‹ Concours pour l'épuration ou la stérilisation des eaux de rivière destinées à la boissonChapitre 10 sur 13 · PAU LITRE ÉQUIVALENTS · texte numérisé non relu

PAU LITRE ÉQUIVALENTS

Acides

Bases

Acide carbonique total.

mg:

Matière organique, en oxygène.

Carbonates alcalino-terreux (en acide carbonique).

Degré liydrolimétrique total.

— après ébullition.

Acide carbonique demi-combiné.

mg

mg

Acide sulfurique.

Acide azotique.;.

Chlore.

Silice.

Chaux.

Magnésie.

Fer et alumine.

Potassium.

Sodium.

Totaux.

Résidu sec à 180“.

Matière volatile.

M. Albert-Lévy, dans ses essais pour le concours, s’est borné à examiner Teau filtrée au point de vue des sels minéraux, de la matière organique et de l’oxygène dissous.

Les sels minéraux ont été examinés par cinq opérations : degré hydrotimétrique total et après ébullition ; dosage de la chaux et des carbonates alcalino-terreux ; pesée du résidu sec à la température de 180». La détermination des degrés hydrotimétriques a été faite avec toutes les précautions indiquées dans Y Annuaire de V Observatoire de Montsouris. Les dosages de la chaux, de l’ensemble des carbonates de chaux et de magnésie, du résidu sec, ont été faits avec le plus grand soin; quelques échantillons ont été soumis à une double analyse dont les résultats ont été absolument concordants.

Le dosage de la matière organique a été fait d’après la méthode que M. Albert-Lévy a publiée dans VAnnuaire de VObservatoire de Montsouris et qui a été approuvée par le Comité consultatif d’hygiène publique ûe France. Elle s’appuie sur l’oxydation de la matière organique par le permanganate de

potasse alcalin et bouillant pendant un temps rigoureusement le même pour tous les échantillons, dix minutes. Les résultats expriment en milligrammes le poids d’oxygène emprunté au permanganate.

L’évaluation de l’oxygène dissous a été faite d’après la méthode publiée par M. Albert-Lévy dans le même Receuil et adoptée depuis par un grand nombre d’analystes. La proportion d’oxygène eontenu dans une eau est modifiée dans des circonstanees très diverses, et une môme eau, sous des iniluences multiples : pression barométrique, température, éclaireissement du ciel, etc., peut fournir des résultats très variables. Abandonnée à elle-même, à la lumière, une eau peut gagner ou perdre de l’oxygène suivant qu’elle contient des algues vertes ou des matières organisées vivantes ; sous l’iritluenee simultanée de ees deux causes, une même eau peut gagner ou perdre de l’oxygène. M. Albert-Lévy a eu l’idée de placer toutes les eaux à l’abri de l’air, à l'abri de la lumière, et dans un milieu à température constante. Dans ces conditions, les algues chromogènes ne peuvent fournir de l’oxygène à l’eau, et il se manifeste toujours une perte d’oxygène provenant de l’action des bactéries, d’une part, et, d’antre part, de la combustion de la matière organique. Cette perte d’oxygène, comparée au poids initial de ce gaz, fournit ce que M. Albert-Lévy a appelé le coeflicient d’altérabilité ; il faut nécessairement penser qu’une eau est d’autant plus pure que son coefficient d’altérabilité est plus faible.

Telles sont les considérations qui ont guidé M. Albert-Lévy dans l’analyse des eaux épurées par les différents appareils présentés au concours. Il va sans dire qu’au moment même où il faisait un prélèvement d’eau épurée, il faisait un second prélèvement d’eau naturelle, et que ces deux échantillons étaient simultanément soumis à la même analyse. Dans chacune des eaux neuf éléments ont été déterminés, soit dix-huit analyses pour chaque eau, sauf dans le cas où plusieurs eaux étaient prélevées le même jour.

1“ Comme il fallait s’y attendre, les différents appareils de stérilisation par la vapeur ont présenté, au point de vue chimique, deux caractères communs : i" Diminution du poids des sels minéraux (précipitation du carbonate de chaux) ; a° Perte d’oxygène dissous.

La diminution du poids du carbonate de chaux ne peut être considérée comme un résultat désirable ; ce sel est utile à l’organisme, et il ne saurait être funeste qu’en notable proportion, ce qui n’est pas le cas pour les eaux de Seine, car nous en absorbons des quantités bien autrement fortes en ingérant les divers aliments. D’un autre côté, la précipitation des sels calcaires encrasse les chaudières et oblige à des nettoyages fréquents. On doit donc considérer comme

inutile la précipitation du carbonate de chaux, précipitation qui a varié, dans les appareils expérimentés, de 24 à 67 0/0.

La perte d’oxygène est fâcheuse, une eau étant généralement considérée comme d’autant plus digestive qu’elle contient une plus grande quantité de gaz dissous. Sous ce rapport, les différents appareils ont donné de M à 80 0/0 de perte d’oxygène.

Le coefficient d’altérabilité est réduit de 15 à 45 0/0 dans deux appareils ; il n’est pas modifié dans le troisième ; il a augmenté dans deux autres.

L’action sur la matière organique est également variable : aucun des appareils n’est comparable, sous ce rapport, à certains procédés d’épuration par les moyens chimiques ; cependant on a observé une diminution de matière organique variant de 3 à 22 0/0 pour quelques appareils, tandis que d’autres accusaient une augmentation.

2" Le caractère commun des procédés mécaniques étudiés est de ne toucher en rien aux sels minéraux. Au sortir de ces appareils, l’eau a môme degré liydrotimétrique, même poids de chaux totale, même résidu sec à 180®.

Par contre, les uns ne diminuent que de 8, 11, 18 0/0 la matière organique, et augmentent légèrement ou diminuent faiblement le coefficient d’altérabilité; d’autres font perdre jusqu’à 23 0/0 du poids d’oxygène dissous. Un seul réduit la matière organique dans la proportion de 34 0/0, avec une perte nulle d’oxygène dissous et une réduction de 26 0/0 du coefficient d’altérabilité.

3® L’étude des procédés chimiques, et la même restriction doit être faite pour les procédés mixtes, est assez délicate, car l’on peut toujours craindre que la substance employée ne passe en partie avec l’eau et n’introduise dans le liquide des composés chimiques dont la présence est fâcheuse.

Les cinq procédés de cette catégorie ont donné les résultats ci-après :

Perte de sels minéraux. Gain tl 0/0

Perte de chaux. Gain 30 0/0

Perte de matière organique. 47 0/0

Perte d’oxygène. Gain 14 0/0

Diminution du coefficient, 100® Légère aug.

9 0/0 Nulle 17 0/0 37 0/0

Nulle Nulle 63 0/0 61 0/0

21 0/0 Gain 46 0/0 20 0/0 Presque nulle.

76 0/0 Nulle Augment. Légère dimin.

C’est assurément le procédé portant, dans ce tableau, le n° 2, qui donne les résultats les plus satisfaisants. Toutefois, une réduction de 33 0/0 de la matière organique est assurément faible.

4° Les dix systèmes analysés dans la catégorie des procédés mixtes ont donné des résultats très variables, qui feraient préférer tel appareil ou tel autre suivant qu’on considère faction sur tel ou tel des éléments chimiques. Ainsi, l’un

d’eux, qui donne la plus faible perte d’oxygène, soit 7 0/0, fournit une perte de chaux de 22 0/0, une perte de sels minéraux de 11 0/0. Toutefois, pour cinq d’entre ces appareils, il y a lieu de reconnaitre que les résultats de l’analyse chimique méritent, en somme, une sérieuse attention. Il en est, en effet, qui ont permis de réduire la matière organique dans la proportion de 66, 67, 69 et même 78 0/0, tout en n’ayant qu’une perte d’oxygène relativement faible.

Analyse micrographique

M. le docteur Miquel a employé, pour analyser micrographiquement les eaux traitées et non traitées durant le concours, un procédé toujours identiquement le même, de façon que les résultats fussent absolument comparables. (]e procédé, qu’il a rendu classique, consiste à incorijorer à de la gélatine nutritive, fondue à basse température, un volume connu d’eau plus ou moins diluée dans de l’eau stérile suivant son plus ou moins grand degré d’impureté. Pour beaucoup d’appareils admis au concours, ces dilutions ont dù être très variées, de façon à pouvoir obtenir à chaque expérience un résultat certain. Les plaques de gélatine ainsi fabriquées, tant avec les eaux de la Seine qu’avec les les eaux traitées, ont été tenues en observation pendant quinze jours, laps de temps à l’issue duquel l’expérience a pris fin, après une lecture définitive du nombre de colonies écloses sur le substratum nutritif.

1® Comme il était aisé de s’en rendre compte, les procédés de stérilisation par la chaleur donnent tous de bons résultats au point de vue micrographique. Il en est dans lesquels la stérilisation a toujours été absolue, les bactéries y ayant été détruites sans retour. Même dans ceux qui ont donné de moins bons résultats, il suffirait d’élever la température de l’eau qui les traverse ou de prolonger, sans changer la température, la durée de son action ; il est indispensable, d’autre part, de ne pas manquer de stériliser préalablement le fütre terminal.

2° Les filtres mécaniques peuvent être rangés en deux classes au point de vue micrographique, suivant qu’ils sont constitués par une paroi filtrante très fine et homogène comme la porcelaine, la terre d’infusoires, la pâte de cellulose, le charbon aggloméré, etc..., ou par des substances poreuses plus grossières, sable, amiante, etc.

Parmi ces filtres, les uns, qui utilisent la porosité de la porcelaine, ont pu donner de l’eau absolument stérile dès le début ; mais ils n’ont pas tardé à s’infecter, même en usant de procédés de nettoyage perfectionnés ou en multipliant les nettoyages plus simplement pratiqués.

Les autres, et ce sont les plus nombreux, qui veulent mettre à profit la poro-

site de diverses substances naturelles ou artiticielles, ou bien soit en même temps, soit séparément, faire usage de matières pulvérulentes, ont donné des résultats soit insuffisants, soit franchement mauvais dès le début, et qui sont généralement restés tels pendant toute la durée des essais.

3° Quant aux procédés chimiques expérimentés, M. le docteur Miquel a dû reconnaître que deux d’entre eux enriehissaient les eaux de la Seine en bactéries au lieu de les purifier, qu’un autre en modifiait très peu la composition microbienne ; un quatrième, plus efficace au début, présenta une augmentation de bactéries au fur et à mesure de son fonctionnement. Le seul qui ait donné des résultats dignes d’attirer l’attention constituait plutôt un appareil de laboratoire.

4° Des résultats analogues ont été constatés pour quelques-uns des procédés mixtes. Toutefois, pour plusieurs d’entre eux, la réduction du nombre des bactéries s’est maintenue à un taux élevé, jusqu’à atteindre et même dépasser 99 % pendant un temps très prolongé.

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