PROCÉDÉS
Physiques
Mécaniques
Chimiques
Mixtes
Totaux
|cr groupe.
Ensemble..
Après avoir pris connaissance des développements plus ou moins étendus, suivant les groupes, donnés par la Sous-Commission à l’étude de chacun des projets, la Commission décida :
1 ° D’éliminer du concours 106 dossiers, constituant les premier et deuxième groupes précédemment définis;
2 “ De retenir 42 procédés devant être soumis à un nouvel examen approfondi ;
3^ De procéder à cet examen direct, en invitant chaque concurrent en particulier, selon la nature de sa proposition : ou à préciser la façon dont il entend réaliser ses vues, ou à justifier des résultats annoncés, ou à mettre la Commission en mesure de vérifier le fonctionnement des appareils existants.
Ces 42 procédés se répartissent de la manière suivante :
catégorie.— Procédés physiques : Chaleur. 8
I Sable. 1 j
i Charbon. 1
1 Cellulose. il
2<= catégorie.— Procédés mécaniques | ... 5 \ 18
1 Pâtes céramiques et por- [
/ celaine. 71
Force centrifuge. 2 |
\ Divers. 1 j
I Chaux. 3 1
Chaux et manganèse.. . 1 J
Baryte et fer. l(
Chaux, soude et fer (per- ] chlorure). 1 /
' Oxydations par l’air et
I le sahle. 1
1 Produits alcalins et char- \ bon.
4« eatégorie. - Procédés mixtes.. . d’alumine et sa- ^ ( g
I Fer et sable. 31
I Oxyde de fer et sable.. 1 ]
I Oxyde de fer, sable et i 1 charbon. 1 /
Total. 42
Quatre séances furent ensuite occupées à l’audition des auteurs de ces propositions. Ceux-ci furent notamment invités à faire connaître les caractères <Iistinctifs des procédés ou appareils, les applications déjà faites, le rendement à l’heure, les résultats déjà constatés et l’indication détaillée des appareils présentés, ainsi que tous autres renseignements qu’ils eroyaient devoir être utile de donner à la Commission.
De nouvelles propositions purent alors être faites, divisant ces 42 projets en einq sous-groupes :
Le premier, comprenant les propositions qui ne pouvaient comporter d’essais pratiques et devaient être par suite éliminées, soit 3 procédés par la chaleur, 3 mécaniques, 1 chimique, au total 7 ;
Le second, réunissant les propositions ajournées sans date vu le défaut de renseignements, soit 2 mécaniques et 1 mixte, au total 3 ;
Le troisième, comprenant les propositions ne comportant pas d’essais en leur état actuel, à savoir : 1 par la chaleur, 1 mécanique et 1 mixte, au total 3 ;
Le quatrième, groupant les appareils d’application limitée et pouvant être soumis à des essais sur la demande des intéressés, soit 8 mécaniques, 2 chimiques, au total 10;
Le cinquième, réunissant les appareils ou procédés d’application plus étendue, méritant de donner lieu à des expériences plus complètes après installation vérifiée par leurs auteurs, soit 4 mécaniques, 4 par la chaleur, 4 chimiques et 7 mixtes, au total 19.
Essais
Finalement, la Commission décida de faire procéder à des essais pratiques sur les 29 appareils ou procédés formant ces quatrième et cinquième sousgroupes.
Ces essais, prolongés pendant plusieurs mois, ont été poursuivis à l’Usine municipale des Eaux du quai d’Austerlitz.
Les concurrents ont été uniformément invités à monter leurs appareils avec telles dispositions qu’ils Jugeraient le plus convenables et à faire connaître le moment où ils estimeraient que ces appareils étaient mis en parfait état de fonctionnement.
La même eau était donnée à tous, eau de Seine prélevée sur la conduite de refoulement de l’Usine d’Austerlitz.
En raison des sujétions de marche, les appareils de stérilisation par la chaleur n’ont fonctionné que par intervalles. Pour les autres, au contraire, le fonctionnement a été, autant que possible, continu, du jour où l’auteur s’est déclaré prêt jusqu’à celui où la Sous-Commission a jugé l’expérience suffisamment prolongée. Dans tous les cas, l’auteur conservait l’entière responsabilité de son appareil ou de ses expériences et l’entière faculté de se placer dans les conditions les plus favorables au résultat ; il pouvait, en particulier, effectuer comme il l’entendait et aussi souvent qu’il le voulait les opérations de nettoyage, stérilisation, régénération, à charge seulement de ne rien faire qui ne fût connu et noté par le préposé de la Commission. Aussi, les résultats constatés peuventils être à bon droit considérés comme exprimant ce que peuvent donner de mieux, dans leur état actuel, les appareils ou procédés soumis aux essais du quai d’Austerlitz.
s inspirant des découvertes les plus récentes de la science, la Commission a tenu à procéder à une triple expertise pour chacun d’eux. Il est en effet nécessaire d’adapter à l’organisme humain les propriétés physiques, chimiques ou biologiques de l’eau potable, aussi bien que de rechercher les conditions pratiques de fonctionnement des appareils de filtration. Le choix de l’eau de boisson repose à la fois sur les résultats de ces divers examens ; l’appréciation des qualités organoleptiques, l’analyse cbimique et l’étude microbique sont à la fois nécessaires; si l’une de ces recherches restait isolée, elle ne serait plus, suivant le mot de Duclaux, qu’une « fantasmagorie » conduisant à une conclusion incomplète et par suite erronée (i).
L’étude des appareils et procédés a été plus particulièrement faite par M. l’ingénieur en chef Bienvenüe; l’analyse cbimique était confiée à M. Albert- Lévy et l’analyse micrographique à M. le D' Miquel.
La Commission a pris connaissance des procès-verbaux des essais et analyses, ainsi que des observations présentées sur chacun des procédés ou appareils.
Examen technique
Pour ce qui concerne les résultats ayant trait directement à la mise en oeuvre technique, M. Bienvenüe s’exprime ainsi qu’il suit :
1“ Un trait commun à tous les procédés fondés sur l’emploi de la chaleur, c’est l’élévation du prix de revient. Il faut observer, cependant, qu'à ce point de vue les expériences fractionnées, telles que celles du quai d’Austerlitz, offrent des conditions plus défavorables que le fonctionnement en grand; aussi, pour tenir compte de cette circonstance, au moins dans une certaine mesure, s’est-on borné à calculer la valeur du combustible pour un mètre cube d’eau stérilisée, en laissant de côté les dépenses accessoires.
On peut dire, en résumé, que ces appareils, même les plus grands, ne peuvent fournir qu’une quantité d’eau relativement faible et qu’ils la fournissent
(i) « L’étude des microbes a complètement transformé l’idée que l’on se faisait autrefois de la filtration. On ne demandait, jusqu’à ces dernières années, à un filtre que de débarrasser l’eau de ses matières en suspension, de la rendre claire lorsqu’elle était trouble ou même seulement loucbe, et tout filtre qui lui rendait ce service était par là même déclaré bon. On a voulu ensuite que la filtration dépouillât, en outre, l’eau de quelques-uns de ses éléments en solution, par exemple des matières organiques qui lui donnent une saveur et peuvent la rendre impotable. Tous les filtres ne produisent pas ce résultat. Les filtres à charbon y sont plus aptes que les autres, et ils ont eu leur moment de vogue. Maintenant, ce qu’on redoute le plus dans l’eau, ce sont les germes de maladie qu’elle peut contenir, germes tellement ténus qu’ils passent au travers de tous les filtres usuels. Du coup, tous ces filtres ont été déconsidérés, et il a fallu trouver de nouveaux types atteignant le but visé. » (Duclaux. — Le filtrage des eaux. — In Annales de l’Institut Pasteur tome IV).
à un prix élevé. Quels que puissent être leurs mérites respectifs au point de vue de la stérilisation, ils ne sont pas en état de faire face aux besoins normaux d’une alimentation publique importante, et leur rôle semble, en tout état de cause, devoir être restreint à des applications locales.
Le débit par heure a varié, dans les appareils présentés, de 60 litres à 2 mètres cubes, suivant la dimension, et le prix de revient par mètre cube s’est élevé de 0 fr. 20 à 1 fr. 15.
2° Dans la catégorie des procédés mécaniques, se rangent un certain nombre d’appareils très inégaux en puissance, où l’eau est mise en présence de diverses matières inertes : sable, charbons, amiante, cellulose, terres poreuses de nature variée. Dans la plupart d’entre eux, leurs auteurs ont usé de la pression totale que fournissait la conduite de la Ville, soit environ 55 mètres.
On ne trouve, dans aucun des appareils de cette catégorie, la puissance de production ni la simplicité d’entretien et de fonctionnement qui sont les conditions fondamentales de tout système affecté à une alimentation publique.
En effet, si pour quelques-uns le débit était insignifiant, dans les plus grands appareils il a varié de douze litres à deux cents litres par heure et par mètre carré, pour s’élever, dans certains d’entre eux, jusqu’à deux et même dix mètres cubes. Par contre, tous doivent être soumis à des nettoyages fréquents, quelquefois même quotidiens. La plupart d’entre eux ne sont d’ailleurs que le produit d’études insuffisantes, et l’on ne peut, à im point de vue plus restreint, mentionner sérieusement que les bougies en porcelaine. Parmi les moyens purement mécaniques, le filtrage au sable est le seul auquel on puisse songer pour l’alimentation d’une ville.
3® Les procédés chimiques présentés, à l’exception d’un seul, ne paraissent pas avoir encore été l’objet d’applications pratiques ; les essais faits au quai d’Austerlitz permettent de penser qu’ils ne peuvent donner lieu à aucune application présente pour l’alimentation publique. Il y a même lieu de douter que l’emploi exclusif des procédés dont il s’agit puisse jamais produire à cet égard des résultats suffisamment certains. Leur débit est en général faible, et, si l’on veut qu’ils répondent au but déclaré, leur nettoyage doit être assez fréquent et la composition chimique surveillée avec la plus grande attention.
4° Sous le nom de procédés mixtes se groupent quelques procédés où le filtrage par substances inertes est combiné avec l’emploi préalable d’une réaction chimique. Certains d’entre eux semblent susceptibles de donner des résultats satisfaisants, si leur fonctionnement est bien dirigé ; ils peuvent d’ailleurs assurer le filtrage de quantités relativement considérables et, par conséquent, trouver, au besoin, leur application dans une alimentation publique. Il faut remarquer.
il est vrai, que le nettoyage de ces appareils a été pratiqué très fréquemment au quai d’Austerlitz, tous les mois pour Tun d’eux, tous les huit jours et tous les trois à quatre jours ou même tous les jours pour d’autres ; pour une alimentation publique importante, cette condition de succès serait plus difficilement obtenue.
Voici en quels termes iNI. Bienveniie formule sa conclusion :
« Abstraction faite des indications fournies par l’analyse chimique et les « recherches bactériologiques, il ne faut rechercher ni dans les procédés de « stérilisation par la chaleur, ni dans les traitements purement chimiques, « le moyen de rendre potables les eaux destinées à l’alimentation publique : « les uns ont contre eux leur prix élevé de revient et leur rendement trop faible, « les autres l’incerlitude de leurs résultats.
« De nombreux procédés de tiltration mécanique ont été imaginés; mais « aucun ne semble devoir pratiquement s’adapter à une exploitation en « grand.
« Le filtrage mécani({ue par le sable ou l’amiante, combiné au besoin avec un « traitement chimique préalable très simple, parait encore être le seul procédé « qui réponde convenablement aux exigences du problème. On peut imaginer « dans cet ordre d’idées plus d’un système, et une préférence absolue ne (( s’impose pas à priori; cette préférence ne saurait être légitimement fondée « que sur les résultats fournis par des applications suffisamment vastes et « prolongées. »
Analyses chimiques
Au point de vue de l’épuration chimique, M. Albert-Lévy fait observer que l’eau de Seine soumise à faction des différents appareils d’épuration et qui était prise à l’Usine d’Austerlitz, quelque indiqué qu’en lut le choix comme terme de comparaison, présentait cependant un inconvénient réel : « L’eau de Seine,
« en effet, dit-il, est au point de vue chimique une eau toujours potable, d’un « goût généralement agréable, suffisamment aérée en amont de Paris, et ne « contenant pas de matière organique en quantité exagérée, sinon acciden- « tellement. Les résultats de l’épuration ne pouvaient donc être aussi frappants « qu’ils l’eussent été si feau à traiter avait été particulièrement impure. »
La Seine, en amont de Paris, présente la composition suivante, déduite par M. Albert-Lévy de quatre années d’analyses dont fexactitude est prouvée par les sommes, presque identiques, des équivalents acides et basiques :
SEINE EN AMONT DE PARIS (Ivry).