Action des étincelles statiques sur la température
locale des réglons soumises à ce mode de franklinisation.
SociiU de Médecine de Lym, Académie des^ Sciences, Arch-ves d'ElecMcilé
Ce travail a été entrepris pour savoir quelles sont les actions vasomotrices causées par l’étincelle jaillissant directement sur la peau. Duchenne, de Boulogne, affirme dans son traité sur VElectrisation localisée, que la température de la peau sur laquelle a jailli une série d’étincelles s’abaisse. Je me suis entouré de toutes les précautions nécessaires de façon à éviter les erreurs faciles à commettre dans ce genre d’expériences. trouvé que non seulement la température locale de la région soumise à l’action des étincelles ne s’abaisse pas, mais qu’au contraire, elle s’élève d’une ■quantité assez sensible: le maximum d’élévation n’a pas lieu pendant que jaiilissent les étincelles, mais quelques minutes après que la machine est arrêtée. La coloration de la peau est d’abord pâle, mais elle devient rapidement rouge; si la décharge statique a duré plusieurs minutes, on voit se former une phiyctène pleine de sérosité. Après la guérison de cette phiyctène, la peau reste colorée en
1“ Influence du signe de l’effluve sur l’étendue de la surface impressionnée. Pour apprécier exactement l’étendue de cette surface, j’al mis à profit l’action de l’ozone due à l’effluve sur le papier ioduré amidonné, et j’al chaque fois photographié l’épreuve colorée obtenue. Les photographies montrent que le souffle positif est beaucoup plus éparpillé que le souffle négatif : la densité électrostatique est plus grande dans le second cas que dans le premier.
2" Influence du signe sur l’intensité |du vent électrique.
Je me suis servi d’une sorte d’anénomètre qui m’a permis de constater nettement que l’effluve négative souffle plus fortement, toutes choses égales d’ailleurs, que l’effluve positive. Ce résultat est intéressant à noter au point de vue pratique.
3" Influence de l’angle de la pointe sur l’étendue de la surface impressionnée. Pour faire cette étude, j’ai fait construire une série de pointes terminées par des angles : variant entre 96 à 8 degrés et faites avec une même tige ■] de 9 millim. de diamètre. En me plaçant chaque fois ' dans les mêmes conditions, j’ai trouvé, comme l’indiquent bien les photographies, que le diamètre de la surface impressionnée par l’effluve est d’autant plus petit que l’angle de la pointe est lui-même plus petit. La loi for- ' mulée par Boudet, de Paris ; « le diamètre de la surface influencée par le souffle est égal à une fois et demie la , distance de la pointe à la surface », est donc contraire aux faits observés. Ce diamètre dépend, comme le montrent mes expériences, et du signe de l’effluve, et de l’angle au sommet du cône d’où émane l’effluve.
4» Le quatrième point que j’ai étudié est relatif à lu;.; détermination des effets vasovnoteursque produit l’effluve sur les régions soumises à son action. Un thermomètre
à température locale de Seguin, protégé à l’aide d’un manchon en verre, faisait connaître les variations de la température de la zône cutanée effluvée. En prenant soin d’attendre, avant de commencer une expérience, que la colonne mercurielle soit bien devenue stationnaire, on trouve que sous l’influence de l’effluve il y a abaissement de la température. Cet abaissement est plus grand avec l’effluve négative qu’avec la positive ; de plus, l’abais- ■ sement maximum a lieu après l’arrêt de la machine. Les chiffres fournis par plusieurs expériences jpermettent de comprendre les heureux effets obtenus en électrothérapie par l’effluve statique.
Ce mémoire est l’exposé des expériences que j’ai entreprises dans le but de savoir si les phénomènes thermiques qui se passent au niveau des électrodes sont dus à une cause purement physique, comme l’a écrit Boudet, de Paris {Revue générale de médecine, 1882, p. 261), ou à une cause d’ordre biologique.
Je me suis servi d’une électrode particulière, imaginée par M. le professeur Bergônié : elle se compose de deux cylindres en verre soudés à leur partie supérieure; dans l’espace annulaire, on peut faire un vide partiel ou introduire un liquide quelconque. En plaçant de l’eau dans le cylindre intérieur on constitue une véritable électrode liquide à laquelle on amène le courant à l’aide d’un crayon de charbon. Si l’on fixe cette électrode sur la peau, en ayant soin de placer un thermomètre sensible dans l’eau, on constate que la température s’élève-, mais
d’une quantité différente pour chaque pôle : avec le pôle positif l’élévation est plus grande qu’avec le pôle négatif. Ce premier résultat prouve que les phénomènes oalorifiques de l’anode et de la cathode sont dus à autre chose qu’à l’application de la loi de Joule.
Pour éviter que le thermomètre ne soit influencé par la quantité de chaleur provenant de la transformation de l’énergie électrique en énergie calorifique, j’ai eu l’idée de placer l’eau servant d’électrode dans l’espace annu-, laire et j’ai fixé dans le cylindre intérieur et sur la peau un thermomètre à température locale, de Seguin. Dans ces conditions, il y a encore eu élévation de température, mais on ne peut plus ici la rapporter à autre chose qu’aux phénomènes vasomoteurs produits par le passage du courant. L’accroissement therniométrique n’est pas le mêpie pour chaque pôle et, de plus, il ne se fait pas suivant la même progression. En prenant les élévations de température pour ordonnées etles minutes pour abscisses, on obtient une courbe à concavité inférieure dans le cas du pôle positif, tandis que celle qui correspond au pôle négatif a une concavité supérieure. Enfin, la courbe positive est plus élevée que la négative. Ces résultats, qui sont nouveaux, prouvent que le courant galvanique applicpié au corps de fhomme produit des modifications thermiques différentes à l’anode et à la cathode; ces modiflc itions sont dues à des actions vasomotrices et non pas à une simple cause physique.
20.- Variation delà sensibilité galvano.cutanée avec la densité électrique.
Société de Biologie, 1896, el Xrchives d'Électricité médicale, 1896.
Les seules recherches de Boudet, de Paris, sur cette question avaient été faites en essayant de reproduire une
trique est plus fortement excitée avec le pôle négatif qu’avec le positif, et qu’elle varie beaucoup plus rapidement avec des électrodes de faible surface qu’avec des électrodes de grande surface.
électrode
à 250 centimètres carrés, ont servi à faire ces expériences. En prenant comme moyen d’évaluation de l’intensité du courant faradique la modification apportée dans la longueur d’une colonne liquide, on a obtenu pour chaque bobine induite une courbe qui représente la variation de la sensibilité électrique avec la densité.
La courbe correspondant à la bobine à fil moyen (R = 15 “ ) s’écarte peu d’une parallèle à l’axe des surfaces; tandis que les courbes des deux autres bobines, 1 “ et 1,000 “ sont des arcs de paraboles beaucoup plus ouvertes. L’examen de ces courbes montre que pour les petites surfaces d’électrodes, les effets sensitifs produits par les bobines 1 “ et 15 “ sont assez voisins les uns dés
autres et que, pour les grandes surfaces, ce sont au contraire les effets dus aux bobines 15 “ et 1,000 “ qui tendent à acquérir la même valeur.
Enfin, l’ensemble des trois courbes que ces recherches ont permis de construire font connaître immédiatement l’influence de la résistance du fil constituant les bobines induites sur la sensibilité cutanée. Il suffit de considérer fordonnée correspondant à une surface donnée d’électrode pour voir à quel point cette ordonnée rencontre les courbes des trois bobines. Pour des électrodes de petites surfaces, l’emploi de la bobine très résistante est accompagné de phénomènes extrêmement douloureux, la bobine de 15 “ produit des effets bien moins vifs, enfin avec la bobine de faible résistance la sensation est à peine accusée. If avantage de cette dernière bobine apparaît encore mieux si l’on emploie des électrodes de grande surface.
On conçoit fimportance pratique de ces recherches, si l’on songe que la plupart des appareils médicaux portatifs (les plus nombreux) sont constitués par des bobines à filtrés résistant. On voit qu’il est impossible avec de tels appareils de ne pas agir fortement sur la sensibilité cutanée, alors qu’on ne veut que provoquer des contractions musculaires.
12. — Du rôle de la résistance électrique des électrcdes dans les effets sensitifs du ccurant.
Archives d'ÉlecIricUé médicale, ISIfâ et Lyon Médical, 1895.
Dans ce mémoire, j’examine les différentes circonstances, tenant à la nature même des électrodes, qui influent sur les phénomènes sensitifs produits par le courant. Toutes choses égales d'ailleurs, un courant donné
provoque une douleur plus ou moins vive, suivant la composition de l’électrode qui sert à appliquer ce courant, Si on se sert d’une électrode métallique, la douleur ne tarde pas à devenir insupportable, bien que l’intensité soit très faible. De même, si l’on emploie une électrode très résistante, la douleur correspondant à une intensité donnée est plus vive qu’avec une électrode de même surface, mais moins résistante.
Après avoir rappelé certaines expériences de Duohenne, de Boulogne, faites sur. des muscles dénudés'et avoir montré que les différences, au point de vue sensitif,' constatées par cet auteur, ne tiennent pas à une variation de densité électrique,- mais bien à une variation de résistance, j’expose les expériences que j’ai faites à l’aidé d’électrodes de même surface, mais,possédant des résistances différentes. Ces résistances ont pu être mesurées^ ce qui donne une plus grande exactitude aux résultats obtenus. Comme réactif de l’effet sensitif, j’ai pris la sensation minima facile à produire avec un rhéostat à liquides.
J’ai ainsi démontré que l’effet sensitif du courant dépendait du rapport qui existe entre la résistance de l’électrode et la résistance de la peau placée sods l’électrode. L’effet sensitif le moins intense est obtenu lorsque l’électrode possède une résistance d’environ 10 ohms par centimètre carré. On ne peut donc pas, d’après cela, dire,, que,la meilleure électrode est celle qui est en peau de chamois, ou en amadou, ou en argile, etc. ; la meilleure est celle dont la résistance est jvoisine de celle de l’épiderme humide.
L’état de sécheresse ou d’humidité de l’épiderffle influe aussi sur les phénomènes sensitifs, comme le montrent' quelques expériences que j’expose également. Ainsi, mes '
de l’intensité, J’ai eu recours au courant galvanique dont’)^ l’intensité peut être exactement déterminée. Après une étude historique et critique de la question, j’indique la technique suivie : elle a consisté à placer l’épiderme de ■ chaque région explorée toujours dans le même état d’imbibition, et cela en employant une électrode liquide . ' à laquelle le courant était amené par un crayon de charbon. Au lieu de chercher à produire une certaine sensation impossible à reconnaître, j'ai utilisé le seuil de l’excitation sensitive; le courant était établi peu à peu, très * lentement et le sujet était prié d’indiquer le moment où . il commençait à sentir le passage du courant. L’autre j électrode, indifférente, était très large. |
La topographie a été déterminée ainsi pour l’un èt j l’autrepôle.L’efîet sensitif du pôle négatif est toujours plus | précoce que celui du positif.Lesnombresdemilliampère5||
3mment elles sont perçues, itre !"■ est relatif aux courants galvaniques. Afin r le mécanisme de la sensation particulière i recherché la part qui revient aux phénomènes
, es des courants dans l’excitation de la sensibilité électrique de la peau. L’élévation de la température constatée ne peut pas rendre compte de la sensation éprouvée sous les électrodes.
' J’ai alors essayé de voir s’il se formait des produits chimiques par électrolyse soit au-dessus, soit au-dessous
de l’épiderme, permettant d’expliquer le sentiment de chaleur picotante pendant le passage du courant. Malgré tous les soins apportés à ces déterminations, je n’ai pu déceler nettement la faible proportion de composés chimiques mis en liberté. Cette minime quantité de caustiques est insuffisante pour expliquer la sensation éleo-
On est alors obligé d’admettre que c’est le courant luimême qui agit sur la sensibilité de la peau. Ce qui prouve l’exactitude de cette manière de penser, c’est que les lois de Pfüger s’appliquent aux phénomènes sensitifs.
L’action des anesthésiques sur la sensibilité électrique est ensuite étudiée : de ces expériences il résulte que l'a sensibilité électrique n’est pas abolie, mais seulement dniimuée.
Le chapitre II renferme les recherches que j’ai faites sur l’exploration de la sensibilité de la peau par le courant faradique.
par ce courant, j’examine l’influence du condensateur de Fizeau sur les effets sensitifs; mes expériences prouvent que la sensibilité est bien plus régulièrement excitée lorsque la bobine inductrice possède ce condensateur. ■
L’influence du nombre d’interruptions des appareils faradiques est ensuite étudiée. L’effet sensitif varie avec ce nombre, mais non pas régulièrement ; la sensibilité est de plus en plus vite excitée à mesure que le nombre des interruptions augmente.
J’ai examiné d’une manière spéciale ce que devient la sensibilité farado-cutanée, lorsqu’on augmente la capa^ cité de la bobine induite.
J’ai cherché encore à voir ce que devenait la sensibilité de la peau lorsque le courant reste appliqué pendant un
sensation
l’influence de la fréquence sur les effets sensitifs. J’ai trouvé qu’à mesure que la durée des périodes diminue la sensibilité est de plus en plus vite excitée.
Le chapitre IV se rapporte à \d..franklinisation.
L’influence du signe des étincelles est étudiée au point de vue de la différence des effets sensitifs produits par les étincelles positives et négatives. L’influence de la longueur des étincelles et de la grosseur des excitateurs est
Je m’occupe ensuite de Vefflme statique et des actions vasomotrices produites: j’ai vu que la température de la région effluvée s’abaisse notablement. Ce chapitre est terminé par l’étude de l’aigrette et du hain statique.
Dans le chapitre V, j’étudie les courants de haute fréquence. J’expose d’abord le dispositif employé pour les produire, puis j’indique le résultat de mes recherches sur la modification produite par ces courants, de la sensibilité électrique explorée à l’aide des courants galvaniques et faradiques.
En somme, il se dégage de l’ensemble de ces expériences des conséquences pratiques qui me paraissent importantes pour les applications électrothérapiques. Pour