dénomination (contrairement au sens médico légal) tous ceux décédés avant reuregistmnent civil.

grande ville, que Paris au moins doit être affranchi de ces irrégularités. Sans doute, la soustraction d’un mort-né venu à ternie doit être plus rare à Paris, car elle est plus difficile, et l’on sait généralement qu’elle est interdite; aussi les déclarations de mort-nés sont-elles très nombreuses dans cette capitale. Mais la loi exige-t-elle que l’avorton soit couché sur les registres publics? Il ne paraît pas.

A Paris pourtant, il est probable que les mort-nés venus à 7 ou 8 mois sont ordinairement enregistrés et viennent grossir le chiffre total : mais en fait, à quel âge commence l’inscription de l’avorton? Nous croyons qu’on l’ignore. On comprend quel arbitraire le silence de la loi laisse sur une pratique non obligatoire.

Il résulte de là que le nombre de ces inscriptions non obligées peut et doit varier avec les usages des citoyens et de l’administration ; et l’on peut présumer que la tendance doit être d’inscrire l’avorton de plus en plus jeune. Il faut avouer d’ailleurs que la justice nous paraît être intéressée à ce mouvement,

Quoi qu’il en soit, voilà les considérations qui dominent la question des mort-nés ; voilà pourquoi ils iront en augmentant avec l’instruction, la civilisation, le perfectionnement des enquêtes administratives et statistiques,

Voilà pourquoi il est illogique de vouloir tirer des inductions physiologiques, soit de leur inégalité relative dans nos départements, soit de l’accroissement de leur nombre sur les registres publics.

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