TRAITEMENT POP
À part l’application de toute espèce d’ appareil, i il est un traitement secondaire que l’on ne doit pas négliger, selon les indications : ce traitement sera local, s'il existé, par exemple, du gonflement, de la douleur dans la région trochantérienne; et il faudra combattre ces Symptômes inflammatoires par les saignées locales, les cataplasmes, les fomentations émoilientes, etc.
Cette indication vulgaire se conçoit aisément ; sl nous la rappelons ici, c'est parce qu'elle suffit en
(4975 même temps pour éclairer quelquefois le diagnostic différentiel de certaines contusions de la hanche et des fractures du col du fémur sans raccourcissement, sans difformité, sans crépitation.
Il ne répugne pas non plus d'admettre que si la fracture est compliquée de contusion violente; une forte saignée locale, en dégorgeant cette région, affaiblira la contraction musculaire et, partant, la principale cause du déplacement.
S'il y avait une plaie, comme dans un cas cité par Morgagni, elle devrait être pansée d’abord d’après les principes prescrits.
Les abcès signalés par Ludwig doivent être ouverts; et si la fracture du col est compliquée de celie du grand trochanter , si surtout cette fracture est comminutive et produite par un coup de feu, on doit agir d’après les principes rationels du traitement des plaies d'armes à feu. | |
Si la luxation de la tête du fémur compliquait la fracture du col, ce cas deviendrait fort embarrassant:; il est, par bonheur, excessivement rare.
Il y aurait, du reste, un travail à faire sur les fractures compliquées du col du fémur, et sur leur traitement; mais les faits ne sont pas encore assez nombreux pour que la chirurgie puisse poser des principes assez invariables à à cet égard.
Voici un cas entre autres : Jai vu à l’ HétéLDiei (août 1828) une femme fort âgée, qui avait reçu dans le périnée un coup de corne de bœuf. La vessie fut violémment contuse, et le rectum déchiré. Peu de temps après, cette femme, qui était presque hors de
( 46,) danger, se fractura le col du fémur, Mais M. Dupuytren renonça, à toute espèce d'appareil, parce que. la malade, gravement affectée de son premier accident, élait presque décrépite par l’âge.
Je terminerai ces considérations sur le traitement des cas compliqués, en citant le fait ie plus remarquable peut-être : LASER,
M. Gerdy a publié (1) l'observation détaillée d’une fracture du col du fémur par un coup de feu, avec lésion de l'artère crurale; la ligature du vaisseau, et l'appareil à extension continue de Boyer surmontèrent les difficultés que présentait une complication aussi fàcheuse, et la guérison fut assurée après bien du temps etbien des dangers. Le résultat définitif, à la vérité, fut la soudure de Ja cuisse à la hanche, et un raccourcissement de trois pouces à peu prés. re
Quant au traitement des complications D énÉTAIOANS je n’ai pas besoin d’ajouter qu'il doit être en rapport avec le tempérament, et avec les maladies constitutionnelles. |
Il serait même banal de le dire, si ces complications n’avaient quelquefois une influence directe sur les fractures elles-mêmes; c’est ainsi que Duyerney a Signalé un cas de fracture du col des deux fémurs, par l'effet d’une cause vénér ienne. Hé bien, un pareil cas se présenterait-il, la thérapeutique devrait porter non seulement sur la fracture, mais encore sur la complication syphilitique.
Sabatier recommandait souvent aux vieillards atteints de fracture du col du fémur, un traitement anti-
(1) Archives, novembre 1834.
(47) scorbutique, approprié à leur, constitution. Et. ainsi des autres affections générales.
Le régime alimentaire n’est pas indifférent à noter : la nourriture légère dès les premiers. jours (dans les cas simples), sera augmentée peu à peu avec ménagement; car une diète sévère est nuisible à la consolidation des fractures, et à celle du col du fémur plus qu’à lout autre.
Indépendamment de ce que nous avons dit sur le système de la marche appliquée au traitement spécial des fractures du col du fémur peut-on risquer sans crainte de faire marcher les malades avant la consolidation complète ? La plupart des chirurgiens ne le pensent pas; et au rapport de Boyer, de M. Richerand, eic., on a vu des raccourcissemens considérables du membre déterminés par son usage prématuré, quoique la consolidation eùt semblé complète ou du moins très avancée. Ce fait se conçoit du reste, si la réduction n'a pas été très exactement faite, si.le, membre a élé soumis à divers nouvemens, si les fragmens n’ont élé en rapport que par un point rétréci de leur surface, si enfin la distension du col en a été la conséquence spontanée ou provoquée. | hide
Rien n empêche, au Pa d'exercer le Monte graduellement et avec les ménagemens .que nous avons indiqués dans d’autres passages de cette thèse.
Ne peut-on pas craindre l’inflammation de l'articulation coxo- -fémorale et la suite funeste de cette in- fluence, comme Morgagnienrapporte des exemples, ou bien l'usure complète du col par les frottemens, ainsi
(48) que Ruisch, Platner, Ludwig, en citent des cas. Je ne pense pas qu'il puisse en être ainsi dans des conditions favorables. | Si malgré l'appareil , ou quelquefois à cause de l’appareil employé, la fracture ne se consolide pas, peuton chercher à obtenir cette consolidation consécutive par quelqu’une des méthodes imaginées à cet effet ? Sans doute on pourrait y avoir recours; mais ici les chances de réussite me paraissent bien douteuses, à cause de la difficulté d'agir sur des fragmens aussi profondément situés que ceux du col du fémur. | Ce serait du reste une question à discuter, mais je la crois en dehors de mon sujet.