‹ Concours pour l'argrégation.Chapitre 8 sur 11 · MÉTHODES COMBINÉES · texte numérisé non relu

MÉTHODES COMBINÉES

Gibson, dans le. but d'associer à la flexion une force plus active, plaçait le-membre sur un plan incliné du talon. à ’ischion ; le. pied ainsi élevé’ était .chaussé d’une bottine. fixe sur laquelle, s’exerçait l'extension. Le poids du corps..devait opérer la contre-extension. Ce moyen n’a pas eu de faveur, parce qu'on lui a reproché de causer une distension douloureuse dans les ligamens articulaires du genou. |

La méthode générale de Sauter, renouvelée par

M. Mayor (1), est une combinaison de la flexion et de l’extension, ét constitue la méthode de suspension appliquée aux fractures du col du fémur.. Je ne la déérirai point, parce qu’elle est trop connue aujourd'hui par les démonstrations qe en ont été faites dans sd hôpitaux.

Braun propose de modifier la suspension en soutenant le menibre au dessous de la planchette, dans l’intention sans doute de prévenir là compression douloureuse qu'éprouve la partie postérieure de la jambe: Car c’est là un inconvénient notable de l'appareil de M. Mayor, quoi qu’en dise cet ingénieux chirurgien:

Un autre plus grave encore dépend essentiellement de la PHSDRTEEES par le fait de la mobilité qui doit nuire à la consolidation de la fracture. dd EE

Dés combinaisons de méthodes autres que céllés dônt

(1) Déligation chirurgicale.

( 40 ) nous âvons parlé déjà, ont encore été proposées. Mursinna, par exemple, unissait les deux membres par un double bandage roulé, et les maintenait sur le plan incliné.

‘Klein fixe les deux membres à peu près comme Hagedorn, et y joint, comme Boyer, une semelle mobile attachée à deux longues attelles : l’une pour le côté-externe du membre sain , l’autre pour le même côté du membre fracturé. Sans doute, pour plus dé solidité cette méthode nous semble impliquer aussi les désavantages de l’une et l’autre imitation.

DE LA MARCHE, CONSIDÉRÉE COMME MÉTHODE DE TRAITE- MENT DES FRACTURES DU COL DU FEMUR. |

Ce n'est pas une idée ancienne que celle de laisser marcher les malades affectés de fracture du col du fémur. On l’attribue généralement à sir Astley Cooper ; elle a été professée depuis long-temps par M. Lallemand, dela Salpétrière, et par M. le professeur Ant. Dubois (1), sans citer quelques autres chirurgiens moins célébres. La | k Lx

. Certains partisans exclusifs de l’ossification du, périoste, considérant la consolidation comme impossible sans celte condition, renonçaient au traitement des fractures du col du fémur et les abandonnaient à ellesmêmes, en laissant aux malades l'usage de, leur membre. FA nes |

Les partisans des machines extensives s'accordent à dire que si la fracture est intra-capsulaire, il suffit de l’abandonner à la position et au repos pendant un cer-

(1) Lecons orales.

tain temps. La plupart des chirurgiens anglais trompés par cette idée fixe, se contentent d’un lraitement provisoire. Voici la conduite de sir Astley Cooper, dans ces cas-là : Il place horizontalement un premier oreiller sous toute la longueur du membre, et un second transversalement sous le genou, de façon que le membre soit soutenu dans un degré de légère flexion. Il permet au malade vers le 15e ou 20° jour, de s’asseoir sur une chaise élevée, et peu de jours après de commencer la marche avec des béquilles, puis avec une canne, sauf à porter définitivement un soulier dont, la semelle soit d’une épaisseur proportionnée au raccourcissement. Sir Astley Cooper affirme qu'il n’hésiterait pas à se faire traiter ainsi lui-même.

J’ai vu plusieurs fois M. Dupuytren abandonner à elle-même la fracture du col du fémur chezles vieillards tout-à-fait décrépits,, parce qu'il était convaincu que dans une pareille condition le cal ne pouvait se former.

M. le professeur Velpeau (1) a renouvelé dernièrement cette proposition de laisser marcher les malades en se fondant sur l’insuffisance ou les inconvéniens de la plupart des moyens de traitement; sur la lenteur et

l'incertitude de la consolidation chez les vieillards ; sur

l’assertion et la conduite d'A. Cooper pour les fractures intra-capsulaires; sur l'observation d’un malade fort indocile à toute espèce de traitement, et qui n'en uérit pas moins Lout seul en marchant avec des béquilles; etenfin sur plusieurs faits cliniques dependans de celui-là.

(1) Clinique, de la Charité.

Voici comment procède M. Velpeau dans l'application de ce système. Le repos absolu ne lui semble i indispensable que pendant les huit ou quinze prémiers jours ; où autant que persistent les accidens primitifs ; 3 püis, par essais graduels , le malade se soutient assis, debout, s’avance pas à pas, lentement pour commencer, plus vite après, en soutenänt avéc des béquilles le membre fracturé, qui ne doit pas Supporter le Corps avant la sixième où septième semaine.

Le poids des membres contrebalance ainsi l'action des muscles ; le malade semble éviter instinctivement les mouvemens qui lui seraient nuisibles; et pendant ce temps, la consolidation s’ CP part un mécanisme particulier.

On ne peut disconvenir que si cette méthode a pour elle l'autorité de noms reconnus, et que si elle réussit dans certaines circonstances, elle ne constitue une ressource plus incertaine éncore que tout autre et plus hasardée, à moins de choisir des conditions très admissibles ; comme, un âge fort avancé, én même temps qu’une faiblesse organique, en mêmé temps aussi qu’une fracture simple sans raccourcissément considérable. Telles sont , du resté, je crois, les conditions auxquelles M. yen a eu FEAT HETEY présent.

L'âge avancé, sans autre condition défavorable, ne doit pas être considéré comme une raison suffisante d'abandonner la fracture à élle- même; ét s'il est vrai qu'en général la consolidation soit beaucoup plus lente, beaucoup plus difficile à*obténir'dans la

vieillesse qu’à toute autre époque de la vie, il n’en est pas Moins vrai, par des faits remarquables , que cette consolidation peut se faire à l’âge le plus avancé; quelquefois même par des méthodes imparfaites : témoin cette femme de quatre-vingt-neuf ans, traitée d’après la méthode si défectueuse de Foubert, et présentée par Lesnes à l'académie de chirurgie, dans un état de guérison complète: la consolidation était trés solide quoique un peu difforme. M. le professeur Richerand cité un résultat non moins heureux chez un homme de quatre-vingt-trois ans ; et M. Larrey (1) a obtenu déja quelques succès du même genre Chez de vieux militaires invalides.

‘Hors lés conditions indiquées , la fracture, abandonnée à elle-même , expose à des conséquences plus graves; chez les personnes très âgées, la consolidation, st elle a lieu, ne s’opère qu'avec une extrême lenteur, unraccourcissement considérableet une difformité plus Ou moins prononcée. Privé plus tard de la liberté de ses mouvemens , pour en avoir usé trop tôt ; dépourvu d’une sustentation solide et régulière , le membre s’affaiblit de plus en, plus, jusqu'à ce qu'il maigrisse complétement, ets atrophie; jusqu ’a ce qu ‘il setraine enfin,avec lenteur et se soutienne péniblement. Vient ensuite quelquefois la série des complications générales, fatigue , insomnies, fièvre, trouble des fonclions, digestives À diarrhées colliquatives , épuisement général , et enfin la mor. ut

Tant de conséquences graves h puisqu elles: sont

{r) Clinique des Invalides.

(44) possibles, devaient-elles donc faire renoncer aussi souvent aux ressources de l’art, par Ja seule crainte de leur insuffisance, ou dans l'espoir que les efforts de la nature se suffiront à eux-mêmes?

Car, autrement, le moins qu'il puisse arriver, c’est que les malades soient estropiés pour le reste de leur vie. |

Nous avons été témoins, mon père et moi, : "4 ce résultat malheureux chez une femme du nom le:plus illustre : M* Lætitia Bonaparte. Elle a eu, à un âge déjà très avancé, le col du fémur fracturé; on ne lui a pas appliqué d'appareil méthodique, et la consolidation ne s’est point faite. M. Dupuytren fut consulté, lors de son passage à Rome; il conseilla une. machine pour emboiter tout le membre, mais elle ne fut pas supportable à cause de son poids et de la compression douloureuse qu’elle exerçait. La vénérable malade, soutenue par deux personnes, peut encore à, peine faire quelques pas; car ce n’est pas son grand âge qui l'empêche de marcher. ,

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