‹ Concours d'agrégation, section d'anatomie et d'histologie, année 1897-1898, exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 2 sur 4 · D’HISTOLOGIE NORMALE ET PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

D’HISTOLOGIE NORMALE ET PATHOLOGIQUE

De l'appareil urinaire des vieillards

De ce travail basé sur les documents recueillis pendant nos quatre années d’internat, nous résumerons tout d’abord les deux premiers chapitres qui sont consacrés à l’étude des altérations macroscopiques et microscopiques que présentent, chez les vieillards, le rein, les calices, le bassinet, l’uretère et la vessie.

i° Rein sénile. Afin d’éloigner toute cause d’erreur, les reins ont été recueillis chez des vieillards morts à la suite de traumatisme ou d’affections n’ayant aucun retentissement direct sur l’appareil excréteur de l’urine.

Ayant noté les modifications survenues dans la forme, le poids, les dimensions, la coloration, la constitution (kystes corticaux) du rein, nous avons, à l’aide du microscope, recherché les causes anatomiques de l’atrophie de l’organe.

En basant notre description sur les préparations microscopiques nous avons montré que, dans le rein sénile, on retrouve des altérations scléreuses (prolifération conjonctive plus ou moins abondante) non systématisées, localisées tantôt sous la capsule d’enveloppe (sclérose sous-capsulaire), tantôt autour des vaisseaux (sclérose péri-vasculaire), tantôt autour des glomérules et dans les glomérules (sclérose périglomérulaire et glomérulaire), tantôt entre les tubes (sclérose intertubulaire) et fait voir enfin combien souvent cette lésion est diffuse dans le parenchyme.

Ces données anatomo-pathologiques qui confirment celles antérieures de Lancereaux, Démangé, Sadler, Duplaix, l’observation attentive du point de départ et de l’évolution des lésions dans le parenchyme, nous ont amené à admettre

que le processus irritatif chronique atteint d’abord le système vasculaire artériel (vaisseaux capillaires et glomérules).

L’examen de nos préparations nous a conduit à rejeter, à l’exemple de Duplaixj Corail et Brault, l’hypothèse d’une origine épithéliale attribuée à la sclérose sénile du rein par Ballet. Il ne nous a pas été possible de retrouver sur nos coupes rien qui corresponde aux descriptions anatomiques ■ que cet auteur a données dp processus scléreux entre les glomérules d’un même lobule.

Parmi les lésions observées, mention est faite de celles qui se rencontrent dans la néphrite scléreuse ascendante chronique qui s’observe lorsqu’il.existe un obstacle, au cours normal de l’urine. Ces lésions mettent le rein dans un état d’infériorité de résistance et de réceptivité morbide et préparent le terrain aux infections microbiennes.

Les calices, le bassinet, les ureteres présentent chez les vieillards un épaississement plus ou moins notable, parfois considérable, de leurs parois. Sur des coupes minces, on retrouve une hypertrophie de la couche musculaire lisse et du stroma conjonctif.

2? De la vessie chez le vieillard. Parmi les lésions que présente chez le vieillard le réservoir de l’urine, nous avons étudié tout particulièrement celles qui n’avaient été, avant nous l’objet d’aucune description histologique. Notre étude sur les vessies à colonnes peut être résumée de la façon suivante : Sur une préparation portant sur deux colonnes sectionnées perpendiculairement à leur grand axe et sur la portion de paroi vésicale intermédiaire on voit :

i° La muqueuse se, soulever au niveau : de chaque colonne et dans leur intervalle présenter une - dépression profonde avec quelques petites sinuosités. Cette muqueuse, qui n’est pas sensiblement épaissie, contient des vaisseaux capillaires coupés en différents sens et assez volumineux,

[ue la raison de l’hypertrophie musculaire locajlonnes charnues. Il nous semble qu’il y a lieu cette hypertrophie non seulement à l’augmen-

mation fibreuse du chorion de la muqueuse et surtout de la couche sous-muqueuse lâche à l’état normal et qui a en quelque sorte disparu dans ces conditions pathologiques. Cette néoformation de tissu scléreux intermusculaire et sous-muqueux pourrait bien par sa rétraction, analogue à celle que l’on observe dans tous les organes sclérosés, déterminer des rétractions partielles qui exagéreraient encore la saillie due à l’hypertrophie circonscrite des fibres musculaires. C’est là du moins une interprétation qui nous est suggérée par les détails de notre observation microscopique.

La muqueuse vésicale présente des dépressions, des diverticules pouvant devenir progressivement des cellules et même de vraies poches vésicales. Leur structure est la suivante : l’examen de la paroi vésicale, fait à un faible ' grossissement au niveau de l’un des diverticules de la muqueuse, montre que l’enfoncement de cette membrane, dont le bord libre est sinueux, a lieu dans un point où les faisceaux, soulevant la muqueuse, forment une sorte de bourrelet. L’autre côté du diverticule contient des faisceaux de fibres musculaires, mais beaucoup moins abondants. En revanche, il semble que la muqueuse et la couche sousmuqueuse ont subi un épaississement considérable. Nous noterons aussi que, spécialement au niveau de l’un de ces enfoncements diverticulaires, la muqueuse présente un semis correspondant à des vaisseaux sanguins volumineux sectionnés.

Un des côtés de l’orifice de la hernie vésicale, examiné à un faible grossissement, est formé par la saillie de faisceaux musculaires soulevant la muqueuse. Ceux-ci présentent du reste toutes les altérations que nous avons mentionnées ci-dessus en décrivant la constitution des colonnes. La muqueuse, sur la partie externe de la colonne charnue, du côté où elle se continue avec le reste de la muqueuse

vésicale, est épaissie et fusionnée avec la couche sousmuqueuse, transformée elle-même en un tissu fibreux dense. Du côté correspondant à l’entrée de la poche, au contraire, elle est moins altérée et même décollée du tissu sous-jacent, ce qui permet de voir que la sous-muqueuse est à peu près

Une coupe portant sur une portion circonscrite de la paroi de la hernie vésicale fait voir que la muqueuse est conservée avec ses sinuosités et les caractères habituels de son chorion; elle présente un piqueté vasculaire abondant. La sous-muqueuse, qui se confond, du reste, insensiblement avec la muqueuse, est formée d’un tissu fibreux serré, dans lequel sont creusés de nombreux vaisseaux sanguins. Enfin, extérieurement, se trouve une couche de tissu cellulaire lâche avec des groupes de vésicules adipeuses et des vaisseaux sanguins, à direction parallèle, à la surface de la coupe. En terminant, il est très important de faire remarque que, dans lé cas qui nous a été donné d’observer, la paroi de cette vessie supplémentaire est constituée, indépendamment de la muqueuse, par un épaississement de la sousmuqueuse, devenue fibreuse sans interposition ni adjonction de fibres musculaires lisses.

La surface externe de la poche vésicale est en rapport avec une zone celluleuse plus ou moins abondante, tantôt lâche et permettant une distension très grande, tantôt plus dense et la faisant adhérer aux tissus voisins. Elle peut affecter des rapports plus ou moins intimes avec des aponévroses et le péritoine.

Les altérations séniles de la vessie s’accompagnent de lésions de l’appareil vasculaire de l’organe (endo-périartérite des artérioles, dilatation des plexus veineux).

à des grossissements variables nous a permis de décrire la structure des culs-de-sac et les conduits excréteurs et de résumer les caractères histologiques que présentent le paroi et l’épithélium.

2° A la puberté. Peu modifiée dans les années qui suivent, la prostate, à l’époque de la puberté, participe au développement de l’appareil génital externe et profond. A la loupe, le tissu glandulaire est très développé; il occupe toute la zone sous-uréthrale et s’étend au-dessous des canaux éjaculateurs. A la périphérie de la glande il est enveloppé par une zone formée de fibres conjonctives, de libres musculaires lisses et striées, entrecroisées dans tous les sens etcontenant des plexus veineux déjà très développés.

Les culs-de-sac glandulaires qui sont considérablement augmentés de volume ; réunis sous forme de grains d’une grappe, ils sont remplis par un épithélium stratifiée. Une partie intéressante de la coupe est l’étude de la trame interglandulaire. Les travées qui séparent les glandes les unes des autres sont très appréciables: elles nous-apparaissent comme formées par des fibres conjonctives colorées en rose, peu serrées, et surtout par des fibres musculaires lisses. L’épaisseur des travées varie entre 6 et 20 p.. Les fibres lisses, à un faible grossissement, se montrent sous forme de petites masses saillantes fortement teintées en jaune. Elles sont, pour la plupart coupées perpendiculairement à leur direction ; surtout au voisinage du centre ; à la périphérie, leur obliquité est plus ou moins grande et elles fdrment en ce dernier point avec le tissu conjonctif et quelques fibres striées une zone marginale séparant bien nettement la glande des tissus

3” Chez ladulte. A l'âge de 20 ans , par exemple, nous notons déjà une légère augmentation- de nombre des fibres lisses, qui ont 6 à 8 p. dans leur diamètre transversal, sont groupés en faisceaux rapprochés les uns des autres et

séparés par des travées conjonctives qui mesurent 3o à 4o p

A 22 ans, sur une coupe mesurant 35 millimètres de largeur sur 21 millimètres de hauteur et au milieu de laquelle se trouve la section de l’urèthre, nous n’avons rien à-noter dans la structure intime des culs-de-sac qui présentent toujours le même aspect, soit qu’on les examine entre l’urèthre et les canaux.déférents, au-dessous de ces derniers, ou dans les lobes latéraux. Il faut noter toutefois qu’il existe, au pourtour de l’urèthre, un groupe de glandes présentant absolument les caractères des glandes prostatiques, et offrant autour de ce conduit une disposition annulaire ; elles sont munies de canaux excréteurs.-

Il résulte aussi de nos examens, que les travées conjonctives sont plus épaisses, qu’elles séparent les fibres musculaires lisses groupées en faisceaux, bien nettement les unes des autres. Si on rapproche cette augmentation du ; tissu conjonctif de l’accroissement total du volume de la glande, on voit que c’est aussi bien au développement des travées qu’au développement des glandes qu’il se fait. Le tissu conjonctif est composé presque en totalité par des faisceaux de fibres adultes, fortement colorées en rose par le carmin et ne présentant presque plus de noyaux. Ces fibres rayonnent en tous sens et se tassent à la périphérie, où elles forment une véritable capsule fibreuse. Malgré l’apparence irrégulière qu’affecte le tissu conjonctif, lorsqu’on l’examine à un fort grossissement, il est possible en regardant la préparation par transparence ou en recourant à un très faible grossissement, de voir une espèce d’anneau conjonctif en forme d’U, qui enserre l’urèthre, les canaux éjaculateurs et les culs-de-sac voisins.

Dix ans plus tard, à 32 ans, les travées conjonctives s’accentuent encore et on voit parfois autour des artérioles un léger épaississement du tissu conjonctif.

Chez l’homme adulte, entre 35 et 40 ans, la particularité vraiment intéressante est la présence dans les culs-de-sac de nombreux calculs de dimensions variables qui, observés pour la première fois par Morgagni, ont été l’objet d’une description détaillée de Robin ( Traité des Humeurs, page 447)- Leur structure, les relations qu’ils présentent avec l’épithélium de revêtement nous ont amenés à les considérer comme formés aux dépens d’une évolution spéciale des cellules de revêtement.

A 45 ans, l’anse en forme d’U qui englobe l’urèthre, les canaux éjaculateurs et les culs-de-sac voisins, est très accusée. Nous assistons alors à l a lobulation de la glande qui va s’accuser dans les années suivantes. C’est en effet vers l’âge de 45 à 5o ans qu’apparaissent les lésions séniles de la prostate.

4° Chez le vieillard. L’aspect homogène de la glande disparaît; on' aperçoit alors sur l’une des deux parties latérales de petites masses arrondies et ovalaires qui, depuis Velpeau, avaient été considérées comme des fibromyômes. Présentant à leur périphérie un véritable anneau fibro-musculaire, ils offrent au centre des culs-de-sac glandulaires affectant une disposition arborescente. Une observation microscopique détaillée, faite avec un grossissement de 8oo diamètres, montre que les culs-de-sac apparaissent sous forme d’acini très distincts les uns des autres, séparés, par d’épaisses travées de tissu conjonctif et de fibres musculaires lisses qui n’ont pas moins de 6 à 8 n de large. Sur les saillies rentrantes est implanté l’épithélium stratifié sur deux ou trois couches. Les cellules centrales sont ici appliquées sous forme d’un carrelage régulier.

En raison même de leurs caractères histologiques nous avons proposé de les appeler adèno-fibromyômes ou encore fibromes glandulaires de la prostate, l’élément conjonctif prédominant sur l’élément musculaire lisse.

toujours la lésion s’est montrée à lui sous la forme de tumeurs et de lobes. Pour Thompson, il ne peut y avoir aucun doute sur ce fait que la prostate hypertrophiée renferme des masses lobulées. Dodeuil avait, lui aussi, décrit avec soin de petites tumeurs arrondies.

En rapprochant ces données de celles que nous avons précédemment exposées, on est frappé de la ressemblance que présentent ces tumeurs avec celles que nous avons étudiées dans la prostate sénile, non hypertrophiée, et décrites sous le nom de fibromes glandulaires. Les petites tumeurs que l’on rencontre dans la prostate des vieillards peuvent subir un accroissement dans leur nombre; ces modifications survenant, la prostate s’hypertrophie. Si nous

qu’à reprendre un à un les caractères anatomiques que nous avons exposés déjà, alors que nous faisions l’étude de la prostate des vieillards.

Nous avons montré aussi la fréquence vraiment très grande dans les acini glandulaires modifiés de concrétions (sympexions et calculs).

Polyadénôme de la prostate.

Nous avons observé, dans un cas, une dilatation énorme de tous les culs-de-sac glandulaires de la prostate. Cette lésion, bien différente de celles qui s’observent dans l’hypertrophie sénile, est tout à fait caractéristique. En nous fondant sur ses caractères histologiques, nous l’avons, à l’exemple de Virchow et de Salvioli, décrite sous le nom de polyadénôme.

Dans la plupart des examens histologiques de nos préparations portant sur l’appareil urinaire des vieillards, nous avons rencontré des altérations des artérioles (endo-périartérite). Sur plusieurs coupes, comme Duplaix, nous avons

d’origine vasculaire, dans la pathogénie des lésions de lire des vieillards.

hes cliniques nous encourageaient, d’aille part la loi générale suivante : tous les prc s athéromateux. Nous n’exposerons pai documents qui nous ont permis de form i nous contenterons de dire qu’elle a confirmée par les recherches de plusieur de l’école de Necker, en particulier

beaucoup, notre théorie pathogénique quelques auteurs et particulièremen Casper. Dans le mémoire inédit que l’Académie de Médecine (commission du ['elle a récompensé, nous avons répondi intré comment les altérations de struc e la sclérose d’orisrine vasculaire, metti

Relations des différents segments de l’appareil génital mâle

Castration et atrophie de la Prostate.

Au cours de mes recherches sur les altérations pathologiques que l’âge imprime chez l’homme aux différents segments de l’appareil urinaire et en particulier à la prostate, j’avais été tout naturellement amené à étudier cette glande dans la série animale. Mes premières observations m’avaient bientôt permis de reconnaître que, chez tous les animaux mâles privés de leurs testicules par la castration, la prostate subissait une atrophie considérable ; elle ne constituait plus qu’une petite masse fibreuse dans laquelle le microscope ne permettait de retrouver que quelques traces du parenchyme glandulaire, perdues au milieu d’un tissu conjonctif dense et serré. Me basant, d'une part, sur ces constatations anatomiques, dont la pathogénie ne m’avait tout d’abord pas préoccupé ; me basant, d’autre part, sur les faits que j’avais pu recueillir dans la littérature médicale et en particulier dans les œuvres de Godard, je n’avais pas tardé à tirer des indications thérapeutiques, et dès le mois de Mars 1884, à proposer la castration comme procédé de cure radicale de l’hypertrophie de la prostate. N’étant encouragé à publier les résultats de mes recherches, ni par mes maîtres, ni par mes collègues [auxquels je les avais communiqués, je mis de côté, non sans regret, mes docu-

Mon attention fut éveillée à nouveau sur ce sujet, en Octobre 1893, par une intéressante communication de Ramm à la Société de Médecine de Christiania (castration expérimentale chez les chiens, castration thérapeutique chez l’homme), et par un premier et important mémoire de White à l’Association américaine de Buffalo, je me remis à

physiologie comparées fourni»»< vidente que la prostate fait bie îal et qu’elle suit la même é lie que la glande génitale mâle z la taupe, la prostate est, en alors qu’au printemps, c’est-, rs, elle devient très voluminei Owen a confirmé ces constatât rir vers la fin de Mars des prc ; presque complètement la v iications analogues chez le 1 ; les organes génitaux mâles i st après l’époque du rut, remar

Je la génération.

nologie confirme

la prostate et de reconnaître qu’il s’agissait non seulement d’un défaut de développement, mais encore et surtout d’une cirrhose atrophique.

L’étroitesse des relations qui unissent les testicules et le prostate devient tout à fait évidente lorsqu’on recherche les modifications qui surviennent dans les parties génitales profondes après l’ablation des glandes testiculaires chez des sujets jeunes ou âgés. L’atrophiede la prostate a été constatée par nous maintes fois chez des animaux châtrés en leur jeune âge, que nous avons.observés à l’abattoir de la Villette. Si, au lieu de pratiquer la castration chez des animaux jeunes dont la fonction testiculaire n’est pas encore acquise, on fait la même opération chez des animaux âgés, de vieux chiens par exemple, on retrouve la même atrophie de la prostate. Elle est uni ou bilatérale selon que l’une ou les deux glandes génitales mâles ont été enlevées. Nos résultats expérimentaux ont toujours été constants et nous avons toujours observé l’atrophie de la glande deux mois après.

Godard, Gruber, Bilharz, Pélican ont de leur côté observé l’atrophie de la prostate, soit chez des hommes châtrés dans un but thérapeutique, soit chez des eunuques. Nous avons pu nous-même à Paris observer un eunuque âgé de 56 ans qui avait été privé de ses organes génitaux externes, à l’âge de onze ans, et constater, par le toucher rectal, l’atrophie complète de sa prostate.

Etant donnée l’influence qu’exerce la castration double sur la prostate normale soit chez les animaux, soit chez l’homme, quel que soit leur âge, il était tout naturel de se demander quelle pouvait être l’influence qu’exerce la même opération sur la prostate hypertrophiée des vieillards,

Les communications de Ramm et de Wliite et la publication de leurs premiers résultats nous donnèrent la solution de cet intéressant problème et démontrèrent la possibilité de l’atrophie de la prostate par voie indirecte. La castration

ne tarda pas à devenir une méthode thérapeutique dans la cure d’une des affections les plus fréquemment observées chez les vieillards. A la castration qui parut à beaucoup d’opérateurs un moyen par trop radical et qui ne fût d’ailleurs que difficilement acceptée par les malades, en France tout au moins, les chirurgiens substituèrent la résection des canaux déférents, la ligature en masse ou la résection du cordon spermatique, l’angionévrectomie du cordon.

A l’un des derniers travaux consacrés à l’étude des différents procédés employés pour obtenir indirectement l’atrophie de la prostate hypertrophiée (D' L. Flœrsheim, Étude Sur le traitement opératoire de l'hypertrophié de la prostate , etc., Thèse de Paris, i896), on nous permettra d’emprunter les lignes suivantes : « On péut dire qu’il y a entre les testicules et là prostate des rapports tels, que toute altération d’un de Ces organes retentit sur l’autre ; c’est de cette donnée empirique d’abord, plus tard expérimentale”! qu’est partie toute la chirurgie actuelle de l’hypertrophié ' prostatique, sous l’impulsion de M. Launois, qui est le véritable promoteur de la question. C’est lui, en effet, qui, dès 1884, observa que, « chez tous les animaux domestiques mâles privés de leurs tèsticüles par la castration, la prostate subissait une atrophie considérable, et ne constituait plus qu’une petite masse fibreuse dans laquelle le microscope ne permettait de retrouver que quelques traces du parenchyme glandulaire, perdues au milieu d’un tissu conjonctif dense et serré. » L’indication thérapeutique qu’il vit dans ces faits dut de n’être pas réalisée à une hésitation bien compréhensible à cette époque, de M. le professeur Guyon. Avant Launois, il est vrai, un certain nombre d’auteurs, Godard, Curling, Gosselin, etc., avaient signalé les rapports qui existent entre les testicules et la prostate. Harrison dit également qu’en ' lisant récemment un excellent traité des maladies de la prostate, publiée par Decimus Hodgson en .*856, il y voit mén-

tionné que « chez les personnes castrées, la prostate arrive à une condition rudimentaire » ; il n’en persiste pas moins qu’à Launois revient le mérite d’avoir le premier mis ces faits en lumière, de les avoir classés, coordonnés dans ses publications sur ce sujet, »

Anomalie de développement des organes génitaux chez un enfant de dix ans.

Au mois de Mai 1882, faisant l’autopsie d’un jeune garçon de dix ans, Milam Ernest, entré le 11 février 1882, salle Saint-Louis, n” 23, mort le 2 mars (péricardite chronique), mon excellent collègue Thibierge et moi avons été frappés du développement considérable que présentaient les organes génitaux externes.

Le pubis était garni de poils noirs très longs et ondulés ; la verge courte était très volumineuse ; les bourses très grosses présentaient une teinte brune, beaucoup plus foncée que celle des téguments voisins. Elles étaient séparées l’une de l’autre par un raphé médian très saillant, se prolongeant en arrière jusqu’au voisinage de l’anus. Ce raphé mesurait à sa base quatre millimètres de large.

La dissection des bourses nous montre que le tégument externe est doublé par une couche mince de tissu cellüloadipeux à lobules peu considérables. Au-dessous de cette couche; on trouve une membrane blanche, d’apparence fibreuse, probablement de nature dartoïque. Le troisième plan est formé par une nouvelle couche de tissu celluloadipeux, très vasculaire et à gros pelotons. Au milieu de ce tissu nous rencontrons une sorte de toile continue, tendue verticalement et ayant l’apparence d’une séreuse. Elle est doublée sur ses deux faces par du tissu cellulaire qui leur adhère intimement. Cette toile nous paraît constituée par

>uche de tissu conjonctif, lisse en un grand points, ayant par places l’apparence d’une s ne présentant aucune connexion avec le péri-

venant s’ouvrir dans l’urèthre par le petit orifice dont l’existence a été signalée plus haut. Un stylet introduit par cet orifice pénétrait dans le conduit et pouvait sortir par une incision que nous avions faite à sa paroi antérieure, pour en étudier la cavité. Ce conduit n’était en résumé que le vagin considérablement allongé.

ur l’anatomie et la pathologie des ligaments larges.

Sur le cadavre d’une enfant morte à l’âge de trois mois dans le ' service de notre regretté maître le professeur Damaschino, nous avons fait une étude histologique des ligaments larges. Les vaisseaux avaient été injectés avec une masse de gélatine bleue aussitôt après la mort et le sujet conservé dans un bain de liqueur de Müller. Nous avons pu retrouver sur nos coupes la disposition des lames fibreuses qui forment la trame des ligaments larges et déterminer le mode de constitution de la gaine des vaisseaux utérins.

Tumeurs malignes de l’enfance

Pendant notre internat à l’hôpital des Enfants-Malades nous avons pu observer plusieurs petits malades porteurs de tumeurs malignes de différente nature.

Aux observations cliniques que nous avons rédigées se trouvent dans trois cas annexés des examens histologiques détaillés.

La première observation comprend la description d’un

cas de sarcome embryonnaire , développé sur la peau du front chez une enfant Agée de 8 ans. Des coupes pratiquées en différents points ont permis de reconnaître que la tumeur était formée par des éléments embryonnaires pressés les uns contre les autres et ayant refoulé les éléments constitutifs du derme.

La seconde, intitulée : Tumeur maligne de la vulve et du pubis , a fait également l’objet d'une communication à la Société anatomique. Des examens histologiques pratiqués sur des fragments de la tumeur primitive et répétés à trois reprises différentes sur les tumeurs récidivantes ont permis de reconnaître qu’il s’agissait d’un sarcome embryonnaire de la variété du sarcome fasciculé.

La troisième observation relate un fait de tumeur villeuse de la vessie évoluant chez une enfant de 7 ans et demi. La vessie était aux trois quarts remplie par une masse mamelonnée, formée par une série de saillies pédiculées à extrémité libre très renflée, serrées les unes contre les autres. Ces masses présentent une coloration d’un blanc grisâtre et rappellent par leurs caractères macroscopiques la tête d’un chou-fleur.

L’étude histologique complète de la tumeur a montré qu’elle était formée par des villosités riches en vaisseaux embryonnaires recouvertes par des stratifications épithéliales et qu’elle avait, son point de départ dans le chorion lui-même de la muqueuse.

Étude sur les névromes multiples

en collaboration avec G. .Vahiot In Berne de Chirurgie, .883.

Le névrome peut, sans revêtir les caractères de malignité., se montrer sous forme de tumeurs multiples.

Sur une variété d'éléphantiasis variqueux d’origine vasculaire sanguine.

En nous basant sur des préparations microscopiques qui nous avaient été confiées par le D r Ch. Rémy, nous avons pu décrire les altérations pathologiques que présente la peau dans cette variété rare d’éléphantiasis.

Sur des coupes perpendiculaires à la surface de la peau, on constate une augmentation du volume des papilles du derme. Le corps de la papille est rempli de cellules rondes comparables à celles que l’on observe dans les inflammations du derme. Le derme est lui aussi infiltré par une quantité innombrable de cellules de nature conjonctive surchargées de pigment jaune du sang.

Les différentes portions du tégument, papilles, derme, panicule adipeux, sont parcourues par des vaisseaux capillaires extraordinairement dilatés. Sur certaines coupes, ces vaisseaux fins sont très rapprochés les uns des autres et disposés parallèlement. Ils ont un calibre dix fois plus grand que celui «es capillaires de la peau normale. Ce qui prouve bien qu’il s’agit de capillaires sanguins, c’est qu’ils sont gorgés de globules rouges tassés les uns contre les autres. Très abondants dans la couche moyenne et profonde du derme, ces vaisseaux se prolongent jusque dans les papilles. Au centre de celles-ci on trouve un véritable peloton vasculaire dilaté. En recourant à des grossissements convenables, il est aisé de reconnaître que les parois des vaisseaux sont considérablement épaissies. Sur quelques coupes minces choisies à cet effet, on constate une augmentation remarquable du volume des cellules endothéliales, un épaississement énorme de l’épaisseur de la paroi amorphe à peine visible à l’état

intiasis d origine lymphatique, commune et celles de l’éléph sanguine, variété beaucoup p ignalée par Cruveilhier dans s< que (livraison 35).

sur la troisième dentition

illaboration avec A. Branca.

matomie et de la physiologie, aimée 1886 septembre-octobre, page 544 -

echerches poursuivies à l’hos la dentition sénile, nous nous irésence d’une dent atrophique, e nférieur d’un vieillard de quatr

(Je cette région centrale. La moelle osseuse est réduite à des cellules adipeuses. Les vaisseaux et nerfs sont situés à l’union des segments supérieur et inférieur de la substance spongieuse. Le rudiment dentaire est situé sous la lèvre interne du bord alvéolaire de l’os ; l’os l’enveloppe en lui formant une véritable coque, incomplète sur quelques coupes. Le foramen est situé aü point qui sur la dent adulte eût engainé le collet.

La dent est unique, de forme conique, de volume extrêmement réduit puisque sa longueur ne dépasse pas 3 millimètres. Sa structure est rudimentaire ; il y a une réduction totale sur toutes les parties constituantes de la dent. On retrouve sur la coupe un bloc central avec lès canalicules fins, ondulés, parallèles, caractéristiques de l’ivoire et une enveloppe de cément reconnaissable à ses astéoblastes. L’émail et le pulpe semblent faire complètement défaut. Le cément forme sur la plupart des coupes une enveloppe complète; sur l’une d’entre elles il manque, probablement au niveau du point qui devrait être appelé à émerger de la

Après avoir réuni les différentes observations éparses dans la littérature médicale et rapporté deux faits nouveaux, nous avons abordé le problème, très controversé d’ailleurs, de la possibilité et de l’existence vraie d’une troisième dentition. Pour nombre d’auteurs, en particulier Magitot, dents surnuméraires et surtout dents de la troisième dentition sont des faits invraisemblables ou des faits apocryphes résultant d’interprétations erronées. Tous les auteurs ne partagent cependant pas cette opinion; pour le professeur Mathias- Duval en particulier, l’existence d’une troisième dentition parait aujourd’hui tout au moins vraisemblable. « On a constaté, dit-il dans son cours inédit de Mars i8g3, que dans les dents de lait, lorsque s’est formé le germe adamantin de la dent de remplacement, il peut exister, au milieu des végétations paradentaires, un petit cordon rudimentaire. Celui-ci

peut être l’origine d’une troisième dentition et le schéma de cette dentition anormale est en tout comparable à celui de l’évolution des grosses molaires. »

Ayant rapporté les arguments fournis par l’embryologie . et l’anatomie générale qui plaident en faveur de la possibilité d’une troisième dentition et discuté leur valeur, nous avons formulé les conclusions suivantes : les anomalies vraies par excès sont le fait ou d’une dentition surnuméraire ou d’une troisième dentition. Sans doute il est difficile, il est même parfois impossible de dire qu’une dent en excès, atrophique ou bien développée, doit être rapportée à tel ou tel de ces groupes. Mais la chose importe peu, car dent surnuméraire ou dent de troisième dentition sont tout un : les deux organes sont issus d’un processus identique, le bourgeon d’attente peut être de deuxième ou de troisième ordre, il peut être plein ou creux. Aussi, si, dans la pratique, nous sommes réduits à faire des suppositions souvent aléatoires sur la nature originelle d’une dent en excès, l’anatomie générale nous amène à réunir les deux formations dans un même groupe; elle les réduit à un bourgeon épithélial qui d’ordinaire reste cristallisé à l’état de bourgeon. De plus, si ce germe d’attente évolue, il peut orienter son évolution dans deux directions différentes et donner naissance ou à de simples anomalies ou à de véritables tumeurs dentaires, selon que la formation cellulaire revêtira le type de la eérie normale ou le type de la série pathologique.

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