‹ Concours pour l'épuration ou la stérilisation des eaux de rivière destinées à la boissonChapitre 11 sur 13 · RÉSULTATS DU CONCOURS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS DU CONCOURS

Les expertises qui viennent d’être résumées avaient pour but de rechercher si les procédés présentés au concours répondaient aux conditions prescrites par l’article 5 du programme, que nous croyons devoir rappeler ici :

« L’épuration sera considérée comme parfaite si l’eau qui y a été soumise » est limpide, incolore, si elle n’a aucun goût désagréable, si elle est sufti- » samment aérée, si elle ne contient aucun microbe pathogène et, en tout cas, » qu’un très petit nombre de microbes indifférents; enfin, s’il n’y reste pas de » matière organique en quantité exagérée et aucune substance nuisible. »

La Commission ne se dissimule pas que l’examen auquel elle a dû se livrer n’a pas été assez prolongé pour pouvoir accorder une approbation définitive à aucun des appareils en présence. Les résultats obtenus autorisent beaucoup plus aisément un avis négatif qu’une déclaration positive et ferme à l’égard même de ceux qui semblent mériter une étude approfondie, étude qui exige assurément plusieurs années, un contrôle comparatif et des épreuves plus multipliées.

Quoi qu’il en soit, la Commission estime qu’elle a fait tout son possible pour rechercher, aux termes de l’article 3 du programme, parmi les procédés

proposés, ceux pouvant être appliqués « sans exagération de dépense, à l’épuration d’un volume d’eau assez grand pour alimenter une ville ou encore dés établissements populeux, eomme les maisons d'école, lycées, casernes, etc. »

Les résultats résumés dans l’exposé qui précède des études techniques, chimiques et micrographiques de la Commission, montrent que les procédés mixtes sont seuls applicables à la filtration de l’eau d’alimentation de la ville de Paris, tandis que pour l’épuration de l’eau dans un logement collectif ou pour l’usage domestique, dans une habitation privée, on ne pourrait être tenté d’utiliser que des procédés mécaniques ou chimiques, ou la stérilisation par la chaleur.

Parmi les procédés mixtes, un seul se rapprocherait assez des conditions du programme pour que son application puisse être étudiée, au point de vue pratique et dans les conditions prévues, pour la filtration des quantités considérables d’eaux de rivières qu’il est nécessaire de prévoir pour Paris, à savoir 100,000 mètres cubes par jour. C’est celui qui, sous une pression de 1 mètre, avec un débit de 4 mètres cubes par heure et par mètre carré, a réduit en moyenne les bactéries de 98.77 0/0, déterminé une faible perte d’oxygène, réduit de 30 0/0 la matière organique, et qui ne semble pas jusqu’ici devoir obliger à un nettoyage aussi fréquent que tous les autres procédés. Mais des irrégularités trop grandes ont été jusqu’ici constatées dans son fonctionnement, et la mise en service de ses derniers perfectionnements est trop récente pour qu’on puisse émettre un avis définitif.

Constitue-t-il une amélioration sur les procédés employés jusqu’ici pour filtrer l’eau en grand et qui comprennent les filtres à sable usités dans un grand nombre de villes, telles que Londres dès 1839, Berlin, Varsovie, Hanovre, Altona, Zurich, Kœnigsberg, Hambourg, etc...; les galeries filtrantes ou galeries captantes de Toulouse, Lyon, Angers, Nancy, etc., et les filtres en pierre artificielle essayés à Worms? Une expérience prolongée permettra seule de se prononcer à cet égard (1).

(i) En France, sur 9b villes qui épurent leurs eaux d’alimentation, les procédés mi usage en i892 se décomposaient comme suit :

18 villes avec 58i.2Sl habitants emploient la décantation.

20 941.713 — les galeries filtrantes.

2 45.900 — les puits filtrants.

8 — 102.714 — les filtres à sable et gravier.

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